LE RENARD ET- LE CORBEAU
Un agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un loup survint à jeun qui cherchait aventure. Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?
Dit cet animal plein de rage; ïu seras châtié de ta témérité.
— Sire, répond l'agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je vas me désaltérant Dans le courant Plus de vingt pas au-dessous d'elle Et que par conséquent, en aucune façon
Ja ne puis troubler sa boisson.
Parlé.
Je ne'me rappelle plus.
LE COMTE
« Tu la troubles, reprit...
JULIETTE
— Tu la troubles 1 reprit cette bête cruelle. Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
— Gomment l'aurais-je fait, si je n'étais pas né? Reprit l'agneau : je tette encor ma mère.
— Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?
— Je n'en ai point. — C'est donc quelqu'un des tiens,
Car vous ne m'épargnez guère Vous, vos bergers et vos chiens .
On me l'a dit, il faut que je me venge.
Là-dessus au fond des forêts, Le loup l'emporte et puis le mange Sans autre forme de procès.
L A COMTESSE
C'est parfait ! Brava ! Brava !
LE COMTE
Et c'est dit !.=.
LA COMTESSE
Avec un naturel !
Maintenant, tu vas nouslaisser. Il ne pleut plus... Va jouer dans le jardin.
JULIETTE
Je n'ai pas envie de jouer...
LA COMTESSE
Ni de voir la rose bleue?...
LE COMTE
Quoi... vous ....?
LA COMTESSE
Mademoiselle Juliette va rester ici, et vous allez me montrer votre collection de roses. Vous savez si je les aime...
LE COMTE
Très volontiers.
LA COMTESSE
Allons !Au revoir, mademoiselle Juliette... Voulez-vous venir m'embrasser ?
JULIETTE
Avec plaisir.
LA COMTESSE, sortant avec le comte.
Elle est charmante... Et d'une distinction !...