‹ La rose blancheChapitre 24 sur 40 · LA ROSE BI.VM NE · texte numérisé non relu

LA ROSE BI.VM NE

El il s'aii'n i |hmi dan

retour à Pexpéri oce eni

—Votre mère, la reine douairière Elisabeth, gémit mut \

Qui voua lr prouve ! Elle r triai-

iiniinit... Le roi Henri \ il a su la séquestrer de fcçon que pas on bruit ne lui parvienne d< pparition miraculi Je connais le mon où il l'a :

bien défendue, croyex-le» et, si une rumeur n'\ entre pas, vous n'> point pé-

nétré davantage, à moins que complaisamment la porto ne voua en eût étéoucouime est la trappe de tout bon traquenard. Quant à ces belles illusions de l'efficacité du cri materne] pour soumettre toute l'Angleterre, laissez un vieillard rusé en hausser tristement les épaules. Votre Grâce est bien novice dans l'art de juger les hommes. Vous oubliez

LA ROSE ULANCHE

que déjà Henri VII a répandu lui-môme le bruit de votre imposture. 11 prévient toutes vos tentatives; il les juge et les condamne en les annonçant. Pris dans Bermondsey ou seulement aux environs, vous êtes absorbé, vous êtes mort. Attendez-vous plutôt à ce qu'il vous fasse saisir quelque jour, non pas en Angleterre, mais ici, dans votre chambre, dans votre lit, parle moins suspect de vos serviteurs, par moi tout le premier, dont vingt fois déjà le dévouement et la fidélité ont été marchandés par des tentateurs habiles. Allons, demeurez, prince, calmez-vous, éteignez les battements de ce cœur si mal instruit aux devoirs comme aux dangers de la royauté. Répondez à Henri VII par une escrime de sa force. Il vous dénonce imposteur :

prouvez votre sincérité ; il vous dit méprisé, sans soutiens, sans but possible : montrez vos soldats, vos alliés; multipliez-

ces alliances, renfî les connu»' une cuirasse impénétrable au*

tour de roua; mais souvenea-voua bien, mon fils, (lue le guerrier péril suivent faute d'avoir bien cho précieuse. Je me souviens, moi, que le roi

votre père en acheta une un jour; elle avait été tivn: \>ie, elle é tait à l'é-

preuve, on en demandai! on prii 6aenne, et.pai adeurexi

de votre père son meilleur cbi plus beau cheval «le bataille. Le roi aimait le chien, il adorait son cheval, il n'était pas insensible à l'argent. Cependant, pour avoir la cuirasse, il donna la somme, il donna en soupirant le cheval, il donna le chien en pleurant, mais il eut la cuirasse. Trois fois, à Tawnton, à Barnet, à Tewksbury, elle lui sauva la vie. De même, mon prince, faites l'alliance que Jacques IV et tous vos amis vous demandent. Vous ave/

LA ROSK BLAXGHB

assurément quelque sacrifice à faire, un secret souvenir... qui sait! un amour peutêtre, excusez-moi, je parle librement comme je pense; eh bien, Richard, soupirez comme le roi Edouard, pleurez au besoin comme lui, si toutefois un amour sacrifié peut valoir un bon chien perdu; soupirez et pleurez, dis-je; mais, pour marcher contre Henri VII, il vous faut l'invincible cuirasse, ne marchandez pas, ayez-la !

Richard s'inclina, rêveur et troublé à son tour.

— Quelque princesse qu'on tient déjà toute prête , murmura-t-il , et que tout l'univers connaît, excepté moi. Si je savais seulement...

11 leva les yeux. Kildare souriait, naïvement joyeux de le voir hésiter après tant d'assurance. Cette victoire anticipée fit peur à Richard.

— j rai encore, dit-il, si certatnemcnt je ne dm marierai poinl lana avoir

consul té ma n:

— Madame la d .., interrompit Kildai

— j'ai dit ma DÉèrel B*éeria Richard d*une re qui trancha toi! I coup rentre!!, n comme an < <>n p «le poignard*

Le vieux Patrick regarda le prince i tristesse , s'inclina tn alfa tant le plus absolu respect, et le quitta lentement.

Au sein des plaisirs, comblé des respects de sa cour nouvelle et des témoignages de l'amitié de Jacques IV, Richard n'était pas heureux. Son supplice menaçait de durer longtemps. L'habitude de la persécution et du doute, la nécessité d'une dissimulation constante, avaient refoulé en lui les élans d'expansion qui soulagent toute âme souffrante. Richard ne se confiait a personne. Il combattait opiniâtrement les instincts de sa nature sympa-

i M vm II

thiqu manicative. Cet amour, cette

idolâtrie, cret, pei

n'avait su je p l atherine était celle

dont il se déliait le plus, craignant la limpide perspicacité d'un regard qui seul affrontait le si(

Il résultait, de son attitude i une froideur plus grande de ses ami sentant suspectés, ils s'abstenaient Rien ne marchait à la cour du roi i rien que les lûtes, les chasses dan> la montagne, et les projets fort libéralement épars sur le papier.

Quelques-uns des chefs principaux, les plus enthousiastes à l'arrivée de Richard, faisaient leurs préparatifs de départ. On les disait mécontents; ce qu'ils eussent souhaité, ce n'était pas l'appui de la Bourgogne ou de la France, mais l'union de tout le pays d'Angleterre , d'Ecosse et d'Irlande en faveur du prétendant. Il était

facile de voir que les intrigues d'Henri VII commençaient a ébranler la fidélité des clans. Ses accusations d'imposture pénétraient dans le peuple, qui examinait d'un œil plus attentif les traits du duc York quand il sortait dans Edimbourg.

Tout ce qui, dans un plan politique, n'avance pas résolument, recule avec rapidité. La duchesse de Bourgogne ellemême, cette audacieuse, semblait hésiter devant le froid dédain d'Henri VII, qui ne levait pas un soldat pour combattre son adversaire. Le moment était devenu décisif pour la victoire ou la défaite, et Richard n'en profitait pas, et personne autour de lui n'osait se hasarder à l'instruire; personne, pas môme Jacques, qui sentait tant d'espérances se fondre comme un peu de neige au soleil.

Quant à Richard, sa torpeur n'était pas de l'impéritie ou de l'aveuglement ; il-

400 fl! HE

Il trop clair. M. ii>, trop Ber pour se plaindre ou pour implorer l'assistance active qu'on lui refusait, il s'enfermail

a dignité, dans sa (lnul.au-.

Plus de plaisirs, plus de sommeil. Peu à peu le noble dn< lil ce

sombre isolé, ce farouche PerkJn, auquel pas nn s< rviteur n'eût su arracher une parole. On le voyait, prétextant des frances justifiées, du peste, par sa pâleur et

l'amère contraction de ses traits, passer et repasser comme une ombre dans la galerie gothique, à colonnes noires, qui bornait son palais au nord, et dominait l'embouchure du Forth. Là, battu par Le vent de la mer qui soulevait jusqu'à lui des gouttes d'écume salée, abîmé dans la contemplation des flots tour à tour étineclants ou obscurcis comme sa propre destinée, Richard se demandait si le passé n'était pas regrettable, si la maison du

négociant Warbeck n'eût pas été un asile de paix et d'oubli. 11 interrogeait Dieu, dont la volonté souveraine l'avait jeté au milieu des luttes et des catastrophes splendides de l'orgueil, sans lui donner la compensation que tout ambitieux trouve en sa famille, quelquefois même en ses amours. — Les rois, se disait-il, sont plus malheureux que les autres hommes; mais ils sont quelquefois aimés. Mon père a rencontré des cœurs dévoués à Edouard bien plus qu'au roi d'Angleterre; Henri VII, cet usurpateur qui a volé ma couronne et volé ma sœur, s'est fait de celle-ci une épouse soumise , aimante , peut - être !... Jacques IV, mon hôte, mon ami, à quelques pas de moi, vit heureux de l'amour qui accompagne chaque minute de son existence. Catherine Gordon l'aime, comment ne serait il pas heureux? Qu'a-t-il besoin d'être puissant, riche et roi?

— < jouta-t-il, m pariant

poif, il y a une fatalité Mir,moi. Et

certaini hommes ><mt marqués parmi les qu'un assassin m'ait frappé,

queDh'U m'ait ISUVé, qu'un inconnu m'ait

aé <'n Flandre, que Men m\ ait tait tntrer la dodi ! fal-

lait q in salut, d lion,

ilu retour à la i ettfl fatalité plaça]

une jeune tille que j'ai aimée en la voyant,

ut qui déjà n'ttait pas libre et ne le sera jamais, et qui toi: DM une goutte

amère dans la coupe de mes jours i venus heureux! Oh! Catherine, c'est pour voua que je me perds, pour vous que je meurs, pour vous que je méprise et le trône, et ma gloire, et l'honneur de toute ma famille, et les larmes d'une mère qui m'appelle; tout cela pour vous qui souriez sans le comprendre, et à qui je n'aurai

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pas même la triste joie de l'apprendre jamais!

Comme il se plongeait avec une acre volupté dans cette douleur la plus poignante qu'il eût encore ressentie, ses yeux lurent frappés d'un spectacle étrange et beau qui eût fait les délices du plus misérable des hommes. Le soleil, montant au zénith, avait bu comme une vapeur les gros nuages roulés naguère autour de son disque par le vent humide de l'Océan.

Lumière et chaleur couraient en grands frissons d'or sur la crête humiliée des vagues; au loin, les collines et la plaine resplendissaient dans l'azur; le Forth, calmé , roulait dans le golfe ses eaux bleuissantes, et de longues barques, aux voiles blanches gonflées, remontaient lentement le fleuve, cinglant vers les bras ouverts du vieux port. •

On eût dit que Dieu, touché par la

plainte de Richard, lui *in\ joleil

comme une pi chirail autoui

de lui le.> pour l'em-

, le jeune

me se relevant plu mmençait

i >mme au sortir d'un i les ogives empoui et le

«•ici serein, et l'horizon vermeil, quand en vint l'avertir que la comtesse Catherine Gordon était là, qui sollicitait une audiem

Richard, frappé au crin* par cette <•■ cidence du bienfait et de la prière, eut à peine la force de répondre oui. Tandis que Tutiicier courait rendi »\ il

étreignait sa gorge suffoquée, il cherchait vaguement l'objet de cette visite de la jeune fille, et la forme insolite de sa démarche achevait de brouiller le peu d'idées qui lui restaient.

CatherineGordon entra bientôt, radieuse

de beauté comme toujours, mais plus belle encore que de coutume aux yeux de Richard, parce que son visage, doucement pâle, reflétait une ombre de la tristesse qui dévorait le cœur du jeune prince.

La noble fille de Huntley s'était fait accompagner de sa nourrice, une Écossaise aux yeux noirs, aux cheveux argentés, au menton saillant, véritable type des noires fées de la montagne. Celle-ci ne se glissa point dans la galerie, derrière Catherine, sans avoir interrogé d'un regard perçant la physionomie anxieuse de Richard. Cet examen, plus prolongé qu'il ne convenait a une respectueuse servante envers un roi, ne fut troublé ni par Catherine ni par Richard. Tous deux se regardaient, embarrassés sans doute de commencer l'entretien.

Et, pendant ce muet prélude, la vieille continuait d'observer le prince, et parfois

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fronçait le sourcil, parfois souriait (rime façon indéfinissable, s'abritant derrière l'une colonnettes da balcon

ouvert sur le Déni

Loi I bard, plus hardi, eut enfin demandé à Catherine le motif de cette visite, dont il la remercia d*abord conrtoisement :

— Un service à vous rendre, milord, répliqua timidenftent la jeune fille.

— Soyez la bienvenue, comtesse, dit Richard tremblant.

— Mais, reprit Catherine, Votre Alt regardait, si je ne me trompe, ce qu passe sur le Forth.

— Oui; pourquoi?

— Parce que peut-être alors savez-vous ce que j'aurais tant de peine à vous dire, et je remercierai Dieu de n'avoir point à vous l'apprendre.

Cette fois, Richard ne se méprit pointa

LA ROSK BLANCHIS

l'hésitation, à la pâleur de Catherine : elle venait lui annoncer quelque nouveau malheur. Il se prépara au choc.

— Milady, répliqua-t-il avec une fermeté touchante, je ne comprends point que vous me ménagiez ainsi. Je suis courageux, j'ai l'habitude des revers; parlez, si vous m'estimez homme de cœur. Oui, je regardais le Forth et ses flots qui courent, et les grandes barques vides que le vent pousse vers le môle... Eh bien ?

— Milord, ces navires ne seront plus vides demain.

— Expliquez-vous mieux, comtesse.

— Demain, ces navires auront remmené en Ecosse, dans leurs clans respectifs, tous les contingents d'hommes de guerre que les chefs écossais avaient conduits sous vos drapeaux.

— Demain ! plus de soldats ! plus d'amis ! murmura le malheureux prince;

mais pourquoi ? qu*ai-je (ail à I

a l'Irlande? Suia-je moins aujourd'hui,

aui yeux de ces peuples, que je n'étais

il y ;i un mois, lorsqu'il! m'arrimillimit

Catherine ne répondit

— ITalMUMiouner : i bard. Et voilà les fidèles, les k>]

peu d'or et de belles paroles du roi

il. -mi vu. la fidélité] adieu le

vouement! Ohl pas d'amis autour de moi! pas une ame honnête qui m'ait averti que je n'aurais d'appui qu'à la condition de payer d'avance!

— Milord ! s'écria Catherihe émue, vous calomniez de braves gens.

— Ceux que j'accuse, je ne les calomnie pas, répliqua Richard avec la même impétuosité. Je suis venu , j'ai levé mon drapeau; ai-je contraint qui que ce soit à le suivre? On venait à un roi, n'est-ce pas?

et, comme depuis un mois je n'ai pas encore de trône à faire voir, on s'en va sans doute aux pieds de celui qui , plus heureux, domine du haut d'un trône celte foule de lâches !

— Altesse! Altesse! dit Catherine les yeux gonflés de larmes, tandis -que, derrière sa colonne de granit, la vieille Écossaise rugissait sourdement et serrait les poings.

Richard, éperdu de colère et de honte, marchait à grands pas, et il murmurait :

— Et l'on me prévient quand le malheur est consommé! Et le roi Jacques, qui se disait mon frère, ne m'avertit même point, et me laisse porter ce coup par la seule main que j'eusse redoutée!

— Le roi Jacques vous a prévenu , répondit Catherine. Tous vos amis vous ont prévenu. Vous avez été sourd, vous n'avez rien voulu comprendre à la délicatesse

UCBI

de ces i ■/. au-

jourd'hui.

— Que demanda Richard, duquel cette voix calme et cette douce autorité suspendirent soudain les furieux ti

s Catherine en avait assez dit sans doute, car elle vint s'asseoir près de la le de pierre, ses coudes appuyés sur la tablette rongée par le soleil, et, là, épuisée comme après un violent effort, elle cacha son visage entre ses main son cœur éclata en douloureux sanglots.

Richard, frappé de stupeur et moins instruit que jamais, allait s'approcher d'elle et l'interroger encore ; une grande ombre surgit tout à coup entre eux deux. C'était la nourrice écossaise, qui, se drapant avec majesté dans son plaid à larges carreaux de pourpre :

— L'enfant, dit-elle, a raison, et tu es

justement puni, prince. Les Écossais, que tu accuses, t'aimaient ; ils t'eussent donné leur sang; mais pourquoi, lorsqu'ils t'acclamaient, lorsqu'ils accouraient pour le défendre, pourquoi les as-tu répudiés, insultés dans ce qu'ils ont de plus cher?

— Moi! s'écria Richard.

— Toi ! toi ! poursuivit la vieille avec un sourire haineux; toi, un Anglais, tout orgueil et tout avarice ! Ah ! certes, nos vies et nos trésors sont ta propriété, n'est ce pas? Soit! on te les apporte et tu les refuses. Marche seul et sois maudit.

— Mais que dit cette femme? interrompit le jeune prince en frappant ses mains l'une contre l'autre avec le désespoir d'une intelligence de plus en plus nébuleuse.

— Tais-toi, Susannah! tais-toi, dit Catherine à la vieille en la priant plutôt qu'elle ne lui commandait.

— M 1er, an coaton

/-la VOmil B68 uie- I •■lui là t{ui déelare

sa îiaiuc esl meilleur qu'on traître dont lu

El puis il uic

■ir à qui j'ai pria la vie, à qui b Qu'on

me Qomme au u.

car ju juru Dieu que ju D :mais

pas.

— Tu blasphèiie-s, duc Richard! répondit Susannah.

— Nommez donc ce • ux amis dont j'ai refusé Lee reprit lu jeunu homme avec ironie. Quant aux n eux-mêmes, voyou \ous?

— Oh ! murmura Susannah d'une voix altérée par la colère, ce prince eût été un mauvais roi. Dieu ne voudra pas qu'il règne. Il préfère les richesses à l'honneur ; il foule aux pieds les serments. Honte sur

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Richard d'York ! l'Ecosse détournera de lui sa tète.

— Silence! je le l'ordonne, s'écria Catherine, qui avait vu Richard bondir de rage sous cette violente imprécation.

— Et moi, je t'ordonne de parler! rugit le lion d'York; tu m'outrages, justifie-toi, ou je te lance comme un vil caillou pardessus celte rampe.

— Partons, Susannah , partons! dit la jeune fille saisissant convulsivement le bras de sa nourrice.

— Oh ! elle aussi, interrompit Richard ; elle se joint à mes ennemis, elle veut partir au lieu de châtier la misérable insensée qui vient de m'appeler parjure et prince sans honneur !

Catherine entraînait peu à peu Susannah frémissante vers la porte de la galerie. Mais la vieille luttait avec énergie; elle glissait sans marcher, elle méditait une der-

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malédiction sous laquelle Richard s deux allaient disparaître, quand Richard s'écria :

— Est-ce donc I

therioe Gordi n ami

d'eu!

qui me jurait jadis une éternelle am;

— Qu'as-tu à lui reprocher! ri] Susannah en se rapprochant de lui par mi bond de I qu'elle te jurait, y a-t-clle failli? Et toi, tiens-tu ce qui

lennellement ta famille avait juré à la nôtre ?

— Susannah, par pitié! cria Catherine en fermant la bouche de sa noun

Mais rien désormais n'eût su retenir Richard. Le voile venait de se soûl' Il avait comme entrevu la lumière après les mortelles ténèbres; ce fut lui qui arrêta la jeune fille; Susannah continua, véhémente, avec son éloquence sauvage :

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— Va! va-t'en épouser des filles de France ou d'Allemagne parce qu'elles seront riches ; méprise la pauvre Ecosse qui t'a servi de mère; méprise notre en- Tant, notre enfant chérie, notre trésor; méprise Catherine, à qui ton père t'avait fiancé dès le berceau... mais ne compte plus que sur les Français ou les Allemands. Plus d'Écossais pour toi ; nous gardons nos lances pour celui qui aura pris nos cœurs. Adieu, York. Catherine se consolera !

En parlant ainsi, ell« entraînait à son tour la jeune fille; mais Richard avait compris. Le nuage, en éclatant sur son Iront, l'avait inondé de lumière. 11 s'élança entre la porte et les femmes qui l'allaient franchir, il saisit la main de Catherine, il l'étreignit dans les siennes.

— Est-ce bien vrai, ce qu'elle dit? demanda-t-il avec une fiévreuse volubilité.

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