LA BOSE BLANCHE
« Je ne savais pas, reprit-il d'un air leste et dégagé, que mademoiselle eût une vocation si décidée pour le théâtre....
— Vocation! le mot serait peut-être un peu fort, dit Honoria en lui jetant un regard clair et froid; Hélène a la vocation d'avoir cinquante mille livres de rente, et, comme son père a oublié de les lui laisser, elle prend le bon parti de les demander à l'Opéra .
— Ah ! chère tante, reprit Hélène, tu m'aimes tant, que tu parles comme pour toi ; mais tu sais combien peu je tiens à tout le luxe de ta grande vie. Je n'ai pas toujours dormi dans le bois de rose et mangé dans le vieux Sèvres. Même près de toi, j'ai gardé des goûts simples.
— Oui! oui! fit Honoria, sans relever cette innocente épigramme, je connais cet air-là : Une chaumière et un cœur; c'est ce que chantent cessâmes à l'Opéra-Comique ; mais va, je te prie, les voir dans les entractes, et tu m'en diras des nouvelles.
— A quand les débuts? demanda Flavio assez gaiement.
— Rieri n'est encore décidé, Dieu merci, répondit Hélène.
— Du 1 er au 5 juin, interrompit Honoria. On doit reprendre Robert. Hélène jouera le rôle d'Alice, vous verrez comme elle vous chantera la ballade :
Quand je quittai la Normandie.
C'est son pays, d'ailleurs, la Normandie! ça l'intéressera; n'est-ce pas, Hélène? Voyons, chère, Panofka, ton oracle, m'a dit que tu avais chanté hier avec un goût exquis.... répète-nous deux couplets, je te le demande pour M. d'Auriac. C'est un connaisseur : s'il est content, tout le monde le sera, et le lendemain de ta première soirée tu recevras un bouquet monstre et un sonnet délicieux.... comme celui que vous avez fait il y a un an pour Irène, mon cher poète.... Il était vraiment charmant! »
Et Honoria, prenant sa nièce parla main, l'amena devant le piano tout ouvert.
Hélène avait une voix d'une étendue médiocre, un peu faible peut-être, mais d'un timbre charmant: la nature lui avait donné le sentiment, et son maître, le goût; malgré sa tristesse et son inquiétude, elle éprouvait un vrai bonheur à chanter devant l'homme qu'elle aimait; elle chanta pour lui et mit toute son âme dans sa musique ; mais peu à peu l'émotion puissante la gagna, et son dernier appel à Raimbaud s'éteignit dans un sanglot.
« Si tu chantes comme cela, tu enlèveras la salle! » dit Honoria, qui ne voyait là qu'un effet de scène.
Flavio prit la main d'Hélène et la baisa.
« Maintenant, dit-il, je vais me mettre à improviser mon sonnet, et courir de ce pas commander les bouquets. »
Quand les deux femmes furent seules : « Tu m'a-
vais promis cependant d'être plus discrète, dit Hélène à sa tante d'un ton de doux reproche. A quoi bon parler ainsi d une chose qui n'est rien moins que certaine? Ce début n'aura peut-être jamais lieu.
— Au contraire ! il aura lieu dans trois semaines, certainement.... J'ai vu notre directeur ce matin; les robes d'Isabelle sont commandées ; on va bientôt s'occuper de tes costumes.... Quelle délicieuse paysanne tu feras..... à l'Opéra... dans trois semaines!... Un grand jour, ma nièce, un très-grand jour !
— Je crois que je n'oserai jamais !
— Ah! Ton n'ose jamais la veille; mais au moment suprême, quand il faut, on ose toujours !
— >"importc! tu n'aurais pas dû parler ainsi devant M. d'Auriac ...
— Au contraire ! j'ai bien fait.... car je sais tout, quoique tu ne me dises rien.... Je te blâme ou je te plains.... Je ne sais pas encore lequel des deux.... M. d'Auriac n'a jamais été riche, et je crois sa fortune plus dérangée que jamais.... C'est ton affaire, diras-tu, mais c'est un peu la mienne aussi.... Enfin, la glace est rompue, et maintenant, s'il a quelque chose à dire, il le dira.... Tu ne veux pas être sa maîtresse, j'imagine?..*
— Oh!
— Eh bien alors, j'ai raison, cerît fois pour une. Quand c'est pour le bon motif, on ne peut jamais parler trop tôt.... Quand c'est pour l'autre, c'est
différent!... Ou il t'aime assez pour t'épouser, ou non.... Raisonne un peu ! Dans tous les cas, il faut que tu le saches, et que tu prennes un parti ; tu as dix-neuf ans, un peu de talent, beaucoup de beauté et pas de dot !... La situation est grave, ma nièce, très-grave! Mais je t'aime. . . . et nous sommes deux rapporte-t'en à moi, et surtout ne pleure pas. I^es larmes ne vont bien qu'aux yeux bleus. Il faut que tu sois très-belle ce soir ; tu sais que nous allons voir la Ristori dans Mura.... ton directeur sera dans ma loge. A propos, as-tu dit à 31. d'Auriac où nous allions?
— Non! dit Hélène en rougissant un peu.
— Alors il ne le sait pas?.,, tant mieux !
— C'est que....
— Quoi?
— Le coupon de la loge est sur la cheminée....
et • • • •
— Et tu le lui as montré?
— Non, ma tante.... c'est lui qui l'a regardé tout seul !
— Fiez-vous donc aux ingénues î » dit Honoria en levant son doigt mignon.
Vers la fin du spectacle, Flavio parut un instant au balcon des Italiens, et alla saluer Honoria qui tenait cour plérrière dans sa loge. Hélène lui tendit la main et sentit avec terreur qu'il lui glissait entre le gant et le mouchoir un petit papier plié serré,
long, étroit et mince. Les facteurs de la poste ne distribuent guère de dépêches dans ce format ; mais on assure que, chaque soir d'hiver, les gants gris-perle et les gants blancs en échangent quelques-unes en contrebande, sans acquitter les droits du trésor.
« Unelettre, l'imprudent! murmura la jeune fille à voix basse. Je crois que c'est mal, ce qu'il fait là; mais, si jelalui rends, il va se lâcher.... et puis, cela lui fera de la peine.... et si matante voyait quelque chose.... Oh! ma tante n'est pas juste pour M. d'Auriac! et le major. qui me regarde! » Hélène serra, dans une pression toute nerveuse,' le bout des doigts de Flavio, réduisit encore le volume de son petit papier, et, avec cette habileté de prestidigitation que les femmes n'ont pas besoin d'apprendre chez Robert Houdin, elle fit d'une seule main passer le billet dans son gant, n'écouta plus la Ristori, et trouva qu'Alfieri avait fait son cinquième acte un peu trop long.
Pendant Je trajet de la salle Ventadour à la rue du Helder, le billet voyagea deux fois d'une main dans Vautre, et enfin alla se cacher mystérieusement dans les plis du corsage. « Cela brûle ! » disaitelle en descendant de voilure.
A peine arrivée dans sa chambre, elle dit qu'elle se déferait seule, et renvoya la camériste; elle poussa le verrou, prit la lettre, examina le cachet de cire verte qui portait la devise de Gœthe ; Mil
Ernst und Liebe!... « Quelle vilaine langue que l'allemand.... quand on ne le comprend pas ! » lit-elle avec un mouvement d'épaules d'enfant boudeur que Flavio eût trouvé charmant, mais que personne ne vit. . . . Elle froissa brusquement l'empreinte mystérieuse, ouvrit la lettre en tremblant un peu, la baisa, puis la remit sur la cheminée sans la lire.... « Je n'ose pas!... se dit-elle à demi- voix.... Je suis sûre pourtant que je sais d'avance ce qu'il veut me dire.... Il va me demander de l'épouser.... Cher Flavio î comme il doit bien écrire!... Je ne saurai jamais lui répondre.... Mais qu'il est donc imprudent de me donner ainsi une lettre en plein théâtre I... et si je n'avais pas voulu la prendre?... Ah! il savait bien que je voudrais.... ne sait-il pas que je l'aime?... je n'ai pas eu besoin de le*lui dire.... il l'a vu.... Et comme je l'ai vite aimé ! » ajouta-t-elle avec ce sourire de tendresse ineffable qui semble éclairer le visage d'une femme. ... Elle reprit la lettre et la cacha sous son oreiller... « Pas encore! » ditelle. Elledégrafa sa robe.... un rayon de lumière qui tremblait dans la glace vint miroiter dans la fossette blanche de son épaule nue ; elle dénoua ses longs cheveux noirs, et les roulant sous le petit bonnet : « Je crois, pensa-t-elle, qu'il aime mes cheveux, car j'ai remarqué qu'il les regardait souvent. ...» Un fris* son l'agita, et vile elle se coula sous la couverture. « Cher Flavio! c'est maintenant que je vais pouvoir
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te lire ! » Elle déplia la lettre.... « Oh ! comme elle est courte ! » dit-elle en voyant que l'écriture mince et fine ne couvrait qu'une demi-page.
« Chère Hélène, écrivait Flavio, je suis encore tout troublé de ce que j'ai appris ce matin.... Je vous en conjure, si je puis quelque chose sur vous, n'entrez pas au théâtre! Vous ne savez pas, vous, jeune et pure, quelles sont les angoisses de cette vie, qui brille mais qui dévore; les planches vous brûleront les pieds.... Adieu le repos, le calme, l'existence paisible et le bonheur caché, dont vous êtes digne, et pour lequel vous êtes faite. Le théâtre, chère Hélène, c'est l'enfer des femmes; si vous saviez ce que la gloire y coûte et de quel prix s'y paye le succès.... La rampe qui vous flétrit le visage vous dessèche le cœur. . . . Dans un an vous n'aurez plus qu'un caillou dans la poitrine et du fard sur les joues. Au nom des plus belles espérances de votre vie chaste et honnête, tout, tout plutôt que le théâtre 1
« Hélène, je ne parle que de vous; mais je vous ain e assez pour que vous me permettiez un peu d egoïsme.... Eh bien, je ne puis pas vous dire ce que je souffrirai si je vous vois jamais sur la scène .... Je ne suis pas parfait.... j'ai déjà souffert, et j'ai l'âme inquiète. Je suis jaloux!.... Si la femme que j'aimerais.... et qui m'aimerait, vivait près de moi, au milieu de la famille qui protège, entourée des enfants qui gardent, alors même, malgré tout cela,
sans sujet, sans motif, parfois peut-être je sentirais en moi des troubles profonds et lents à s'apaiser.... Que serait-ce, si je vous savais, — car cette femme c'est vous , Hélène ! — si je vous savais à chaque heure entourée de séductions et de périls, sans pouvoir ni vous avertir ni vous défendre, aussi malheureux de vos triomphes que de vos revers? Oh! rien que d'y penser, je frémis. > T e prenez donc pas de résolution : elle serait irrévocable. Que ce début n'ait pas lieu ; il ne faut pas que vous paraissiez sur la scène, ne fût-ce que pour la traverser en courant. Rien ne vous presse : attendez ! A votre âge, la vie est si longue et l'espérance si helle!... l'avenir ne vous manquera pas, car il y a un homme qui vous aime, uniquement.... ardemment. »
Hélène relut deux fois cette lettre, qui la rendit rêveuse : à vrai dire, elle ne lui apprenait rien ; depuis longtemps elle connaissait l'amour de M. d'Auriac ; mais, quoiqu'il l'eût toujours entourée du respect le plus délicat,' jamais entre eux le moindre mot de mariage n'avait été prononcé, et, si persuadée qu'elle fût des sentiments de Flavio, elle ignorait toujours ses véritables intentions. La lettre qu'elle avait maintenant entre les mains n'était point de nature à les éclaircir. Elle exprimait cependant l'âme tout entière du jeune homme, à la fois passionnée et irrésolue. M. d'Auriac portait la peine des dissipations de sa jeunesse, cl il semblait
condamné à cette vie au jour le jour, qui n'ose pas regarder le lendemain : ce n'est pas ainsi qu'on se dispose à entrer en ménage.
Hélène recommençait sa troisième lecture, quand elle fut interrompue par le bruit secd une clef tournant dans une serrure. Elle eut ce frisson nerveux que plus #une dormeuse a connu peut-être, en entendant frapper à sa porte qui veut rester sourde. * Le verrou était poussé, la porte résista.
« Ah ! lu t'enfermes, maintenant? dit la voix caressante d'Honoria.
— Jamais pour toi ! » reprit Hélène en sautant à bas du lit ; et, enfonçant la lettre sous la couverture, elle courut à la porte, qu'elle ouvrit.
Honoria parut, drapée dans sa robe de chambre de cachemire blanc, et traînant sa babouche orientale, qui ne tenait guère à son petit pied nu.
« Recouche-toi ! dit-elle à la jeune fille, qui restaitdehout et tremblante auprès d'elle. Tu prendras froid et tu chanteras mal la romance à monsieur. . . . ,Sais-tu pourtant, chère belle, que tu abuses de les vingt ans et de tes beaux yeux? Comment! deux heures du matin et tu lis encore.... Sans doute c'est ton rôle que tu repasses? mais c'est par trop de zèle, mademoiselle, et je ne veux pas qu'on se fatigue.
— Je t'assure que tu te trompes, dit Hélène, qui rougit ; je n'étudiais pas le moindre rôle.
5t LA ROSE BLANCHE.
— En effet, cela m'auraitsurprisc, dit la chanteuse en riant et Rasseyant sur le pied du lit; tu lisais donc un roman de madame Sand?
— Pas davantage !
— Alors c'était la lettre que M. d'Auriac a glissée tantôt dans ton mouchoir, pendant que la Ristori disait ce beau vers :
0 madré mia felice !
Il a mal choisi son temps, et t'a fait perdre un mouvement superbe : j'aime mieux la Ristori que Rachel ; c'est moins classique, mais c'ost plus nature Est-ce qu'il écrit bien, M. d'Auriac? passe-moi donc sa lettre !
— Mais, chère tante, je t'assure....
— Pauvre fille, fit Honoria avec un léger mouvement d'épaules, tu ne sais même pas mentir!
Hélène lui tendit la lettre.
— C'est de la viande creuse ! reprit-eile en lui rendant le papier ; cela ne dit rien : on ne sait pas ce. qu'il veut, il n'a pas l'air de le savoir lui-même. Dans tout cela, il n'y a de bon que le post-scriptum.
— Quel post-scriptum? il n'y en a pas, je n'en ai pasvu....
— C'est que tu n'as pas tourné la page, il estécril au crayon. Vois plutôt. »
Honoria reprit la lettre et lut ces deux lignes
écrites au verso de la page, d'une écriture microscopique.
« Défiez - vous d'Honoria ; je crois qu'elle ne m'aime guère, et elle est fine comme l'ambre. »
Elle rejeta la lettre sur le lit.
« Ce cher M. d'Auriac, comme il méjuge! il a tort, car je suis sa meilleure amie. Maintenant, adieu ! tâche de dormir et de ne pas trop rêver de lui. N'oublie pas surtout que c'est demain ta première répétition. A demain les affaires sérieuses ! »
Honoria prit le bougeoir d'Hélène, et se retira à petits pas, en perdant deux ou trois fois ses babouches.
Hélène ne débuta point. La prima donna pour laquelle on voulait remonter Robert sentit le besoin d'aller faire un tour en Italie, et tout fut ajourné. Honoria refusa les offres généreuses du magnifique directeur, qui voulait racheter son congé. Elle s'ennuyait d'être prosaïquement traînée par des chevaux : elle prit donc la résolution de donner quelques représentations à New- York, pour avoir un attelage de sénateurs.
Le moment n'était pas mal choisi : les roulades de Jenny Lind vénaient de s'assoupir dans le doux silence des félicités conjugales ; la chanteuse suédoise se taisait dans son bonheur, comme le rossignol à midi. Assise près du piano fermé, la main dans la main et le front sur l'épaule du cher Goldschmit, elle regardait sa lune de miel monter dans le
ciel bleu* du mariage d'amour. Les États-Unis voulaient des ariettes françaises ; les présages étaient bons, et tout annonçait que l'on pourrait en quelques mois cueillir des dollars et des bravos. Un lieutenant de Barnum vint à Paris : on signa, et les journaux annoncèrent dans un entre-filet, rédigé pompeusement par le feuilletoniste musical, le départ très-prochain de la célèbre chanteuse. Honoria voulut donner un bal d'adieux : c'est assez l'usage parmi ces dames. Son bal fut brillant. La grosse finance y fraternisait avec la littérature légère, pendant que la jeune diplomatie coudoyait les beauxarts. On ne connaissait pas encore l'expression maintenant consacrée de demi-monde, cette province aux frontières vagues dont la géographie, si l'on en croit M. Sainte-Beuve, est fixée pour lë moment. Mais la plus aimable moitié du genre humain n'en était pas moins fort élégamment représentée dans les salons de la rue du Helder. C'était d'abord l'aristocratie des grands théâtres, traînant à sa suite un cortège d'adorateurs, quelques baronnes non vérifiées, deux ou trois comtesses douteuses, des veuves qui n'avaient pas été mariées, de belles voyageuses qui revenaient de Russie avec des diamants. Tout cela, du reste, mis à ravir, et avec un luxe dont les femmes du vrai monde ne peuvent plus approcher qu'en ruinant leur unique mari.
Au jugement de tous et de toutes, notez ce dernier
point! Honoria était la reine de ces princesses. Elle avait posé sur ses cheveux blonds une aigrette de saphirs, que le prince Tuff..., bien connu du boulevard qui soupe, lui avait laissée par testament, en témoignage de son admiration désintéressée pour la musique classique.
A demi cachées dans sa coiffure vaporeuse, ces pierres aux feux délicats répandaient autour de sa tète je ne sais quelle douce lueur d'étoile ; elle était vraiment charmante, et pouvait croire sincères au moins la moitié des compliments qu'on lui faisait.
Hélène, au milieu de ces toilettes éclatantes et parfois un peu tapageuses, brillait par sa simplicité de pensionnaire. Elle avait une modeste robe blanche, avec des nœuds bleu pâle au bras, au sein et a la ceinture : Flavio aimait le bleu. Rien de plus! Le matin même, elle avait renvoyé au prince Max une parure de ces beaux diamants des monts Ourals, dont chaque pointe lance un rayon d'azur, et que Ton ne trouve que dans le seul écrin des Russes. Le prince les avait offerts à la jeune fille à l'occasion de son début prochain.
« Je ne débute plus ! lui répondit-elle simplement; et ce que pouvait accepter l'actrice, la jeune fdle le doit refuser. »
Le prince comprit et ne se fâcha point : l'aimable Hélène vint au bal sans diamants. Mais elle avait pour parure ce que l'on n'achète point chez l'or-