‹ La romance de l'hommeChapitre 15 sur 51 · SOIR · texte numérisé non relu

SOIR

A A. de Rosa.

Gestes las de reimiii dormant dans les rideaux...

— Fatigues et rancœurs I — lourds passages d'autos Qui font dans le cristal embrumé des boutiques Voyager en chantant leurs flammes élastiques,

— Voix qui tombent, voix (ju'on étouffe sur le pas Des portes, voix de gens que l'on n'aperçoit pas!... Odeurs des trains, gras courants d'huiles des fritures El léthargique paix des rouges devantures!...

C'est le soir, — le soir trouble et triste qui revient,

Le soir de fièvre plein de cris musiciens,

Le soir qui fait vibrer les salles de bastringue

Et qui, sous son drapeau dastres dont les plis fringuent,

Promène en languissant, par les mornes trottoirs.

Son troupeau rose el blanc de femmes, — dans du noir!

C'est le soir — le vieux soir malade qui s'évoque...

nfi L A R 0 M A N C E D E L H O 31 M E .

De derrière les murs d'une gare, de rauques Soupirs vous font penser à des retours de trains... Quelque chose d'humain dans le vent vous élreintl... Des conciles de chats pleurent dans des ardoises, Le long des magasins des misères se croisent, Les étages ont allumé tous leurs carreaux. On voit des oiseaux d'or filer vers des chàleaux... D'insidieux appels partent du fond des chambres... Sous les bleus becs de gaz, des attentes se cambrent.

C'est le soir — ah! le soir lugubre! C'est le soir Qui fait sortir avec leurs fards et leurs miroirs Les petites catins misérables des bouges, Des bouges à l'affût sous les lanternes rouges...

I^AV>ACiKS Kl INTÉRIEURS. 97

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