H I.I.IM II K
cœnn lit grande et lou-
chante. Q ndea «le pins , et
l'assemblée, qui & il à peine, eût
rendu réj rança
Richard, et, au milieu d'un sil< eux :
— oui, dit-il. je connais vos malheurs et j'y compatis. Au premier bruit de votre apparition, aux premiers soupi de mon ; '•, j'ai
interrogé le passé, J'ai puisé la vérité Si sources certain hard
d'York, mon allié, mon ami. Vive/, en paix, vivez libre à ma cour, soyez-y lié maître comme moi-même : j'accepte l'alliance que vpus promettez a l'Ecosse au nom de l'Angleterre, et, quels que soient les obstacles qui surgiront devant vous, comptez sur mon soutien, vous ne vous repentirez jamais de vous être adressé a moi.
Eu achevant ces mots, il tendit ses deux bras à Richard, qui s'y jeta avec effusion. Une acclamation formidable ébranla les voûtes de l'antique demeure des rois d'Ecosse. Mais, au sein de cette tempête, Richard avait démêlé une voix chérie, une harmonie divine : il avait reconnu le cri de joie échappé du cœur de Catherine. Il l'aperçut elle-même, exaltée, pâle et prête à défaillir de bonheur, qui s'élançait vers Jacques, dont elle pressait les mains avec tendresse.
Toute la lumière de ce beau jour, tout l'or des armes et des parures, tous les prestiges de son triomphe, s'effacèrent en un moment pour le malheureux Richard.
Il lui sembla que la vie abandonnait son cœur. Sans doute, Catherine félicitait son roi au nom de tout un peuple; sans doute, elle avait pris dès l'enfance ce droit d'une familiarité de sœur, et l'excès même de sa
LA ROM i I IKCH8
iine Bympathle pour le prince auquel ' ardait
.son amitié. Mais Richard soi mieux aimé irine silencieuse ,t recueillie; il l'eût mieux aimée loin du trône, dans la foule; il «-ut préféré un simple sourta cette manifestation éclatant
— Elle remercie laeqtft i-t-ii,
d'aypir répondu au ?œi a)ets;elle
le félicite d'avoir acquis un nuineau litre
à l'amour du peu| Ile donc
point idolâtre de la popularité de son prince, et ce qu'on m'a tant de lois rapporté de leur .• mutuelle, est-ce donc vrai?
Il rêvait ainsi malgré lui, malgré le bruit et l'empressement de la multitude. Kildare et ses autres amis réveillèrent bien vite son attention. Un roi ne s'appartient jamais à lui-même, fût-il seul!
et, en ce moment, plus de dix mille spec-
LA ROSE BLANCUE
tateurs le dévoraient de regards avides comme des caresses.
Il s'agissait d'aller gagner, à travers cette haie tumultueuse, la partie du vieux palais que Jacques avait désignée pour l'habitation du nouveau roi d'Angleterre. Richard y fut conduit par le roi d'Ecosse et l'élite de ses chevaliers. A mesure qu'il s'éloignait de cette salle où Catherine était demeurée avec la cour, Richard croyait retourner dans une prison. Il eût donné une année de sa vie, l'année du couronnement à Londres, pour oser se retourner et regarder la jeune iille; mais non, un roi ne se retourne pas lorsqu'il cause avec un roi.
— Hélas! pensa t-il, je regardais librement quand j'étais Perkin Warbeck !
Une semaine s'écoula dans les fêtes, et Jacques IV devenait plus affectueux et plus dévoué de jour en jour. Il subissait sans doute l'influence de cette nature élevée, sympathique de Richard , qui transformait ses ennemis en amis, ses amis en fanatiques.
On eût pu s'attendre à voir les Irlandais accourir avec leurs vaisseaux, les chefs écossais avec leurs clans, pour offrir
au roi des bon levaux dans la
diraient depuis qu'elle arborail une si belle cause. Jaequei
la tranquillité des liants digni- - de la Dation , tandis que le peuple • tant d'enthousiasme, et, comme peu à peu il s'était nus ave< chard sur un pied d'amicale confiance, comme il avait jugé son &me aussi terme que son oœur était délicat, il né lui lit pas mystère de ces symptômes inquiétani
Un soir que tous deux respiraient, Sur la terrasse du château, l'air vif et parfumé des bruyères en Heurs de la mont voisine :
—Nos grands, dit-il, sont moins prompts à s'émouvoir que leur premier accueil ne semblait le présager. Ce n'est pourtant point l'avarice qui paralyse d'ordinaire les nobles sentiments de ma noblesse d'Ecosse ; en vain leur ai-je annoncé qu'il
gronde, du côté de l'Angleterre, une tempête menaçante, en vain pressentent-ils comme moi la signification de ce silence dans lequel s'enveloppe Henri VII, ils attendent que je leur fasse un appel ; je m'attendais à les voir le devancer.
Richard leva sur Jacques son regard intelligent et pur : un exilé, un orphelin, un pauvre, craignent toujours comme les criminels. Il est vrai qu'en ce monde, exil, abandon et misère sont trois grands crimes!
— Serait-ce déjà que je gène! pensa le fils d'Edouard.
Et il étouffa un soupir.
Jacques reprit, avec une insistance bien peu faite pour rassurer son hôte :
—Les levées donnent de maigres résultats ; moi qui ne voudrais pas contraindre les chefs de clan, je me vois à la veille d'être forcé d'exiger.
I \ uns». Dl •
— Chacun, semblait a?oir embrassé ma i
fiction, répliqua Richard. Le peuple Irlandais est-il à ce | ne 1«'
as.
— i bien disp dit le roi, mais il esl fort iravaill
mis.
— Ah!... soupira Richard «le plus
plus rcsoi .itiuus de
son protecteur.
— Lesquels ennemis sonl puissants, continua Jacques IV.
liichard se tut.
— Et habiles, ajouta Jacques. \ m, connaissez?
—Je connais Henri vu. Est-ce à lui que Votre Grâce fait allusi<>
— A lui-même. Il suit pas à pas toutes vos démarches; il a des espions ici; il pratique mes conseillers.
— Vraiment ! dit Richard plus inquiet qu'il ne voulait le paraître.
— Enfin, seigneur, acheva Jacques, il a fait distribuer chez tous vos partisans des libelles qui vous déchirent.
— Que peuvent-ils dire?
— Des calomnies ; mais la calomnie est une arme dangereuse.
— La croyez-vous de trempe à tuer au fond d'une poitrine écossaise la fidélité, l'honneur, le dévouement?
— Peut-ôtre... si elle est habilement maniée.
Richard tressaillit. Jacques ne s'était pas encore expliqué aussi nettement.
—Veuillez, dit le jeune prince en se levant, me rendre service jusqu'au bout; éclairez-moi tout à fait.
— Je ne suis venu à vous que dans cette intention, répliqua le roi avec un regard affectueux et loyal. Henri VII prétend que
81 LA l
Y. ni. Oh!.*, je
qu'il n'a pas autre chose à dirai mais, enfin, il le dit Beaucoup ne le croiront uns pourronl e. n
cite l'exemple de Lambert Simnel, dont il a tait son cuisinier; il reproche à ma note de se la ndre au plus sier piège; il sait, dit-il, de qujUe main part le coup dirigé contre sa couronne;
mais il ne l'ait qu'en 1
— Des ann> rrible. un résultat douteux, est-ce donc si risible?
— Il annonce qu'il ne lèvera pas un soldat; il ne tirera pas l'épée; il combattra ce nouveau rival, c'est le libelle qui parle, avec le mépris et le bon sens publics.
Richard haussa les épaules.
— Si c'est pour de tels raisonnements qu'on l'a surnommé le Salomon de l'Angleterre, voilà un prince mal nommé.
LA ROSE RLANCHE 85
Jacques demeura sérieux , presque pensif.
— Je trouve le moyen plus habile que vous ne le croyez, dit-il enfin; et la preuve qu'il est assez bon, c'est qu'il a réussi.
— Ah ! dit encore Richard , cette fois avec angoisses.
— Oui, seigneur. J'ai recueilli les opinions des lairds et des chefs sur la portée de ce manifeste d'Henri VII, et j'ai été surpris de trouver que plusieurs répétaient certains de ses arguments. « Ainsi, disent-ils , nous allons commencer une grande guerre pour un prince qui nous aime aujourd'hui parce qu'il a besoin de nous, et qui, sitôt qu'il aura réussi, nous oubliera complètement, et nous laissera moisir dans notre pauvre Irlande. »
— Ceux-là me jugent mal. Ne peut-on leur répondre ?