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niigf ({ui t'ût mtii vl au fnit nui » ..ntiil.u.i .. im iiti 1.» Kraiici* à feu vt à muik |M)ur «ai vrni' ' ' - '
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il n«> se coiitiidérait i un vieillard, et il
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Frniul»' éUiiciit V' •*
«ju'il a trat'éiii* liu-imim* i II 1(».»1«m t
|)aj$ i*m-un' lit* inanii're continu»'. Il . 10
bons pr^rptes main il ne consentait pas encore à ne plus donner de niauvai!> «xeruplo».
Je nie sers dit nuit iiiniie ({u'il a choisi pour sa inaxiiii*', mais, en roeeiirrciiie. cr n'est |)as celui (pti coiiviriu. I,a Kochefoucauld consent bien à u ne |)lus faire du mal . pour un certjiin nombre de raisons (pii n'ont rien de particulièrement nobh' : dans la fameuse lettre adresstV à I^*net en 1»>.')2. il manifestait rintention d'en user ain>i : « Je vous avoue, écrivait-il, que je me trouve bien embarrassé, car je vous iissure que je ne saurai plus que faire (jiiand i'- n»ferai plus de mal. w Mais s'il avait cherché à tuer le * <\ ** époque, soisnant jus(pren 1659 sa terni. i<-
'• à la |>Mrt»' Saint-Antoine, et eompo'Jant «;«'S M> I .1 avait i' ^
et L.. . ...— :.ienant qu , . 1»
faire?... A défaut du « mal » ou de ces dérivatifs, il bâillait sa vie.
On comprend que, dans ces conditions, il ait cherché à se divertir tjrâce à cet amour qui - lui. N'avait-il
pas écrit lui-même : » 11 ne peut y a\ . . . ^ie dans l'esprit ni dans le cœur des femmes, si le tem|)érament n'en est d'accord - ? Pendant quelque temp- a ^ ' ' * ' i*
vraisemblablement aimé de Mim- d» 1., ^
s'il t,'oûta les bienfaits et les eiianiir> amoureuse, il se la^su une fois eucon-, » i : pjujsion sensuelle ; et seule l'anue survtVut à Tau Ainsi s'expliquerait qu'en l(i(»0, alors qu'il est qur-vK-n
ili LA KOCIIICFOUCAULI). — Cil A P. VI
de nommer un gouverneur au dauphin, il se soit mis silr les rangs, vainement d'ailleurs ; ainsi aussi pourrait-on interpréter cette i'ugue à l'armée qu'il fit en 1667, sous Lille, au titre de volontaire. Racontant en effet cette équipée à Gontaut, dans une lettre, il lui apprenait qu'on l'avait « assez bien » traité ; et, comme il s'excusait du reproche de négligence que lui avait sans doute adressé cet ami, il ajoutait : « Ne croyez pas que je vous oublie jamais. Ce n'est pas pour être meilleur que les autres que je vous dis cela, mais parce que je ne serai jamais assez heureux pour que la tête me tourne (1). »
C'est bien cela, « il ne sera jamais assez heureux ». Rien ne saurait le contenter. L'amour et l'ambition sont les uniques soucis de son égoïsme, la source oii il revient sans cesse se désaltérer, mais jamais sa soif n'est é,tanchée. Il a beau être aùné de la plus exquise des femmes, la plus dévouée : il a toujours froid au cœur, et aucune adoration ne peut le réchauffer. Il a pu conquérh* la gloke avec les Maximes, devenir l'un des princes de la société; sa vie sans aventure lui pèse. Sa clairvoyance l'empêche de goûter les petites joies nouvelles qui comblent les existences communes. Il a envie de tout et tout le déçoit. Il méprise la cour, le monde et il y passe sa vie. De Chambord, où il a suivi le roi, il écrit à une vieille amie cette lettre si curieuse, que l'on n'a pour ainsi dire jamais citée :
A la comtessç de Clermont.
A Chambord, ce 24 de septemlre 1669.
Forcez un peu votre paresse, madame la comtesse, je vous supplie, et donnez-moi de vos nouvelles ; j'ai fort envie d'en savoir; je vous en demande de tout mon cœur, et si vous êtes sourds rochers, vous serez dans votre tort. Pour peu que vous soyez curieuse de ce qui se passe ici, je vous l'aurai bientôt
(1) Correspondance, 1. XCIV, p. 194, 195.
i.i: \ ii:ii. iiMMMi:
■t l'on «'y <*T' tnuu.sin. '
(pif in nii|turto, et à \< Adieu, je ^im votre ' il»' M. «l.- Huf-
fara dinut-il mieux?
^^Curnspuiuiaiux, 1. XCV, p. l'J» ^J^. i
NVst-co point là le ton des grands désabusés, ironiques et aniors? Malgré le danj;er des rapprochements, je ne peux éloigner, une fois encore, la pensée de Chateaubriand. L'enfance pjissée dans la solitude de Verteuil me faisait soniîer à Combourt;. et voici qu'au soir de ' e
tourmentée, la même comparaison se reji: >n.
esprit. Ces deux hommes ont eu le même goût de cendre dans la bouche, un même dédain profond, un même orgueil inciipable de ployer. Kcoutez la résonance de ces syllabes : « Moi, indigne, pauv' iiomme limousin, u Écoutez
le bruit lointain et li' iié de ces mots : « Mais que
m'importe, et à vous aussi? » Hruit d'une pierre qui roule, de rocher en rocher, dans un abîme sans fond...
On peut ainsi se rendre compte (jue ce n'est que très lentement que La Rochefoucauld i rési-
gnation. L'écrivain a précédé dan> ne lui-
même. 11 a jusqu'aux environs de 1072 de brusques revenez-
y, des crises de passé, si l'on peut dire. U se cal ■ to
à contempler sa vie (pii a déçu tous ses rêves. S" qui sera une manière d'impénitence finale, ne \ rendre. Tour à tour il s*e.\;ispère ou il irm i
l'humeur. 11 es( souvent amer, mais Tironie. I le
font di'S progrès. Vers ce temj)s il écrit à Cîuit^iui ■ . it s'étourdir soi-même si on peut, et se distraire de Tap; k tion des affaires fâcheuses et d«* celles de la maladie, el
-276 LA lU^Clli: FOrCAllJ) — CIIAIV VI
s'occuper s'il est possible de ce qui divertit le plus (1), » Cette fois, il semble bien que le vieil homme se meurt. Désormais, La Rochefoucauld va s'accorder avec tous les gi'ands jouisseurs vieillissants : sa sagesse sera celle de l'Ecclésiaste.
On a souvent parlé de l'influence qu'aurait exercée Mme de La Fayette sur ces dernières années de La Rochefoucauld. Tout bien considéré, je ne crois pas qu'elle ait été très forte. Dans le commerce du monde, même dans l'intimité, le duc s'abandonnait peu et se confiait rarement : « Je suis fort resserré avec ceux que je ne connais pas, avouait-il, et je ne suis pas même extrêmement ouvert avec la plupart de ceux que je connais. » Le désenchanté était trop honnête homme pom* gému" en public : « J'ai une civilité fort exacte parmi les femmes, et je ne crois pas avoh- jamais rien dit devant elles qui leur ait pu faire de la peine. » Alceste cédait la place à Philinte, dès que La Rochefoucauld entrait en conversation.
Mais s'il tenait son rôle avec infiniment d'agrément, il le déposait sans retard, dès la porte du salon franchie. On peut s'en rendre compte,- à lire les éditions successives des Maximes qui parurent de 1665 à 1680. Les concessions qui auraient été faites à l'indulgence de Mme de La Fayette sont faibles. D'une édition à l'autre, les changements sont peu considérables. D'ailleurs, sait-on bien exactement qu'elle était la pensée de l'auteur de Zayde? Sur la foi du Segraisiau'i, on s'en va imprimant la fameuse phrase : « M. de La Rochefoucauld m'a donné de l'esprit, mais j'ai réformé son cœur. » Cette heureuse formule, comme toutes les formules heureuses, ne veut pas dire grand'chose, même
(1) Correspondance, 1. XOII, p. 191.