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FASCÎNAGE DU CHENAL. — CONSTRUCTION DE LA DIGUE SUD

Ces deux opérations se lient. Dès 1720 on avait songé à Famélioration du chenal depuis le havre jusqu'à la digue de Richelieu. Faire un canal avait été le premier projet, et c'est sans doute l'indication de ce nouveau canal qui se trouve sur le plan reproduij par M. Garnaud, dans son étude sur le port, et contenant le projet correspondant aux mémoires du commerce en 1720 et 4727.

En cette dernière année, le commerce ne croit pas encore à la nécessité de modifier considérablement l'état de choses. Il ne songe pas que ramener le chenal à la ligne droite, ce serait donner à la mer, au flux et au reflux, la plus grande somme de forces pour le dégagement des vases de ce chenal ; pour le cas aussi où on uliliserait Maubec comme chasse.

C'est l'opinion qui est exprimée dans le mémoire de 4727. « Plutôt que de songer à faire un canal qui prenne de l'éperon en ligne droite à la digue, il est bien plus convenable de se servir de celui que le courant y entretient, la pente y est, le niveau trouvé , et bien meilleur qu'un nouveau. » On demande simplement de le creuser sur quelques mètres, au delà, si l'on veut, de la patache qui est ancrée à mi-chemin de l'extrémité du chantier de construction, et de le porter à 40 toises de largeur, en en fixant les rives au moyen de fascinages.

Ce projet fut adopté. Mais c'est M. de Lamolhe-Thibergeau qui en 4734, lui donna un corps, et fit procéder à son adjudication le 17 juillet 4734.

L'entrepreneur devait enlever les vases d'un chenal à former, — c'était, comme on le voit, le contraire de ce qu'avait indiqué la Chambre , — depuis la tour de la Chaîne jusqu'à la digue ; ce chenal devait avoir au moins 30 toises (60 mètres) de large dans le fond, sans comprendre les talus des bords qui devaient être de 4 à 5 fois leur hauteur. Il devait être creusé de manière à avoir 45

pieds d'eau dans le passage entre la tour de la Chaîne et celle de Saint-Nicolas, et aller en pente jusqu'à la digue.

Ces travaux ne furent pas exécutés de suite, mais ils le furent néanmoins. Achevés le 14 décembre 1733, ils présentaient déjà quelques inconvénients. Le fascinage fait pour le redressement du chenal, constituait un écueil pour la navigation. On avait obtenu do M. de La Molhe-Thibergeau qu'il l'indiquerait par des balises. Entre temps, ces fascines élevées seulement d'une toise et couvertes par toutes les marées, constituaient des écueils qui avaient déjà causé des sinistres, effrayaient les assureurs et contribuaient à la ruine du port.

Tout ceci ne parut pas suffisant à M. Hue qui songea à garantir le port contre les apports des vases par la construction d'une jetée prenant naissance à la tour Saint-Nicolas, en se dirigeant vers la mer. En outre des avantages considérables que devait présenter cette construction au point de vue de Tentretien du port, les négociants y trouvaient un autre avantage celui d'avoir un abri pour les navires et un point d'amarrage. Dans sa délibération du 24 août 1767, la Chambre de commerce accueillit donc favorablement cette combinaison.

Les travaux furent sans doute commencés, puisque le plan de Chalmandrier (1775) nous les représente comme étant en cours d'exécution. Cependant en présence de la nécessité de plus en plus grande d'avoir un bassin à flot, le commerce résolut de demander au Secrétaire d'Etat, en 1775-1776, de surseoir pour quelques années aux travaux de la jetée sud-est. Il disait d'ailleurs que sans être fort avancée, celte jetée rendait déjà des services. Composée comme elle l'était , d'un grand nombre de pieux battus et d'un volume considérable de pierres, elle formait un massif assez fort pour avoir résisté depuis plusieurs années sans aucun dérangement aux efforts de la mer. On supposait qu'elle pourrait ainsi demeurer quelque temps encore.

Tel ne fut pas l'avis du Conseil général des ponts et chaussées

qui, dans sa délibération du J8 juillet 4778, décida qu'il y avait nécessité d'achever les travaux extérieurs au port avant d'entreprendre la construction du bassin à flot.

La jetée sud-est fut donc achevée dans les conditions où nous la voyons encore figurer soit sur les plans de Sanier de 1819-1820, soit sur la gravure de Garneray.

DÉGAGEMENT DE l'eNTHÉE DU HAVRE ENTRE LES TOURS.

C'était là un des desiderata de la Chambre de commerce en 1727. L'ingénieur, M. de Tigné , le comprit également dans le mémoire qu'il présenta le 8 décembre de la même année ; il compléta même le projet en prévoyant l'enlèvement des vases le long des murs de la ville ; nous savons en elîet qu'à cette époque , la mer venait encore battre les murailles de la ville , de la tour de la Lanterne au fort Saint-Nicolas.

Le travail pressait ; la navigation devenait tous les jours pUis difficile. Il y avait surtout une pointe de vase qui avançait sur le chenal nord-oueàt et qui nécessitait un .enlèvement immédiat. Divers systèmes surgissaient pour le lieu du dépôt des vases ; les uns indiquaient l'anse de Tasdon derrière ce banc de gravier qu'on appelait les Grenoues; d'autres, comme le négociant Labbé, l'angle formé par les murailles entre la tour de la Chaîne et la porte des Deux-MouHns. Au commencement du mois de mai 1782, les travaux furent commencés. Les boues et les déblais se portaient en gabares à la côte, près de la digue, et pour que la mer ne les ramenât pas à nouveau, on avait fait un pont pour les brouetter au-delà du chemin de la digue.

On essayait, à ce moment là, une barque à clapet ; des défauts s'y étaient rencontrés, mais comme on devait en faire trois autres, on songeait à remédier à ces défauts. Ces barques devaient coûter 20.000 fr. , et elles étaient destinées à transporter la vase près de

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Touverlure du pertuis d'Antioche, où élail la plus grande force des courants.

Au mois d'août 1732, on travaillait, à force, à enlever la pointe de boue qui était à l'entrée du havre ; et un état des ouvrages faits, à la date de 1738, apprend que tous les ans on s'est appliqué au nettoiement et à Tapprofondissement du port et du nouveau chenal.

DÉVASEMENT DU PORT.

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