L'HOMME QUI MARCHE
Dans le lointain, — du fond rose et vert de l'automne, Voici l'homme I — J'entends son pas de fer qui sonne 11 vient, cet homme gourd et lourd ! Il est celui Qu'un dieu désigne pour ouvrir de nouveaux puits.. Là-haut, sur la colline en pierre sèche et bleue, Sa silhouette rampe avec le poids des lieues... Son gros soulier traînant s'englue à des limons Rouges, — là-bas un coq nous crache ses poumons Dans Taurore, un coq morne étrangement nous troue De son cri comme d'un grand glaive, hors des boues ! — Et l'homme va. Son pas le mène vers des fins Qu'on ignore, des fins de misère sans fini... Et cet homme qui marche avec d'humbles sourires A l'air de voir s'ouvrir devant lui des empires... Et cet homme que nul accueil en des maisons Paisibles n'a jamais garé des horizons v,j