M III
traînait dans son tourbillon quelques
; la sauvage Susannah*
ne pouvant suivre sur sa baquenée plus faibli ourse d , hurlait
dans l'ombre après Catherine el proférait contre Richard nulle féroces imprécations.
Cette nuit tut terrible, après le danger
cornu i Richard ne sentit
bien réellement son malheur que lorsqu'il
se trouva en sûreté, hors de toute atteint'', sur les bruyères d'une lande que dominait une vieille abbaye en ruine.
. il arrêta son cheval fumant et ivre de lassitude. Il déposa son précieux fardeau sous l'ogive brisée de la chapelle, regarda un moment autour de lui, effleura d'un coup d'œil vague le ciel froid qui ne lui répondait rien, et s'agenouilla près de Catherine; il voulut lui réchauffer les mains avec son souffle, et réveiller le regard depuis si longtemps endormi sous
LA ROSK BLANCIIK
ces paupières bleuâtres. Il sanglotait, il soupirait; ses larmes eussent amolli les dalles de granit. Lui qui depuis tant de jours attendait de Catherine le pardon, le retour à la vie, il s'épouvantait de n'avoir a lui offrir que l'ignominie et la ruine, et, alors, il suppliait le ciel de prolonger, d'éterniser cette torpeur et ce délire de sa bien-aimée.
— Elle ne souffre pas, murmurait-il; elle dort, elle ignore, elle rêve peut-être en elle-même de célestes félicités comme les petits enfants, anges bénis à qui Dieu fait la grâce de ne rien deviner encore des misères terrestres. 0 Catherine, mon trésor, mon âme, quitte cette vie sans avoir repris la mémoire. Catherine! la dernière fois que tu m'as vu, tu m'aimais; le dernier mot que tu m'as adressé était un serment d'amour! Meurs, Catherine!
meurs et retourne à Dieu plutôt que de
10 LA ROSK il IH
i en de i sur la
il croyait parle? I cette moine créature qui, depuis la révélation de la ducli
. n'as ait remué ni u-> yeux ni les
Mail soudain la itftl deia, et,
d'une voix qui ut courir mille Mi Richard :
— En bien, dit-elle, pourquoi mefaîteevous attendre la mort? pourquoi proion- • /-\<ius mon lupplieel
— Catherine! s'écria le Jeune homme effaré.
El il recula lentement devant eeûml dont les accents étranges ie frappaient d'une superstitieuse horreur.
— J'espérais, reprit-elle, que vous ne nie puniriez pas en nie forçant à vivre. Cette mort, mon unique salut, je ne puis me la donner sans crime. Mais vous, vous
qui paraissez me plaindre, comment osezvous me la refuser !
Richard laissa échapper un sourd gémissement.
— Moi ! dit-il, moi donner la mort au seul être que j'aime, au seul espoir qui me reste en ce monde !
Catherine se souleva encore. Elle était presque droite, la main appuyée sur un fût de colonne tronquée; ses cheveux épars, son pâle visage illuminé par la lueur d'une lune sanglante qui traversait les arceaux et les fenêtres de l'antique abbaye, la sévérité empreinte sur ses traits si doux, le reproche amer écrit sur ce front ordinairement serein et paré d'amour, glacèrent aux veines du malheureux Richard le peu de sang tiédi que la fatigue et le désespoir y avaient laissé.
— Vous m'aimez, murmura funèbrement Catherine; vous aimez la triste vie-
Il ii Mf| ii MOU
lime de vos impostures, la d >agne de vos d : ce n'est pas as
minie; il vous reste fespoir de me retenir pprobre! Oh'
. le senl
BSSe fait pour de moi.
mt comme si ce coup Me eût Art] te pour la.
joignit : M, <'t, d
suppliante :
— Il est impossible, dit-il, que Catherine mecroie un imposteur; ('atlici [ne,
{ours de t; Catherine, qui a retrouvé en moi comme j'ai retrouvé en ••!'.
LA ROSK BLANCHE
joies, tous nos chagrins, tous nos secrets d'enfance; Catherine bien-aimée qui ne peut supposer que, l'aimant d'une passion si ardente, j'aie conservé en mon cœur une seule pensée qui ne soit ce divin amour !
— Vous m'avez trompée toujours, ditelle, et me trompez encore en ce moment.
— 0 Catherine! s'écria Richard éperdu.
/— La duchesse vous renierait-elle, si
vous étiez Richard, son neveu, son sang, l'unique passion de sa vie!
— La duchesse est en délire.
— Elle est vigilante et voulait sauver ma vie et mon honneur; car elle en fit serment lorsqu'elle me présenta au baptême. Elle me parle au nom de ma religion, au nom de Notre Seigneur. Comment oseriez-vous prétendre le contraire? Que prouvez-vous ? Et elle que ne prouvet-elle pas, messire?
ti 1 1 Rôti m i*cm
Ce
caressa ni et
« oiitume d'adresser à son prta ;\.
Cet à la I ' plus
cruel II <légra-
,bli<|uo par la main du :
u po m !••>
auiai avec angoisses.
Catherine sentit, i |>«'-
son cœur.
— Je veux croirr, dit-elle, q aurez été von 1 in-
stigateurs: ttdant quelque
temps vous aurez lutté contre Hinpo
le courage d'une ai faite loyale; mais l'ambition, l'orgueil OOt
pris le dessus et vous a\
liard, écrasé, se frappait la poi-
irine où retentissaient des sanglotements étouffés.
— Ne pouviez- vous, continua Catherine de plus en plus émue, marcher à votre but sans m'y traîner à vos côtés par la main? Et cette main que vous avez eu d'abord la générosité de refuser, sentant bien que l'accepter était un crime, cette main que la duchesse de Bourgogne vous défendait de prendre, l'honneur et la pitié ne vous commandaient-ils pas de la refuser même au roi, même à l'Ecosse, même à moi, malheureuse, d'autant plus respectable à vos yeux, que je vous l'offrais et vous suppliais de l'accepter.
En achevant ces paroles, la douce femme ne put se faire plus longtemps violence, et un flot de larmes jaillit de ses yeux, qu'on eût crus arides comme des yeux de pierre.
— Oh! c'en est trop, balbutia Richard suffoqué par d'intolérables souffrances.
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le coupa • t «r;ij..!itrr m,,' honte à nei malbi C'est pour vi.ih «|ii»* j«' ruii-
ii me semblait
f, je eroj tout an
r de grandeur et <l -tour
de votre amitié, de votre foi. Jdois plus conscien t que
op payé. libre
et h«- rdoDiie; l'en il le
droit du haut de mon innocence • t & 1 il jour, peut-être viendrez-
m'apporter vos regrets et votre réparation. Ce jour-là, revenez ici; car c'est ici que le fils d'York finira ses misères. Adieu!
Aussitôt il s'élança pour saisir à l'arçon de son cheval la courte épée qui s'y balançait près d'une hache d'armes. Mais une ombre s'interposa entre la lumière et lui. Un bras nerveux saisit le sien. Une voix grave et affectueuse retentit dans cette solitude. Richard fut arrêté par un guerrier dont les armes froides étaient souillées de larges taches de sang.
— Patrick!... mon ami, murmura Richard.
— Qui parle de mourir? dit le noble Kildare. Qui parle d'abandonner sa cause et ses amis? Ai-je désespéré de toi, Richard? T'ai-je refusé mon sang? Vois-le qui coule. Il m'en reste encore que je te donnerai. Ton armée est perdue, nous
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etl*ii une;
lu ipponen ioni contre lof, el tu ne
• niant la roi
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«lui de l'Angleterre. < de |' ionner.
rine, COI palpitant
dressa pour écoul<
— Oui, continua KiMare, un.' pn Irrécusable, invinci uni peut douter de son ami, une feu
un fils pourrait douter de sa m
mère ne se U
jamais ci: I un iin[><
à la place de col entai tant plaire. Tu ;i^
une mère, Richard; pourquoi l'oubliestu? Ce n'est pas à tes sujets, ce n'est pas à tes amis, ce n'est pas à ta femme, qu'il te faut demander si tu es bien Richard d'York, roi d'Angleterre. C'est à Elisabeth Woodville, veuve d'Edouard IV, c'est à ta mère; tu devrais déjà être parti.
— Oh ! s'écria Richard ressuscité par ce mâle conseil, Dieu lui-même a parlé par ta bouche! Il ne m'a donc pas abandonné tout à fait!
— Ce n'est pas l'entreprise d'un homme ordinaire, continua le vieux chevalier.
Aller retrouver la reine douairière dans la retraite inaccessible où la cache Henri VII, depuis qu'on parle d'un prétendant à la couronne; forcer l'entrée du monastère de Bermondsey, que gardent nuit et jour des légions dévouées a l'usurpateur, c'est une œuvre ardue, c'est un exploit qui prouverait à lui seul une âme toute royale.
saurait rire atteint qu'après un moil |>< ut
lit ri «l'un faussaire, à û
qui i moi qui | il.-, || M
n'ose point t- . Songe que nous n'avo:
lus de trésors, pn ; la prudence command qui tu m et as toujours été York, d
de va il, à de cm
aions d'amour. Tiens, regarde de ce côté, au delà des landes, c'est la montela ttootagne, la mer. Ptr là
est notre salut. ions l'Irlande.
nous retrempons le courage et la !
nos amis ; moi, quand je t'aurai mis en lieu sûr, je vais à Bermondsey...
— Bon Patrick, interrompit aussitôt Richard avec un geste d'admiration et un sourire plein de tendresse, ne gâte point, par ce que tu nommes la prudence , la noble leçon que tu m'as si heureusement donnée. Il y a danger, dis-tu, témérité même, à traverser deux comtés, à franchir les lignes de trois armées pour me rendre auprès de la reine douairière, tant mieux; j'ai beaucoup à prouver, Patrick, moi qui inspire tant de doutes. Tu m'as fait du bien en énumérant les périls que je vais courir ; car je sens qu'ils ne feront pas même battre mon cœur. La reine Elisabeth est à Bermondsey, voilà tout ce qu'il me faut; à ses pieds est ma confusion ou ma gloire; à ses pieds est la preuve de ma loyauté. Vois-tu, Patrick, quand il me faudrait courir à Bermondsey sur un sol
«f LA MO»I BLOCNK
fait de p. .hn.»-
Bphère de lunes, sons m ifant
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Bermoml ide qu'uni
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ivé mon corj»> N MM te*, l t m11' M m pt '. brillera mes
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hard s'arrêta l'œil étfncelspl, in-
Cat;
m, comme
bien loin
— Ainsi, reprit '
monastère de la reine Elisabeth. A toi d'autres devoirs aussi importants, aussi sacrés. Alors que Ton m'appelait duc d'York, une femme illustre et généreuse s'est donnée à moi; je lui ai juré fidélité, protection jusqu'à la mort. Ce n'est pas moi qui jamais eusse douté d'elle; mais, de ce qu'elle n'a plus ni estime ni amour pour moi, ce n'est pas une raison pour que je l'entraîne en des dangers acceptables seulement pour une épouse dévouée.
Tu prendras le peu d'Écossais qui nous restent, et, sous cette escorte, tu conduiras lady Catherine Gordon où elle désirera d'être conduite. Je suis assuré que, même en se remettant aux mains de mon ennemi Henri VII, lady Catherine aura la loyauté de stipuler ta liberté, ainsi que celle des nôtres. Prépare-toi au départ. Madame, veuillez lui donner vos ordres.
En parlant ainsi , Richard t le cœur
tl
ition 'lui, :
de périls, at:
icdecet entretien qu'ils ne poui
coni:
rossant il vous hùtez pas de
votre cœur: l les accusations de la duel
il l;i Iiont. .
fiml. J'accepte la la reine
1 d Jugement sans appel;
mine vous, je COI v;mt
elle à Bermond
iiard se retOUl lain au bruit
paroles. Il
remercier la bouche qui les avait prononcées ; mais, pareille à la Sabine antique, Catherine,- après avoir révélé toute son âme, venait de rabattre son voile sur ses yeux troublés.
Tout à coup, Susannah, qu'on croyait perdue, arriva dans le gros des Écossais demeurés fidèles. Elle reconquit sa maîtresse, et la pressa dans ses bras avec une joie mêlée de colère.
La petite armée campa dans les ruines pendant cette nuit, que le ciel clément fit tiède et parfumée. Richard se mêla aux groupes de ses défenseurs, et veilla sur leur sommeil. Parfois son regard allait caresser timidement, dans les ruines sombres, l'abri improvisé sous lequel reposait Catherine; et, du fond de ces ténèbres mêmes, un mortel éclair de haine partait des yeux de Susannah, comme pour anéantir ce faux Richard, qu'elle accusait
des malheurs il«' sa dll de se
Les victoires d'Exeter et de Taunton, si funestes au parti d'York, n'avaient cependant pas assouvi les ressentiments d'Henri VIL
Ce prince, si généreusement doté par quelques historiens d'un apanage de vertus et de sagesse qu'il n'a jamais possédées, poursuivait avec une haine et une rage implacables le nouveau prétendant
ta i v
que I'Êcusm . l'Ir! I pro-
utenir. La lutte, ponr loi, commencé soordement
istre de san^j »t de politique, toutes ses ilUanoet, il H heurtait incessauiiii'-i.t chei lui, à II I
trd IV, à sa beUo-i
roi, •
lorsque le nom d*Yort .'lait prononcé dei Il illait
cernent A frisson de loti
Néa lerreor i
il lui fallait impérieusement les dissinr L'Angleterre se fût fâchée de voii
de naîtra
nia.
Il avait commis dès le ;
LA ROSK BLANCHE 29
faute énorme, ce prétendu Salomon, en provoquant chez les Anglais une recrudescence de regrets pour la Rose blanche. Le bruit qu'il avait imprudemment semé de la résurrection d'un des fils d'Edouard, s'était changé en une tempête d'espérances qui l'avait ébranlé sur son trône. Cette chimère, qu'Henri VII avait hasardée comme épreuve, ses ennemis aussitôt avaient travaillé à en faire une réalité. De là les manœuvres de la duchesse de Bourgogne pour créer un nouveau prétendant; de là l'unanime appui donné à ce prétendant par les rois de l'Europe; de là, en Angleterre, l'explosion des sympathies populaires aux premières .nouvelles de l'apparition de Richard. Pour un homme prudent, Henri Vil, on en conviendra, avait été bien téméraire.
Comme il ne redoutait rien au monde que ce fantôme, comme il l'avait évoqué
U i » MSJ i i IMCU
il fut sai»i de stupeur lorsqu'il le vil marcher, grandir • ut la force d'un
."«lue, on se le rappelle, que
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M :.: i \ Il .
quitté ce prince pour passer en
l Iandre, où il avait apporté • sse de Bourgogne nue dei lettres
D l'avait char-
i saura gré de 1 our quel-
ques instants ses regards en
fuite de Fryon frap] VU
d'éto: . Il n'y comprit rien d'à!
j, quand il vit l'exaltation de la i
douairière, sa folle joie trahissant m
poir réveillé; quand ses espions lui
lèrent d'un homme inconnu, d'un vieillard étrange qui, dans une promenade de la reine, s'était prosterné devant elle , avec des prières et des larmes, et des mots étouffés compris de la princesse toute seule, Henri, rapprochant toutes ces circonstances, devina un secret, un danger.
Il courut trouver la reine Elisabeth, sa belle-mère; il essaya de la faire parler, promit, menaça, violenta. La mère intrépide se tut. Elle savait que sa sœur de Bourgogne lui prêterait assistance, elle espérait en Dieu, elle tremblait de tuer son fils en révélant son existence. Tous les assauts d'Henri VII furent repoussés.
Gelui-ci s'attaqua soudain à la jeune reine sa femme; mais celle-ci ignorait tout. Elisabeth Woodville, devenue sage à force de malheurs, n'avait pas confié son secret aux caprices et aux faiblesses d'un lit nuptial. Où s'informer? Que faire?
femei faut.- d'oser leur infliger II
lut prodlf
« l'a vu, le inalluMi- ! n fut enli !
ni'Ut OÙ i\rir.
d, le Richard d'York, qu'il Lriempbi qu'il mitre
oefea tji'elle
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aucune ne pouvait Tétoniu r.
instruit par
d'Il.-nri VII, il sasait que ce | pardonnait jamais, surtout quand
ennemi ne pouvait plus lui servir à rien.
— Si j'avoue, pensa Fryon, ma trahison est notoire. On aura tiré de moi tout le profit, je ne serai plus bon qu'à étrangler entre quatre murailles; que si, ayant parlé, je suis épargné par Henri VII, je serai, tôt ou tard , repris en sous-œuvre par la duchesse ou par le jeune prince, que j'aurai trahis. Mourir pour mourir, j'aime mieux me taire; je me conserve des amis, et, d'ailleurs, en ce cas, j'ai une chance : le roi n'a pas de preuves contre moi, il peut me laisser vivre dans l'espoir que je finirai par parler. On tue un homme pour éteindre un secret, on ne tue pas l'homme qui peut vous révéler ce secret. Je me tairai.
En effet, amené devant Henri VII par ceux qui l'avaient enlevé, Fryon garda le silence.
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le roi laissait,
i, dit il, d'un souverain plus gé
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mûrir les fruits de sa I a Rc>
l homme disparai, nul ne ton nom, nul ne i Brakenbury, à moitié fo ; i no-
uent de rombi Henri vu ne le devina A lutter contrée» dont ton
ni invisibles i roid'A re usait cl
chaque nuit sa pensée. Le grand mot de l'énigme éclata enfin : la duchesse de Bourgogne reconnut Perkin pour roi ; Richard apparut en Ecosse; les peuples se soulevèrent. Plus de doutes : un nouveau compétiteur, de nouvelles guerres civiles, la discorde dans sa famille, l'Europe hostile ou suspecte, tel était le coup depuis longtemps suspendu sur la couronne de Lancastre.
Certes, Richemond avait fait de grandes choses avant de devenir Henri VII. Échapper à Edouard IV, puis à Richard III, gagner la bataille de Bosworth, ramasser la couronne dans le sang du vaincu, épouser la fille d'York après lui avoir pris son trône, vivre entre cette épouse et cette belle-mère, les exécrer et les flatter pour n'être point dévoré par le peuple ; voilà des difficultés sérieuses. Mais, quand enfin l'on s'est assis , sentir le siège trembler,
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venir lui arracher la courone du front, Henri fit tarifer jusqu'au moindre bruit
LA ROSK BLANCHE
de cette tentative. Des rumeurs confuses, semées adroitement parmi la foule, égarèrent l'opinion et l'attention publiques; mais le but qu'oublie une multitude variable, que négligent des courtisans intéressés, une mère ne s'en laisse pas détourner facilement. Elisabeth Woodville, trop émue par la révélation de Brakenbury pour ne pas accueillir avidement les bruits relatifs à Richard , cette mère infortunée, toujours haletant du désespoir à l'espérance, apprit le résultat de l'exhumation comme elle avait appris l'entrée du prétendant en Ecosse.
Aussitôt elle pénètre chez le roi, elle le force à un entretien dont il redoutait les conséquences sans les deviner aussi sérieuses qu'elles devaient l'être. Ce fut une scène solennelle, un combat terrible entre cet amour de mère et cette ambition de tigre. Cette fois, Elisabeth Woodville avait
exigé i • M till.' lût piv-
Mai sa femme, et c nu roi futur,
i son épou Les deux en sence.
— Seigneur. «lit :
que l'un de mes fil* d assassiné dans la Tour voir II -rogô
leur lo
moi,
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Henri vu ne répondit pas. 1 contiu
— Dans la tombe que vous avez oir il n'y avait
Bien des voix me crient en ce moment que mon autre enfant est en Ecosse, qu'il marche sur Londres à la tête d'une armée.
Qu'en dites- vous, milord?
— Simnel, le pâtissier, était-il aussi votre fils? répliqua Henri VII. Lui, de même, a marché sur Londres avec une armée.
— J'ai vu Simnel, j'ai rougi en sa présence ; vous lui avez pardonné sa stupide imposture; moi, je vous priais de le punir. Eh bien, montrez-moi aussi ce faux Richard ; que je le voie, que je lui parle, que je le confonde. Votre cause est à jamais gagnée, si mon témoignage est pour vous.
— Vous verrez le prétendant, répliqua Henri VII, le jour où on me l'amènera prisonnier.
— Oh! s'écria Elisabeth, quelque chose me dit que, celui-là, vous ne l'enverrez pas à vos cuisines! Celui qui a épousé une
I loq&efl w
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gogne appelle bu cdui-lâ. nilord,
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