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la fée toujours . toujours aperçue,
qui présidait à ses actes les plus solennels, i ses plui pensées.
Quand Catherine, de sa fenêtre situé»
•lu logis d'York, l'avait regardé en
Issant, quand elle lui avait souri le
matin, sa journée était faiti iuvre
prince, dont le royaume était au pays des chimères; et après cette entrevue de chaque matin, après ce salut de bon présage qu'elle envoyait en sujette respectueuse , et qu'il rendait en vassal soumis, Richard se sentait béni pour le reste du jour; il bondissait plus fier sur son cheval, il apparaissait plus sagace à ses conseillers, plus entraînant à ses soldats. Mais les jours s'ajoutaient aux jours, et Jacques IV, s'il ne disait plus rien à son hôte, n'entreprenait rien non plus pour la réussite du projet commun. Richard s'en ouvrit à lord Kildare, son
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fidèle serviteur. Le vieux lord était près de lui le représentant avoué de la duchesse de Bourgogne; il était aussi le trait d'union entre l'Angleterre encore interdite et les deux autres royaumes, qui s'étaient déclarés pour le fils d'Edouard. Ce dernier, craignant que la paralysie signalée par Jacques ne dégénérât en une mort politique aussi prompte que honteuse, fit un effort sur lui-môme, et demanda l'avis de Kildare sur cette alliance que les Irlandais réclamaient de leur jeune duc.
Le vieillard fronça le sourcil. La question répondait, dit-il, à ses plus ardents désirs, et le respect seul l'avait rendu muet jusque-là, un respect d'autant plus louable que son opinion à lui, Kildare, était celle du roi Jacques. Richard se perdait en refusant de s'unir à quelque puissante famille. Il se rendait suspect
en n'osant briguer une alliance de ce
■, et plus d'i; déjà le \
Patri( es oreilles
des doutes injurieux BOT l'identité d'un prince (iue nul ne i \ sinon par de
rargenl et des bri( tiard demanda
au fidèle lord ce que pensait la duel. de ces dispositions de l'Irlande et de
ces exigences. Patrick avoua qu'à dernières commui . dont l'objet
avaient «' ince même et les
projets d'alliance, la duchesse avait répondu par ces seuls mots : « Qu'il aille en avant ! »
Lord Kildare, avec celte franchise, acheva de briser le cœur de son prince. Quelle misère brillante! quel esclavage doré ! Poussa en avant par des mains impitoyables, Richard ne songerait-il plus jamais qu'à devenir roi? écraserait-il, en avançant, tous les germes de son avenir,
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si libéralement répandus par Dieu môme sur son passage ? Résister, n'était-ce pas son droit ?
Kildare secoua la tète et répondit :
— La duchesse nommerait cette résistance ingratitude.
Richard tressaillit.
— Notre grande princesse, continua le vieux Patrick, vous a prodigué ses trésors, ses conseils; elle vous a traité en véritable mère!...
Richard l'arrêta froidement; ces derniers mots avaient empli son regard d'un feu inaccoutumé.
— En mère!... vous exagérez, Patrick, répliqua- t-il. Jamais je n'ai senti battre le cœur de cette femme, que je brûlais d'aimer si elle m'eût témoigné le moindre amour. En mère!... la duchesse!...
Non; elle me traite en alliée, en protectrice, en sœur par le droit divin ; mais
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voilà tout. Bile expose sa richesse, elle me prèle ses armées; vainqueur et roi, je saurai payer la dette; vaincu, Je me l'avoueavec effroi, Je sens... faut-il ledii je sens que je ne lui devrais rie&J Une mère m'eût réchauffe de façon à embraser nia poitrine, elle m'eût envoyé tout droit là où mes premiers pas devaient s'adresser, avant toute combinaison, toute tactique. Oui, Patrick, il est un endroit de l'Angleterre où Richard devait voler d'abord, voler à tire-d'aile, comme l'oi un moment égaré se précipite dans le nid, son berceau. Car j'ai une mère, une véritable mère, Patrick, qui se déchire le cœur en songeant à moi, et c'est dans ses bras que je devrais être, et c'est dans ses bras que l'on m'a défendu d'aller !
Le jeune homme s'était exalté en parlant ainsi. Pour la première fois, depuis son départ de Flandre, il exhalait une douleur,
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un ressentiment trop longtemps contenus.
Patrick essaya de le calmer, de le rappeler à des sentiments plus respectueux pour sa protectrice.
—Plus un mot, interrompit Richard avec la véhémente indignation de la loyale jeunesse. La sœur d'Edouard IV devait avant tout cette satisfaction à la veuve d'Edouard, cette réparation tardive au malheureux orphelin.
— Votre Grâce raisonne mal, dit lord Kildare. C'eût été mal protéger son neveu, mal aimer sa belle-sœur, que de'«vous envoyer dans l'antre où le roi Henri VII cache votre mère, dans le piège où sans nul doute il vous attend. A l'âge de la duchesse, après tant de malheurs, le cœur bat moins vite peut-être, mais le cerveau est plus actif, rien ne le distrait en ses opérations, rien ne l'écarté du triomphe. Votre triomphe, monseigneur, dépend de
I do vautour d t!V.
— Mou habileté, Patrick, conslste-t-elle à me foire contester Ici, à lai tûtes injurieux dont tu parles ron pieu, comme une rouille, le i qu'avait j«
— Tout vous a votre docilité aux plans ma notre grande duchesse.
— Et l'on h fours, et ma mère aussi dont >i, puisque je ne vais pas à elle! et, pour ressusciter ici la confiance qui expire, je me vois contraint d'aller mendier quelque alliance de princesse contre laquelle proteste mon cœur et se révolte ma fierté. Voilà ce que je suis, voilà où j'en suis, et tu appelles cela réussir! Oh! je te le répète, si, plus généreuse envers moi, la duchesse m'eût, sans secours mais aussi sans condition,
permis d'ouvrir mes ailes, déjà nous eussions revu la reine Elisabeth, ma noble, mon infortunée mère, déjà je serais mort ou vainqueur dans ses bras. L'Angleterre a douté de Marguerite lorsqu'elle donnait son appui à Simnel; jamais elle ne douterait d'Elisabeth criant : «Voilà mon fils! » fût ce cri le dernier soupir de la reine accompagnant mon dernier soupir. Quant à mon bonheur, quant au triomphe, où allons-nous les chercher, Patrick? Mon cœur ne me trompe pas, crois-le bien; c'est là, c'est dans une pareille mort, et non ailleurs, que Dieu les a placés pour moi !
Le vieux lord baissa la tête; lui aussi, peut-être, lui, un vaillant, un sage, s'étonnait de penser comme ce jeune homme.
— Ce n'est pas moi, reprit-il pourtant après un long silence, qui vous laisserai désobéir à madame la duchesse de Bourgogne. Non.