‹ La romance de l'hommeChapitre 34 sur 51 · BATEAUX · texte numérisé non relu

BATEAUX

A Louis Dumoulin.

Blocs des berges, roseaux et les ponts de couleur. Maisons humbles mirant leurs tuiles qui rutilent.. Chalands ventrus que tire un robuste haleur...

Un moulin frappe l'air d'une aile couleur d'huile.. Et, dominant des prés où dorment des troupeaux Au loin, sur un coteau bleuâtre, c'est la ville...

Cependant, vers l'écluse arrive avec ses pots Peints en rouge, son ancre énorme et ses cordage; Une péniche obèse éprise de repos...

Et tandis que, lassé de son trop long voyage, Le hâleur lâche un peu la corde, on voit crever L'ombre ventripotente éparse en des sillages...

Et l'on dirait que le bateau chargé, gavé De ballots et de gens, somnole en ce refuge Taciturne, où les mâts ne veulent que rêver...

Il fait un temps de calme, ennemi du grabuge... Rien ne va plus, le corbeau plane sur le champ... Et seule à l'horizon, la force centrifuge

Du soleil qui proclame en l'azur, par des chants De cor rouge, son rude appel autoritaire, Dans un ultime éclat de poarpre se couchant...

Et fatigué d'aller et d'errer par la terre.

Le chaland^ cependant, sent passer dans ce chant

Toute l'ivresse des départs vers des mystères...

146 LA ROMANCE DE l'hO.MME.

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