‹ La rose blancheChapitre 10 sur 40 · I I.I.W. III · texte numérisé non relu

I I.I.W. III

digne de moi. Si Ton se

scrupule ! J'ai remarqi

cour, des crochets de fer et un ;

valets vigoureux el un écuyer habitué

aux expéditions promptes. Il fil cinq minutes, me noyer ou m mais ne perdons pas notre tem]

Catherine frissonna en voyant, d'un < la provoquante audace nouvelle espèce, de l'autre, la froid sombre attitude de l'altière soui

— Il s'est vu des gens aussi hardia data la fraude, répondit-elle; leurs embûi n'en ont été que plus dangereux

— Sans doute, répliqua Fryon , i.

avons eu Zopyre, l'ami de Dariu>, qui avait fait le sacrifice de son nez et de oreilles; mais il voulait trop pr«

prie Votre Altesse de ne me pas confondre avec ce niais, qui, d'ailleurs, a parfaitement réussi. C'était un '•, ce

Zopyre ; moi , j'agis uniquement pour Fryon. Rien ne répond de la fidélité d'un homme comme son intérêt. Pouvez-vous, voulez-vous récompenser mes services ?

Soyez tranquille, ils ne vous manqueront point. Ne le voulez-vous pas? Un peu de franchise et je disparais. Mais, madame, vous le dissimuleriez en vain, vous avez besoin de moi. Je le sens, votre défiance est aux abois. Vous vous demandez en ce moment quel bénéfice Henri VII aurait a m'entretenir près de vous. Vous cherchez à lui faire tort, il le sait; je ne le lui apprendrais pas. Vos démarches, il les fera épier avec bien plus de fruit par un inconnu que par moi, dont vous soupçonnez jusqu'au sourire. Tenez , madame la duchesse, vous vous dites en ce moment même que mon rapport est sincère, bien qu'extravagant. Vous ne comprenez pas ce qui se passe à Londres, mais vous sentez

qu'il s'y passe quelque ch< I ab-

surde que Brakenbury ail reine. Cependant le fait est i

tenced'un des deux tils do

est imposible; toutefois, vous

mandez pourquoi la m

caresse l'illusion, pourquoi le roi tremble

à cette idée. Or, tout cela vient à von

moi; je ne l'ai pas inventé, je le

je le prouve. Décidément, madame, main

ouverte et confiance à ce fou, dont on

peut tirer quelque chose. Sino

ou corde à ce traître, qui n'est absolument

bon à rien.

Marguerite fixait un œil ; ar le

yisage calme et presque enjoué du s.

taire. Tout à coup, elle lui lendit la main.

— Ne vous éloignez plus de moi, ditvous faites partie de ma maison.

Fryon, sans montrer plus de joie qu'il n'avait manifesté de crainte, salua pi

dément la princesse et Catherine ; il traversa la chambre et sortit par la porte qui donnait sur le perron.

Cette manœuvre, si intelligente, poussa l'admiration de Marguerite jusqu'à une sorte d'enthousiasme.

— Il faut l'avouer, Catherine, dit-elle en continuant de regarder après qu'il fut parti, tu nous amènes là un homme sans pareil. Ce n'est pas une intelligence , c'est un devin; il lit dans les cœurs. Je l'attendais à sa sortie. Tout autre, congédié par moi, fût rentré dans l'endroit d'où il est venu dans cette chambre ; lui me montre qu'il n'a plus besoin de nous entendre, puisqu'il est mon serviteur et qu'il a reçu ma parole. 11 prend rang tout de suite. C'est d'un esprit auquel les Flamands ne m'ont pas accoutumée. Tijbns , je le saurais perfide comme Judas, que je n'oserais plus me dérider à 1p faire pendre. J'aurais trop

peur de détruire un chef-d'oe

nr. Qn n'en perron, n'est-ce pas? ajouta-!

se croirait tout permis.

— Non, madame, dit Catherin pendant tout votr< j'admirais comment les se trompent par trop de préi vous obstiniez à refouler en cet bon les admirables qualité son esprit de calcul, et qui percent pai cette couche déglace, comme i Heurs des eaux que j'ai vu< les neiges de nos montagn» bon,

cet homme si égoïs

renard. En lui montrant toute retendue de votre puissance visuelle, vous sembliez provoquer son amour-propi per ; moi, toute franche et sans d< ne me tromperait pas. Il n'est sorte d< pects et de délicates attentions qu'il n'ait

eues pour moi depuis le port jusqu'ici ; et déjà je le voyais, eu imagination, occupant un poste éminent à votre cour, et mettant au service de votre cause, la fécondité de ses expédients.

— Cette fécondité, ma Catherine, ne ressuscitera pas ceux que la race d'York a perdus.

— Elle pourra nous aider à les venger.

— Soit!... mais la vengeance, enfant, n'est pas un fruit qu'on sache apprécier à ton âge. Ce qu'il te faut, à toi, c'est du bonheur , de la gloire , des splendeurs dignes de ta beauté. Ce qu'il te fallait, c'était une couronne comme celle qu'on te destina au berceau.

Catherine se leva comme inspirée par le souffle de la poésie et de l'amour.

— Eh bien, dit-elle, chère marraine, le croirez-vous? pendant toute ma traversée, ces rêves ne m'ont pas quittée. Ils flot-

\>t III.

taient dans le brouillard, à Ira agrès, sur la cime des Ûots, - flo-

cons d'écume. Ce bruit chimérique du salut d'un des fils d'Edouard m tée, transportée; je m «une

une âme libérée du corps , au-di souvenirs de mon enfance.

» Vous le savez, celte enfance heun s'est écoult'f près de m L'un ,

Edouard, déjà grand quand je 1 peine, je le vois encore, triste et audans son pourpoint de velours 1 sur lequel tranchaient ses bi rem

noirs. L'autre, mon compagnon, mon • Richard, avec sa robe de soi.- verte aux étoiles d'argent, avec ses cheveux blonds, ses yeux bleus; Richard qu'on appelait mon mari et qui m'appelait milady; Richard d'York, toujours riant, toujours bruyant, toujours baisant son frère aîné à la joue pour lui demander pardon de

quelque irrespectueuse folie. Oh! s'écria Catherine, éclatant soudain en soupirs et fondant en larmes, ne me dites pas qu'ils sont morts : lui, le roi, douce majesté pareille à celle d'un archange; l'autre, mon tendre ami, chérubin rayonnant de vie et de gaieté. Jamais je ne m'accoutumerai, marraine, à l'idée de ne les plus revoir ; jamais on ne me persuadera que, Richard et moi, nous ne nous rencontrerons plus en ce monde. On ne parle aujourd'hui que de la résurrection d'un seul; eh ]}ien , moi, je crois qu'ils vivent tous deux. Leur mort serait un crime si épouvantable, que Dieu ne peut l'avoir permis. D'ailleurs, fussent-ils morts, est-ce qu'il ne ressuscite pas ceux qu'il veut, ce Dieu de clémence et de miséricorde? Tous les jours, je l'en prie, et l'Angleterre l'en supplie à genoux.

Marguerite saisit Catherine dans ses

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