‹ La Rochelle et ses portsChapitre 18 sur 32 · CHANTIER DE CONSTRUCTION · texte numérisé non relu

CHANTIER DE CONSTRUCTION

Nous savons que depuis de longues années déjà un atterrissement s'était formé derrière les tours de la Chaîne, et qu'on avait cherché à arrêter ce cordon littoral au moyen d'un éperon qui dégageait le chenal du côté du nord-ouest. Mais cette espèce d'atterrissement qui était surtout sensible entre la porte des Dames et la tour de la Lanterne était inquiétant. On chercha non seulement à l'arrêter au moyen de l'éperon de la porte des Dames, mais aussi à le renfermer. Il s'agissait simplement de rejoindre les deux épei^ons l'un à l'autre ; remède illusoire sans doute, car le cordon littoral pouvait reprendre sa marche sur le front même de ces éperons.

Cette idée fut acceptée par les ingénieurs en 1727, et en 1732, les travaux étaient commencés, sur l'initiative d'un sieur Labbé, négociant à La Rochelle. Il est vrai de dire que ce commerçant avait rêvé autre chose que d'arrêter seulement le cordon littoral. Il pensait qu'en endiguant cet espace de terrain , puis en remplissant l'intervalle au moyen des galets , des vases et des terres provenant de curages du havre, du chenal, et des déblais du bassin à flot projeté, on créerait un espace considérable de quais, analogues à ceux des Ghartrons de Bordeaux.

Cette idée fut reprise, quelques trente années plus tard, par M. Hue, qui entendait utiliser les débris provenant du chenal pour rétablissement, dans l'espace compris entre la tour de la Chaîne et la porte des Dames, de cales et d'un chantier de construction. L'adjudication en fut donnée le 22 août 17G9. En 1775, Chalmandrier nous les représente en cours de construction, et dès le 16 juin 1778, la Chambre de commerce se félicite d'en avoir déjà joui.

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