TRISTESSE DES AMANTS
Souvenirs qui rôdez autour du solitaire, N'allez- vous pas lâcher vos funéraires draps? Vous reverrai-je enfin, figures de mystère!... [ 0 voix que jamais plus mon àme n'entendra 1...
C'était voici des ansl — Ah! vie étrange et brrvo:,.. Un tzigane en chantant touche son violon, Un son rau<iue s'envole et passe comme un r'jve... Et puis c'est le silence, en un désert sans n«tm...
Voici des ans déjà que, par la fantaisie Ironique d'un dieu plein de pièges moqueurs. Je vous ai vue. Enfant aux traits de poésie... Et tout cela n'est plus qti'un souffle sur mon cœurî
C'était en un pays de cendre et de basalte, ... Les laves d'un volcan recouvraient le terrain... Ah! misérable amour, comme tu nous exaltes Et comme, cependant, tes mirages sont vains I...
Il faisait un jour gris et, par-dessus les roches, Roulaient languissamment des nuages poudreux... Le vent pâle crevait dans des échos de cloches... Quel néant que le monde et comme tout est creux!
Avez-vous quelquefois vu jaillir ces fusées Élastiques dont l'ombre avale les feux d'or ! Elles n'ont lui si haut que pour tomber, brisées. L'instant de leur éclat est celui de leur mort...
C'est ainsi qu'ici-bas, créations d'une heure, Fantômes fugitifs, nous cherchons à briller... Un mobile jet d'eau qui dans l'espace pleure A moins d'inconsistance et de fragilité î...
Jours enfuis ! Je voudrais vous tirer des ténèbres. Mais vous vous enfoncez dans un lâche brouillard. Comme rongé des vers, le vieux Passé funèbre N'est qu'un pauvre oublié qu'emporte un corbillard,
PARMI LES JOURS PASSÉS
Ou'est-ce que vos serments de tendresse éternelle, Tristes amanls perdus, mystérieux humains! Vous errez au hasard, épaves solennelles, Ignorant le destin que vous suivrez demain!...
Je l'appelais dans lomhre et la nommais : mon âme !... Des mots plus grands que nous nous échappaient du cœur. Mais lorsque l'infini nous couche dans sa lame Toute énergie expire aux coups de ce vainqueur!...
Comme nous nous aimions quand, le long des terrasses, Sous la pluie et le vent, nous allions tous les deux! Mais ses yeux de douceur et sa face de grâce, A peine seulement si je me souviens d'eux!
Ah! malheureux amanls qui, lorsque la folie
Nous prend, jurons d'aimer sans réserve et sans fin,
Nous devrions penser à la mélancolie
De ce monde où tout change, ou rien n'est qu'incertain!
Car tandis que, les doigts aux doigts de nos maîtresses, Nous nous grisions chacun de notre éternité, La mort déjà, la mort aux ohscures caresses Travaille, comme un rat morne, à nous dévaster !...
Et c'est l'horreur, liélas 1 dont ce monde halète, Seigneur, que lorsqu'ils croient s'unir dans un baiser^ Les macabres amants qui heurtent leurs squelettes f Sentent soudain leur corps et leur cœur se briser...
P A U -M l L [•: S J 0 L' H s PASSES,