LÀ ROSK BU M III
dit, des triomphes : partout les popula-
et de n.' se courbaient devant le nom adoi il t';in;iti>;iit DOU-seolemeDl 1»' peuple, mais
railleurs, quant tent le plus déter-
minait h sympathie
pour Richard, c'était la haine et la crainte qu'ils avaient pour Henri vu et
son avarice.
èndre on Bis vrai ou feux de la maison d'York, n'était-ce pas humilier ei affaiblir l'usurpateur L I En peu
de mois, l'armée du prétendant se grossit avec sa cour. Et, comme les libéralité Marguerite lui permettaient de ne rien demander à ses nouveaux sujets que leurs bras et leur amour, tandis qu'Henri Vil était plus positif dans ses i », la
rumeur publique, avant-coureur de la popularité, donna toutes les vertus, et,
LA ROSE BLANCHE Si
par conséquent, tous les droits au jeune prince qui venait solliciter l'appui de l'Irlande et de l'Ecosse.
Jacques IV avait obtenu le premier la révélation de ce grand secret. Le plan gigantesque, mûri dans le cerveau de Marguerite, lui fut apporté par des ambassadeurs. Déjà Catherine Gordon, revenant de France, où nous l'avons vue avec la duchesse de Bourgogne, avait pu l'instruire des agitations et des espérances de cette princesse. 11 est vrai que Jacques les avait un moment répudiées lorsqu'il lui écrivait qu'Henri VU était l'inventeur de ce bruit d'une résurrection d'un fils d'Edouard; il est vrai que le retour de Catherine Gordon, témoin du désespoir de Marguerite, avait achevé de renverser les projets du roi d'Ecosse; mais, depuis, tout cet échafaudage s'était reconstruit. Marguerite avait publié si haut sa décou-
i, !;i Frai Charles vin, avait rail H Riclurd on m brillant accueil, le*
tout du i>! lé m haut
l*enthousiasm< -mm
ardlV, qi comme tout le momie, i ;m retour d'un ?rai tils dTork <it l'atten-
cour, el lui préparait ni tion splendide et amicale, une alliant frère à frère, de roi à roi.
Quant à Catherine, depuis son en France, elle avait c< quelle impression triste et douce qui avait mûri subitement son i d'enfant,
et don né uté riante une soi :
solennité qui lui conciliait autan!
pect que d'amour.
C'est que la duchesse lui avait appris, peu de mois après leur séparation, que ce Richard d'York, miraculeusement con-
serve, était le môme fantôme entrevu, pâle et résigné, dans la maison de dame Warbeck, à Tournai. Et tout l'intérêt né du malheur qui menaçait ce pauvre jeune homme , intérêt si vague et si étrangement puissant dont Catherine alors s'était étonnée elle-même, cet intérêt, disonsnous, la jeune fille se l'expliquait par un pressentiment , par une commotion sympathique du sang fraternel. Richard, son petit ami et compagnon d'enfance, son petit mari qu'elle avait tant pleuré, elle seule l'avait deviné tout de suite rien qu'en l'apercevant. Elle seule avait senti battre son cœur au récit des souffrances de cet étranger, de ce vagabond repoussé par tous, menacé par tous, voué à une mort ignominieuse par la duchesse, par sa tante; et Catherine frémissait en se rappelant la pâleur de celui qu'on nommait Perkin, l'heure fixée pour le sup-
I v ROSI l:l \>< lli:
plice, »'t la tcrriM tive que, dans
rguerite offrait m dernier rejeton de la branche d'York!
Elle se rappelait au urfbia elle
évoquait avec ivresse Kona oea souvenirs, en parcourant soil lires,
soit les lu s an pencbanl des col-
lines. Elle se rappelait [Inflexible jeune homme qui avait préféré mourir quand on lui demandait (I icon-
tait une à une les paroles qu'il avait prononcées, sa joie aux premiers mots an articulés par elle, son sourire enivré quand il l'avait aperçue, sa docilité presque tendre quand elle lui avait commandé de parler.
C'est à moi seule qu'il a parlé, se disait Catherine, à moi seule qu'il a cédé. 11 m'avait donc aussi pressentie, reconnue par le cœur; il subissait donc comme moi-même cette influence de nos premières amitiés, de notre alliance en-
fantine ; Richard se révélait donc aussi à sa Catherine bien-aimée?
Et le cœur de la jeune comtesse palpitait d'une joie céleste, volupté sans égale des innocentes amours.
A partir de ce moment , elle aussi avait son secret, secret si sublime, si puissant, qu'il dominait tous les autres. Qu'importait la vaste machination politique de Marguerite, de Jacques IV, du roi de France et de l'empereur? a quoi bon tant d'armées mises en marche pour soutenir les droits de Richard, tant de science diplomatique dépensée dans les conseils de quatre grandes nations? Catherine se sentait assez de force pour faire couronner Richard à elle seule, elle ferait rayonner autour d'elle la persuasion; son amour et sa foi embraseraient l'Ecosse, l'Irlande, tout le monde; elle apporterait au jeune prince tant de dévouement, qu'elle changerait
86 LA ROSE Kl. IX III
en soldat jusqu'au i
et de ses montagnard! ; elle lui donnerait son sang pour que nul ne fût en dro lui refuser Ba quand elle aurait
Inspiré, préparé, forcé la victoire, quand Richard serait rentré i V
s'il l'oubliait, s'il i it pus lu:
riant dans L'ombre, >'i! ne l'aimait pas, elle qui l'adorait , f.aii. lit la
force d'être encore assez heureuse, puisque Richard serait vainqueur, tout-puissant et heureux.
C'est dans de telles disposition* que la cour d'Ecosse attendait le neveta de II duchesse de Bourgogne. Jacques «t Richard étaient à peu près du même âge; cette entrevue devait être une fête.
Quant au jeune prince, objet de tant d'espérances, il n'arrivait pas avec moins d'ardeur. Pendant les moments trop courts de l'apparition de Catherine b
Tournai, il s'était senti pour la première fois de sa vie entraîné vers une créature humaine par un autre sentiment que la curiosité ; cette beauté l'avait séduit, cette bonté l'avait enchaîné : jamais, avant cette minute décisive, son âme, étouffée depuis tant d'années, n'avait réussi à reprendre l'essor; le seul aspect de Catherine, le seul mouvement de ses lèvres, un seul éclair de ses yeux avait régénéré cette âme tout entière. De là une seconde vie avait commencé pour lui. Sa mémoire était ressuscitée au choc de la première question. Une flamme divine avait embrasé son sang. En présence de Catherine, l'inconnu honteux, avili, avait cessé d'exister : un autre jeune homme, beau, brillant, courageux, venait de jaillir de la sordide enveloppe qu'on nommait Perkin, et, si, dans tout l'éclat de la reconnaissance solennelle faite par la duchesse,
quelque i leilli l'aventu-
rier, c'était K*idée qu'il n'était plus inférieur) Gathei il la certitude qu'il
pouvait la revoir et la regarder
c'était bien plu son cœur
i brûlait du désir de payer une dette itérée, (•'•'•tait v< la j- une comtesse • pieds
la couronne qu'il : a la pointe de
l'ép
L'amour et la i aune
toutes Les hautes vertus «lu cœur, enfantent les prodiges et o manquait à l'I. •« hanl l'atome
d'inquiétude qui décuple les efforts d'un homme lorsqu'il .s'agit de la réalisation de ses plus doux rêves. L'inquiétudi sujet de Catherine, ne tarda pas à germer dans son cœur.
Souvent, dans les fêtes que la duchesse avait célébrées en Flandre pour faire voir
LA ROSE BLATVCOE M
Richard à toute sa noblesse et le populariser dans ses armées, le jeune prince avait trouvé l'occasion de parler de Catherine avec des seigneurs anglais ou écossais qui la citaient comme une des princesses les plus riches, les plus belles et les plus accomplies de la chrétienté. Il savait qu'elle était alliée à la famille royale d'Ecosse, dont le comte de Huntley, son père, passait pour le plus puissant vassal. Bien des fois Richard, pâlissant d'angoisses, avait entendu dire que Jacques IV aimait si tendrement Catherine, comme sœur d'abord, qu'il finirait par vouloir l'aimer comme sa femme, et que ce mariage s'accomplirait sans doute, si quelque intérêt d'État ne forçait le roi à une alliance étrangère. Alors Richard tremblait, il interrogeait la contenance de la duchesse, son regard, et s'étonnait de trouver parfois ce regard sévère jusqu'à
\>< in.
la cm fois qu'en particulier
il avait tenté d'amener l'entretien se
lit répondu de teçon à prouver qu'elle ne comprenait pas ou ne lait pas comprendre, et Richard, toujours timide et embarras n'avait
jamais <>>.'• poursuivre, ''t il avait renfermé son secret dans l'ombre la plus profonde de son cœur.
Comment Interpréter clic/ Margu cette étrange froideur qu'il soupçonnait sans pouvoir y croire, car les preuves du contraire éclataient dans sa munificence et ses protestations publiques de tendresse; Richard se disait que Pau veuve de Charles le Téméraire n'admettait pas qu'un prince détrôné songeât à un bonheur frivole, à des satisfactions d'amour, avant d'avoir récupéré son nom et sa couronne; de là sans doute la glaciale résistance de sa tante à tout épau-
LA ROSK 11LANCHE
chement de tendresse stérile; de là ce Iront sévère quand Richard prononçait, fût-ce en tremblant, le nom de Catherine.
Qui sait, se disait-il d'ailleurs, si cette noble jeune fille n'est pas, aux yeux de Marguerite d'York, indigne de l'amour d'un fils d'Edouard destiné au trône? Qui sait si déjà la duchesse ambitieuse ne m'a pas choisi une femme sur quelque trône.
Et Richard, au désespoir, se promettait tout bas de s'affranchir à force de victoires et de travaux; il se donnait pour tâche de satisfaire toutes les ambitions de Marguerite, excepté celle de se choisir une nièce sans la volonté du neveu.
— Quand je serai roi, pensait-il, quand j'aurai rendu à ma tante son rang et ses domaines en Angleterre, quand elle ne pourra plus m'accuser d'ingratitude , tant mes bienfaits et mes largesses auront dépassé son attente, la seule faveur que je
Si LA >
lui demanderai en retour, la li-
d'aimer Catli . triter bob
amour.
Cet amour et le désir dévorant de revoir >a mère, sa véritable mère, qui rappelait et le cherchait députa la révélation de Brakenbury, enfoui i haque p
Richard leurs aiguillons dans bob cœur
tenu et proté
Bcntait paa aii mver Elisabeth, la
veuve <iu roi Edouard, tombera ><•> pieds, se faire reconnaître, proclamé par
cœur de mère avant d'être proclamé par
l'amour du peuple et des soldais , était l'unique et incessante préoccupation
de Richard. Et, sans la volonté formellement déclarée de Marguerite, qui lui avait
tracé son devoir et son itinéraire, le jeune prince se fût rendu clandestinement à Londres avant d'aller en Ecosse. Dégi
insoucieux des dangers, il eût pénétré dans le palais d'Henri VII; il eût sollicité de sa sœur, la reine, une entrevue avec leur mère.
Comment, disait-il dans son enthousiasme, tout un peuple me renierait-il, quand ma propre mère et ma sœur m'auraient reconnu?
La duchesse de Bourgogne, Richard se le rappelait avec amertume , n'avait accueilli ce plan qu'avec un sourire dédaigneux. Elle avait refroidi par un simple haussement d'épaules toute l'ardeur de ce fils tendre, toute la délicatesse de ce cœur généreux. Et le pauvre prince se demandait tout bas comment une âme pouvait être si profonde, qu'elle contînt à la fois le dévouement le plus absolu aux intérêts de la famille et le mépris de tout sentiment affectueux inspiré par cette famille même. Cependant il obéjt, et s'embarqua
pour . , trop i. d'aller re-
trouverai! moins rime iffecliona
qui correspondaient à chaque battement de son cœur.
Ainsi, pour lui , pour Richard , plus d'incertitudes, plus d*h te dans la
vie. Sa nouvel!** route u déroule devant
lui. 1 «huis
les sombres profondruis du passé, Pahrien tronçon de ce chemin, coupé par le oard de Richard ni son on et recompose. Au tien de l'ach l'assassin l'a épargné. Au lies de mourir, la victime a guéri. Dans son exil, au bord de ce lac, il n'était pas fou, maj lescent. Ce que ses gardiens appelaient rêves, c'étaient ses souvenirs. La violence qu'on lui faisait pour qu'il oubliât l'anglais, pour qu'il oubliât sa vie, c'était une fraude pieuse de ses amis dévoués. Le vieillard qui le tenait en captivité ne cher-
chait qu'à le sauver des recherches de Richard III. On ne Pavait livré à Warbeck que pour continuer cette œuvre de salut. Warbeck ne l'avait appelé son fils que pour dépister les soupçons d'Henri VII, aussi dangereux à un rejeton d'York que le couteau des meurtriers de la Tour.
C'est ainsi que Richard expliquait tout son passé, bénissait ses sauveurs en attendant l'heure de les récompenser, et ne trouvait qu'une ombre à sa félicité, à sa grandeur prochaine, la mort si douloureuse et si prompte de cette pauvre femme saxonne qui lui avait tendu les bras, le croyant son fils, et l'avait maudit sans doute en exhalant son dernier soupir.
Il songeait aussi à Fryon, cet autre bienfaiteur, qui, en croyant seulement faire son éducation de prétendant à la couronne d'Angleterre, lui avait appris et l'avait convaincu qu'il était réellement Ri-
oc i \ ROSI II \m:HS
chard d'York. \ Fryon tout*
!• I*anciei re d'Henri vu
lécouveri le secret, qu'il s'était dévoué cor] une
i-e admiration au du prince
dont il avait cru seulemeni ébaucher la statue. L'enlèvement mystérieux, la dis* parition de Fryon, véritable calamité pour son jeune pupille, était encore une douleur dans son passé, un vide dans son
;i sagace et Intrépide; il l'espérait toujoui se jurait de le retrouver <t de lui faire oublier la mauvaise fortune, si, dans sa prévoyance trop connu»-, Henri VII n'avait pas déjà confié à la mort le soin d'étouffer i nouvelle conspiration contre sa couronne. Le résumé est fait. Hichard a oublié Perkin; il cherche sa mère; il soi:
Fryon; il va revoir Catherine; il marche droit au trône.
L'Irlande à cette époque était déjà une terre de misère. Tel est son lot, immiséricordieusement dévolu par la Providence, qui a fait l'Ecosse si riche de poésie, l'Angleterre si riche d'industrie. Cependant jamais peuple n'a mieux mérité d'être heureux et tranquille. Nul caractère , parmi ceux que le Créateur a disséminés dans notre monde, ne prête mieux à la réalisation de ce rêve de l'imagination qu'on appelle le bonheur.
L'Irlandais | -prit vil '■
bonne Rameur prend facilement no parti Son corps est trop robuste. H ado
:ui le fout. > habitude de la
pauvreté, dn malaise, soil par vertu naturelle, il est dur, et na ne <!•'-
oinable.
Au w siècle, ce peuple n'avait | le jugement qu'ont dé\ n lui les
révolutions, les m ■ t l'oppref
de l'An-; il avait pins : il
avilit >a nature, il avait nue sorte de li-
inséparable de sa misère et de état sauvage. C'était poui un jeun.' prince généreux, compatissant, avide d'arriver vite au but, une ressource que
l'enthousiasme de ce peuple.
Richard, de qui les grandeurs et la prospérité n'avaient pas BU le temps d'endurcir le cœur, fut touché de IVchaleureux de ces peuples. Il répondit à
L4 ROSK BLANCHB 09
leurs acclamations par une affabilité pleine de promesses; tout en lui respirait le maître et le bon père. Trois jours de marche ou plutôt de triomphe à travers l'Irlande lui conquirent la nation tout entière, et, lorsqu'il arriva à la cour de Jacques IV, une rumeur d'amour et de bonheur le précédait; cette grande voix du peuple eût suffi à lui gagner le cœur du roi d'Ecosse, quand bien môme la duchesse de Bourgogne, par sa coopération, et Catherine, par sa persuasion éloquente, n'eussent pas déjà disposé le jeune prince en faveur du prétendant.
La confiance universelle entraînait ainsi la confiance du roi. Jacques IV, qui, ne fût-ce que par politique, se promettait d'accueillir avec une apparente réserve le nouveau roi d'Angleterre, se vit déborder par l'empressement de toute sa nation.
Richard était arrivé à Edimbourg, et sol-
TO I \ KUM. I! \ >< II»
licilait n: du >.>u\vrain, <'ii
qualité de duo d'York. Jacques accorda sur-le-champ (revue. Une foule
imm< rahissait l( nne fbule
i Impatiente de do t;ut rendue au palais, à l'appel du prince. Chacun se Jetail avidement à la rencontre du fila d'Edouard, qui , à cheval,
nue et ses beaux cheveui blonds an vent, saluait modestement le peuple,
dont il tendait !iniy;mts. Sa ron-
geur, son affectueux sourire, la d majesté de son front pur, transportaient de joie et d'admiration. A i marchait le vieux lord kildare, l'idole des highlanders; derrière lui çait une brillante escorte de barons anglais dont les rangs se gr nt à
chaque pas des plus no! i lan-
daises. Tous ces visages rayonnants d'espoir, tous ces bru^ our saluer et
LA ROSE EL Vieil!-:
pour bénir, toutes ces femmes enivrées qui se glissaient parmi les armures et écartaient les pertuisanes et les hallebardes pour voir de plus près le jeune duc, cette immense acclamation d'un peuple qui se livrait ainsi sans condition, en un mot, cette pompe et cette victoire remuèrent profondément l'âme de Richard, qui, levant les yeux au ciel, semblait jurer de consacrer sa vie à la défense et au bonheur de ses sujets.
Le cortège arriva au palais. Balcons, fenêtres, portes et terrasses regorgeaient de spectateurs. Richard descendit de cheval ; sans avoir fait un mouvement, les bras des gardes et des serviteurs le portèrent, comme un flot respectueux, jusque dans la salle des cérémonies, où Jacques, brillant aussi de jeunesse et de parure, attendait son hôte illustre.
Ce ne fut point le roi, ce ne fut point îa
:î LA 1051 11 M
nobl* ne lut
pas la magnifique «tbique, toute
frémissante d'étçndard bleuâtre
d'encens, que Richard ! pre-
.1.1. il chercha ine, il in-
animés m aux groupes des barons et des lairds écossais. Le p mot deJacqui
vint Parrachei otemplation.
—Seigneur, dit le jeune ro bien
vous qui bard, «lue d'York?
— C'est moi, seigneur, répliqua Richard; un ennemi cruel a voulu nf arracher la vie, et ne m'a pris que ma couronne. Dieu l'a puni enle privant de l'une et de l'autre. Mais, aujourd'hui, un ennemi nouveau, plus terrible et plus puissant, l'usurpateur de mon royaume, Henri Tudor, a épousé ma sœur, il tient ma n en captivité, il nie mes droits, il me nie moi-même. J'ai voulu en appeler au juge-
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mcnl des rois. Vous, seigneur, mon plus proche voisin, mon allié naturel , ne me daignerez-vous pas reconnaître? Charles VIII de France, Maxiinilien Ier d'Allemagne, madame la duchesse de Bourgogne, m'envoient vers vous mes titres à la main. Je viens, et je me livre. Si je suis un imposteur, punissez mon crime ; si je suis Richard d'York, si ma naissance est écrite sur les traits de mon visage, si vous reconnaissez en moi , comme l'a fait ce peuple, le sang de ma race et le bon droit de ma cause, votre appui, seigneur, votre amitié, votre main au plus loyal et au plus infortuné des princes, qui, plus tard, vous payera ce service par une indissoluble alliance entre nos deux nations.
Jacques sentait vibrer autour de lui l'orgueil et l'enthousiasme national; on entendait frémir les armes, battre les