LE GROS RELOGE, XV* SIÈCLE
le • l'époque romaine restaurées sous
Charlemagne. Il n'apparaît pas qu'on en ait construit autour de la ville, sinon aux environs immédiats des fortifications et principalement, sur le territoire du grand fief d'Aunis relevant immédiatement du château de la Rochelle. Et encore n'y en avait-il pas dans certaines directions. Ainsi la haronnie de Chàtelaillon venant jusqu'à la porte Saint-Nicolas , les chemins de toute celte région ne pouvaient être faits et entretenus que par les seigneurs de celle terre. La conséquence de ce triste état de viabilité était que les vins de cette région n'arrivaient plus à la Rochelle. Les producteurs en souffraient, en ce sens, que la demande étant plus considérable à la Rochelle que dans les ports trop minuscules de la baronnie
M La ROCHELLE ET SES PORTS
de Chàtelaillon , la vente se faisait , dans ces derniers , à des prix trop inférieurs.
On trouva un remède <i celte situation en mettant en état de navigabilité le chenal de la Moulinette. Ce chenal porte aujourd'hui lo nom de chenal de Périgny ; il prenait en eflet sa source à Périgny et coulait à travers les marais salants de Tasdon.Le chenal était bifurqué en arrivant à la Rochelle qu'il entourait d'une étendue considérable de marécages , sur lesquels se sont élevés depuis la partie Est du faubourg Saint-Nicolas , et le quartier qui, au xvi*^ siècle, a pris le nom delà Ville-Neuve. Dans ces parages , il recevait le cours d'eau qui descendait, par Rompsay , du lieu nommé Maubec situé prés de Chagnolet.
En cet état , un bras venait passer au pont Maubec et au pont Saint-Sauveur pour se jeter dans le havre ; un autre entourait lo faubourg Saint-Nicolas et venait rejoindre la porte ou herse Saint- Nicolas où existaient, dès le temps d'Alfonse de Poitiers, des mouhns qui ont donné leur nom au chenaL Une turbine conservée au Musée de la Ville , provient de fouilles faites en cet endroit.
L'échcvinage de la Rochelle prit Tinitiaiive de la canalisation. Des lettres de Charles IV le Bel, de 1325, contraignirent les habitants du plat pays, comme on appelait alors les gens habitant hors des villes ou des châteaux , et les personnes qui avaient des borderies et des vignes dans la principauté de Chàtelaillon, à contribuer au paiement de la dépense. La fabrique de la paroisse Saint-Sauveur donna cent livres à la Ville , en récompense des avantages que le chenal devait apporter aux moulins du pont Moucher, et pour faire faire des portes aux arches afin que les moulins eussent plus d*eau.
Tout ce travail fut achevé en l'année 1325. Ce fut une grande amélioration. 11 se créa de nombreux points d'embarquement et notamment le port de la Mouhnette , les ports des Vaches, de Saint-Louis, de Périgny, etc. Le chenal eut un succès rapide et durable. On en trouve des preuves nombreuses; en voici deux: la vogue du chenal fut assez grande pour que dorénavant on ne désignât
LA MOULINETTE 51
plus à La Rochelle les gabares plaies que par le nom de Moulinetles ou de gabares de Moulinelte ; à la herse de Saint-Nicolas , le seigneur de Chàtelaillon percevait un droit de G deniers par tonneau de vin. En 1470 et 4492 , ce droit était alTermé de 60 à 01 livres; ce qui donne un minimum de transport de 2240 tonn-eaux ou de 8960 barriques. Malheureusement il en fut de ce chenal comme du port, on le laissa s'envaser, et au xvhf siècle, ni le seigneur de Chàtelaillon ni le commerce n'en liraient plus aucun profit.