PROJET D UTILISER LE CANAL MAUBEC COMME BASSIN DE CARÉNAGE
Au milieu des incertitudes d'un début, la Chambre de commerce sentait déjà qu'aspirer dès l'abord à la création d'un bassin à flot, dépassait peut-être les bornes du possible, par la difficulté qu'il y aurait de trouver les fondi* nécessaires à son établissement.
Le plus urgent, selon cette compagnie, c'était un bassin où l'on pût caréner à flot, de dimensions moindres par conséquent qu'un bassin à flot ouvert à un grand nombre de navires. Aussi rejetant l'idée de clore son havre et d'en fermer les portes à la navigation continue, en retint-elle seulement une partie. Il lui sembla que le meilleur moyen de réaliser son projet, fut de mettre les portes de flot non à l'entrée du havre, mais à l'ouverture du canal Maubec. De cette façon, tous les intérêts étaient ménagés, et le commerce pouvait caréner à flot sans être obUgé d'envoyer ses navires en Charente. Concurremment, on demandait le jcurage du havre.
Ces deux projets se maintinrent^ensemble jusqu'en 1728. Il yen eut môme un troisième mis en avant par M. deVilenne, ingénieur des lortifications, mais dont nous ignorons la substance. La question d'argent fut vraisemblablement l'obstacle , et fit écarter ce projet comme trop important. En 1727, il est en efi'et uniquement question de la fermeture de l'étier de la petite rive ; c'est le maximum demandé par h Chambre. Nous verrons que les ingénieurs surent si bien faire gonfler les devis, qu'en désespoir d'obtenir quelque chose de réalisable, le commerce revint en 1743 à sa vieille idée de 1722, la fermeture du canal Maubec.
Cette demande fut-elle même étudiée ? Nous ne savons. Elle est
LE PORT AU XVlIIû SIÊCLF; 61
reprise en novembre 1748 par la Chambre de commerce qui la met en première ligne de trois projets comprenant en outre de celui-ci, la transformation de Tétier , puis un port en dehors de la ville.
La clôture du canal Maubec fut encore écartée par la raison qu'on voulait maintenir le canal libre pour recevoir la Sèvre et Tuliliser comme chasse.