L'ÊTRE COMPLÉMENTAIRE
L'idée d.i couple est une forme de la perfection.
Pendant que Torigny discutait avec ses amis, un jeune homme, arrivé le matin à Lannion, descendait de la voiture du courrier, laissait son bagage sur place et demandait le chemin pour aller à la villa de la Mouette.
C'était un très beau garçon, à la taille élancée et souple, au visage doux et un peu fier, d'allure distinguée. Sa mise tenait le milieu entre celle de l'homme du monde et de l'étudiant soigné : pour des gens du peuple, il avait l'air d'un marquis, et, pour les autres, il devait paraître intelligent.
Quand il parvint à la porte du cottage, Marguerite achevait de peigner ses longs cheveux. Elle attribua le coup de sonnette à un four-
27o LA RONDACHE
nisseur. Son peigne d'écaillé tomba de sa main et sa cassa net quand la Bretonne lui tendit un carton où elle lut :