‹ La rose chez les différents peuples, anciens et modernes; description, culture et propriété des rosesChapitre 5 sur 79 · ES · texte numérisé non relu

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En Théssalie, les mavicicitiés employaieñt la rose dans 14 composition de leurs philtres.

Dans les fêtes de Fhymen à Athénes, les jeunes gens des deux sexes, couronnés de Roses et parés de fleurs, formaient des danses qui avaient pour objet de péindre l’innocence des premiers temps.

Dans les fêtes de Junon à Argos, la déesse était représentée couronnée de lis et de Roses.

Les Romains aimaient passionnément les Roses, et les recherchaient particulièrement pendant l'hiver.

Les plus délicats les faisaient venir à grands frais de l'Egypte et des pays ler plus Éioines à ils oh couvraient leurs chapeaux, leur lits, leurs buffets ; et dans le temps méme de la république, ils n'étaient pas contents, dit Pacatus, si les Roses ne nageaient sur le vin de Fa- Jerne qu’on leur présentait. |

Ce n’est que sous le rêgne de Do-

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mitien qu’on a trouvé à Rome le secret de faire fleurir les Rosiers eo l'hiver. Alors dans toutes es rues, dit à ce sujet Martial, on respirait l'odeur du printemps que répandaient les fleurs fraichement tressées en guirlandes. « Envoyeznous du blé, Egyptiens, nous vous donnerons des Roses. »

Malgré l’austérité des Lacédémoniens, leurs soldats poussérent si loin la sensualité après la campagne de Cirra, qu'ils ne voulurent plus boire que du vin parfumé.

Antiochus, lorsqu'il se livrait à la volupté, couchait sur des Roses pendant l'hiver, sous des tentes d’or et de soie; l’empereur Galien dormait sous des berceaux de Roses; Verrés se tenait assis sur un carreau parfumé de Roses, et approchait sans cesse de ses narines des sachets pleins de Roses; Théorius buvait au milieu des Roses; Marc-Antoine en

mourant, demanda à Cléopâtre d'en couvrir sa tombe.

Une couronne de Roses etait la marque de la galanterie ; Horacene ___ les oublie jamais dans les inscriptions de ses repas agréables.

Et qui peut refuser un hommage à la Rose!

La Rose dont Vénus compose ses bouquets,

Le printemps sa guirlande et l'amour ses bosquets ; Qu’Anacréon chanta, qui formait, avec grâce,

Dans les jours de festin la couronne d'Horace.

Les Romains appelaient leurs maitresses du nom de Rose, ma

belle amie, mea Rosa.

Dans les jeux publics, chez les

Romains, les sénateurs, les spectateurs distingués, et quelquefois méme les acteurs, recevaient de la main des Idiles, des couronnes de Roses; à la guerre, leurs armes et leurs boucliers étaient ornés de Roses peintes ou ciselées, el cette fleur

élait l'emblème du triomphe ainsi que le laurier.

A son retour d'Afrique, Publius Cornélius Scipion, le seul qui devait triompher &’Annibal, ordonna que les soldats de la huitièmé légion, qui avaient les premiers pénétré dans le camp des’ennemis et arraché les trophées du général carthaginois , portassent à la main un faisceau de Roses le jour du triomphe, et que même à l’avenir il en eussent de figurées sur leurs boucliers. Plus tard, lorsqu’aprés avoir enfin renversé Carthage, Scipion Emilien revenait à Rome, il voulut que les soldats de la onzième légion, qui, eux aussi, s’étaient montrés, avant tous, sur les remparts dela ville assiégée, eussent leurs boucliers et leurs armes décorées de Roses. Cette fleur, qui parait le char triomphal de Scipion luimême, était une sorte d’éloquence

qui proclamait la victoire de Rome sur sa rivale africaine.

Homére orne de Roses le bouclier d'Achille , aussi bien que le casque d’Hector et d'Enée.

La Rose a toujours paré les tombeaux. Les Romains et les Grecs consacraient , par testament, des jardins qui devaient fournir des ileurs à leurs cénotaphes, et celui qui aurait violé ces jardins se serait rendu coupable d’un grand crime.

Quelquefois encore le testament prescrivait aux héritiers de se réunir tous les ans, au jour anniversaire de la mort du testateur, pour diner prés de son tombeau, et d’y paraitre couverts de Roses cueillies dans la plantation sépulcrale. On bâtissait dans l’enceinte des jardins un logement destiné à recevoir un esclave, dont l'unique occupation était de venir, à des époques fixes, orner de guirlandes les tombeaux. Une loi romaine défendait de décorer les

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funérailles ; mais les décemvirs avaient excepté de cette prohibition la couronne de Roses, destinée à couvrir la tête du défunt.

On voit à Torcallo, prés de Venise, une inscription portant donaton, de la part d’un affranchi, au collége de Centanei, des revenus du jardin et d’un palais, pour servir à célébrer ses obsèques et celles de son maitre.

On lit dans des épitaphes anciennes que les parents s’engageaient à aller tous les ans répandre des Roses sur des tombes. On en voit même de sculptées sur des tombeaux.

Dans la collection des pierres gravées de Sfoch, on voit sur un grenat un papillon posé sur une Rose.

Cet embléme ingénieux peut désigner encore une jeune fille morte dans l’âge des grâces et des plaisirs.

En Turquie on sculpte une Rose sur le tombeau des jeunes filles.

En Pologne on couvre de Roses le cercueil desenfants, et lorsque le convoi passe, on jette, des fenêtres, une quantité de Roses.

Dans les cimetières de l’Indoustan, on voit souvent le matin, avant le lever du soleil, l’arbrisseau qui indique la place où repose un Indou, orné d’une guirlande de Roses à demi-épanouies.

Dans quelques provincesde France on renouvelle chaque jour les fleurs qu’on répand sur les tombeaux. Cet usage existe aussi en Allemagne, en Suisseeten plusieursautresendroits.

Du bon Helvétien qui ne connait l'usage!

Près d’une eau murmurante, au fond d’un vert bocage Il place les tombeaux, il les couvre de fleurs ; Par leur douce culture il charme ses douleurs; Et semble respirer, quand sa main les arrose, ‘âme de son ami, dans l'odeur d'une Rose.

DeuiLce.

On a représenté dans un joli bas-

relief, sur le tomheau de madame de la Live, morte à vingt ans, le temps moissonnant une Rose.

A Baies, lorsqu'on donnait des fêtes sur l’eau , tout le lac Lucrin paraissait couvert de Roses.

On appelait Smindride le Sybarite que Île pli d’une feuille de Rose empéchait de dormir. |

Suivant la mythologie indienne, Pagodasiri, l’une des femmes dé Wistnou , fut trouvée dans une Rose,

Zorosstre ayant fait croitre surle-champ un cyprès, en présence de Darius, celui-ci lui demanda d'autres prodiges, et Zoroasire, pour le salisfaire, fit des conjurations dans lesquelles entrèrent une grenade et une Rose.

Quelques auteurs ont avancé que l'escarbot avait une telle antipathie pour les Roses, que la seule odeur de celle fleur lui causait la mort.

C’est sans doute d’après cette asser-

tionque les anciens, voulant dépeindre un homme énervé par la volupté, le représentaient sous lPallégorie d'un scarabé expirant sous des Roses.

On lit dans Piliade que le corps d'Hector fut embaumé par Vénus elle-même, avec un parfum mêlé de Roses.

En Grèce, à Babylone et à Rome, on faisait le plus grand cas des chaussures dont la peau avait été préparée à l'odeur des Roses.

L'antiquité offre plusieurs cxemles de morts subiles causées par ‘imprudence de dormir ou de se renfermer dans un endroit où se trouve une trop grande quantité de Roses. Ces événements firentsouvent jeter Les hauts cris contre l'usage des toses, qui devient pernicieux quand on en abuse. Aristippe, respirant un jour le parfum d’une rose, éprouyait une jouissance si délicieuse, qu'il s'écria : « Maudils soient les

efféminés qui ont fait décrier de si douces sensations ! »

Un commerçant de Neucratie, nommé Hérostrate , avait acheté à Paphos, une statue de Vénus avec laquelle il se mit en mer. Une tempête furieuse s'étant élevée sur les côtes d'Egypte, les matelotseffrayés se jetérent aux pieds de la déesse et implorèrent son secours ; elle accueillit leurs prières : lon vit aussitôt la statue se couvrir de myrtes et de Roses, et les nuages épais qui s'étaient amoncelés autour du vaisseau se dissipérent pour laisser apercevoir un ciel pur et azuré.

Hérostrate de retour dans sa patrie, consacra sa statue protectrice dans le temple de Vénus, et témoigna sa reconnaissance par des sacrifices pompeux. Ses amis furent invités à un repas splendide, et des couronnes de myrte et de Roses leur furent distribuées. Ces couronnes reeurent le nom de Neucratites.

Abdulkadri , personnage fameux chez les Turcs, avait le dessein de s'établir à Babylone; mais on n’avait aucune envie de l’y recevoir ; cependant, pour ne point blesser les lois de l'hospitalité, en le lui déclarant ouvertement, les principaux habitants imaginérent d'aller au devant de lui avec un vase rempli d’eau, voulant lui faire comprendre, par cette espèce FA. AVI que, comme ce vase était plein jusqu'au bord, et qu’on n’y pouvait rien ajouter, de même leur ville était si remplie de savants et de poëtes, qu’elle n’en pouvait contenir davantage. Abdulkadri saisit parfaitement leur intention : pour toute réponse, il ramassa une feuille de Rose, la posa doucement sur la surface de l’eau contenue dans le vase, leur faisant voir qu’elle y tenait sa pe sans déborder l’eau , quoique e vase fût plein. Ce trait ingénieux plut tellement aux Babyloniens,

qu'ils meénérent Abdulkadri en triomphe dans leur ville: |

Dans l’un des livres attribués à Salomon, la sagesse éternelle est comparée aux plantations de Rosiers qu'on voyait près Jéricho.

Hérodote dit que dans les jardins de Mides, fils de Gordius, il y avait des Roses à soixante feuilles qui croissaient d’elles-mêmes ; et qui avaient un parfum plus suave qu’aucune autre.

L'histoire du Mogol rapporte que la céiébre princesse Nourmahal fit remplir d'eau de Roses tout un canal, et qu'elle s’y promena avec le grand Mogol; la chaleur du soleil ayant dégagé de leau de Roses l'huile essentielle qu’elle contient, on remarqua cette substance qui fiottait à la surface de l’eau, et c’est ainsi, dit-on, que se fit la découverte de l'essence de Roses.

L'empereur Héliogabale fit remplir un vivier fout entier d'eau de Roses.

Saladin ayant pris Jérusalem en 1188, ne voulut entrer dans la mosquée du temple, convertie en église par les chrétiens, qu’aprés avoir fait laver les murs avec de l'eau de Roses, et cinq cents chameaux suffirent à peine, dit Sanut, pour transporter toute celle qu'on empioya dans cette occasion.

Après la prise de Constantinople par Mabomet IF, le 29 mai 1455, l'église de Sainte-Sophie fut aussi lavée avec de Peau de Roses avant d’être convertie en mosquée,

Jadis on portait aux baptêmes de grands vases remplis d’eau. de Roses. Bayle rapporte à ce sujet, qu’à la naissance de Ronsard, la nourrice, en chemin pour aller à l'église, le laissa tomber sur un {as de fleurs, et que la femme qui tenait le vase de Roses le répandit sur lenfant.

Cette circonstance fut regardée comme un heureux présage de la bonne odeur que devaient un jour répandre ses poésies,

Ronsard fut le poëte le plus en réputation sous le règne de Henri IT ; il mourut en 1585. On a de lui des vers extrêmement médiocres, pour ne point dire mauvais; mais il en composa sur la Rose qui, en se reportant à l’époque où ils furent : faits, méritent de trouver place ici :

Mignonne, allons voir si la Rose, Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au soleil,

N'a point perdu cette vesprée,

Les plis de sa robe pourprée

Et son teint au vôtre pareil.

Las: voyez comme en peu d'espace; Mignonne, elle a dessus la place, Las! las! ses beautés laissé choir !

Oh ! vraiment, marätre nature, Puisqu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusqu'au soir,

Donc si vous me croyez, mignonne, 2 Tandis que votre âge {leuronne

En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez votre jeunesse ; Comme à cette fleur, la vieillesse Fera ternir votre beauté.

Ce poëte ayant remporté le premier prix des Jeux Floraux,recut, au lieu d’une églantine d’or, une minerve d'argent dont il fit présent au roi. Marie Stuart, reine d'Ecosse, l’aimait tellement, qu'elle lui envoya un magnifique Rosier d’argent, qui valait deux mille écus, avec cette inscription :

Ronsard, l’Arollon de la source des muses.

M. de Haller dit qu’on distille dans les Indes une huile essentielle de Roses extrêmement précieuse, et qui sert de présent de souverain à souverain.

. Dans les environs de Faïoum, en Egypte, on cultive le Rosier en massifs immenses, et l’eau qu'on lire de sa fleur odorante, forme une branche précieuse de commerce.

Dans les visites de cérémonie, on la répand à flots sur le visage et les mains des assistants.

Dans les champs où fut Sparte, entre les murs d'Athenes,

Aux poétiques Lords d'Argos et €e Mycènes,

Une Rose odoxrante tale sa Llarcheur,

Et sur leurs grands débris laisse courir sa fleur.

Son huile précieuse aux reines ré-crvée,

Et dans des flacons d’or, avec soin conservée,

Surpasse le nectar dont jadis ces beaux lieux

Fivent aussi présent à la table des Dieux,

2, Le grand-prêtre, chez les Hé- Peh PL. breux, ornaïit de Roses son front dans les sacrifices.

Vo42 Le Synode de Nimes, tenu dans le troisième siècle, enjoignait aux juifs de porter sur la poitrine une Rose, pour les distinguer des chrétiens, afin qu'ou n'eül pas poureux les mêmes égards.

Les juifs célébrentencore aujourd'hui une fête qu'ils appellent pdques fleuries ou pâques de Roses, dans laquelle ïls ornent avec des Roses leurs lampes, leurs chandeliers, leurs tables, leurs lis et autres meubles. j

On lit dansla vie de szinte Dorothée, qu’un ange lui donna un bouquet de Roses. C’est d'aprés cette tradition que cette sainte est toujours représentée tenant un bouquet de Roses.

Les premiers chrétiens blämérent l'emploi des fleurs; soit dans les festins, soit près des tombeaux, à cause des rapports qui se trouvaient, de cette maniére, exister entre le culte du vrai Dieu et la mythologie payenne. Tertulien a fait un livre contre les guirlandes et les couronnes. Clément d'Alexandrie trouvait mauvais que les chrétiens se couronnassent de Roses, lorsque Notre- Seigneur l’avait été d'épines.

Il y avait à Poitiers, dans l’abbaye de Sainte-Croix, une colonne qu'onavait élevée sur la tombed’un jeune homme, en mémoire d’un miracle. Le lendemain de son enterrement, on avait vu, dit-on, paraitre tout-à-coup, sur le lieu de sa

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sépulture, un Rosier couvert de Roses épanoules.

Après la mort de saint Louis, évéque, neveu du roi de France Louis XI, on vit, dit-on, sortir une Rose de sa bouche.

On voit à Rome, dans l’église Sainte - Suzanne, une vieille m:saïque qui représente Charlemagne à genoux, recevant de saint Pierre un étendard semé de Roses.

La Rose s’estrendue malheureusement célébre en Angleterre, dans les différents entre les maisons d’Yorck et de Laneastre. Sous le régne de Henri VE, en 1455, il y avait en Angleterre, un descendant d'Edouard IE, dont les droits à la couronne étaient fondés sur un degré plus prés de la souche connue, que la brancherégnante. Ce princeétait duc d’Yorck. Il portait sur son écu une Rose blanche, etle roi Henri VI, de la maison de Lancastre, portait une Rose rouge. C’est de là que vin-

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rent ces noms consacrés à la guerre civile. La bataille de Bolworth, donnée en 1485, et dans laquelle

érit Richard HI, mit fin aux désoations dont la Rose rouge et la Rose blanche avaientrempli l'Angleterre.

Clémence-Isaure fit des legs considérables, et ordonna qu’on répandit des Roses sur son tombeau, en présence de tous les amis deslettres, et qu'on distribuät dans cette fête, des prix aux poëtes qui se seraient le plus distingués. Au nombre de ceux décernés chaque année, par l'académie des Jeux Floraux, se trouve la Rose églantine.

Une société d'hommes de lettres se forma à Paris, au 48 siècle, sous le nom de société des Rosati. Les membres se réunissaient dans un lieu qu’ils appelaient Eden, ou le Bosquet des Roses, et chaque académicien n’était admis qu'autant qu'il avait, comme Horace, chanté cette fleur.

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L'ile de Rhodes doit son nom au grand nombre de roses que produit son territoire : les anciens disent qu'il y avait plu de ces fieurs lorsque Vénus s’y retira secrétement avec Apollon. On voit encore aujourd'hui, dans la campagne, un grand lerrain connu sous Île rom d'il mazzonne delle Biosa; ce champ portait jadis le nom de Rosatinus, à cause de la quantité prodigieuse de Roses qui y naissaient sans culture. Cet arbuste est três-commun dans plusieurs de nos provinces : Fortenai, célébré par l'auteur de P’Art d'aimer, a pris son surnom Ge la quantité de Roses qui croissent dans ses environs.

Quand Marie Antoinette passa par Nancy pour ses épousailles avec Louis XVE, alors dauphin, les Lorraips lui préparérent un lit parsemé de Roses...

La Pose était autrefois si précieuse , en France, que dans plu-

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sieurs endroits on ne pouvait, sans permission, cultiver le Rosier.

Charlemagnerecommanda la culture des Roses dans ses capituiaires,

En Allemagne une fille qui a prodigué à Pamour les faveurs réservées pour l’hymen , est forcée, le jour de son mariage, de mettre sur sa tête une couronne de Roses au lieu d’une couronne de myrte.

He Perses bouchent avec des Roses les flacons de vin qu’on met sur leur table, Ils célébrent aussi, vers l'équinoxe d'automne, une fétenommée dbrizsan, dans laauelle on 5e fait réciproquement des visites en se jetant des Roses à la figure.

En Italie les femmes nouvellemeént accouchées portent ordinairement un bouquet de rhue pour n’etre pas incommodées de l'odeur des Roses que peuvent porter les personnes qui les vieanent visiter,

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À Rome on bénissait la Rose le jour appelé Dominica in Rosa.

On rapporte au onzième ou douzième siècle l’origire de la coutume qu'avaient les papes de bénir une Rose d’or le quatrième dimanche du carême, pour en faire présent, en certaines circonstances, à quelque église, prince ou princesse.

Alexandre Il qui avait reçu les plus grands honneurs dans son voyage en France, envoya la Rose d'or à Louis le Jeune. Voici comment il s'exprime dans sa lettre au monarque Français : « Imitant la coutume de nos ancêtres, de porter dans leurs mains une Rose d’or le dimanche lætare, nous avons cru ne pouvoir la présenter à personne qui Ja méritât mieux que votre excellence, à cause de sa dévotion extraordinaire pour l'église et pour nous-même. »

Bientôt aprés les papes changérent cette galanterie en acte d’auto-

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rité, par lequel, en donnant la Rose d'or aux souverains , ils témoignaient les reconnaitre pour tels.

C’est ainsi qu'Urbain V donna, en 1568, la Rose d’or à Jeanne, reine de Sicile, préférablement au roi de Chypre. En 1418, Martin V consaera solennellement la Rose d’or, et la fit porter sous un dais superbe à l'empereur qui était alors au lit, Les cardinaux, les archevéques et les évêques, accompagnés d’une foule de peuple, la lui présentérent en pompe, et l'empereur s'étant fait mettre sur un trône, la recut avec beaucoup de dévotion, aux yeux de tout le public.

Henri VIII d'Angleterre, reçut aussi la Rose d’or de Jules IT et de Léon X.

Le pape Benoit XIII l’envoya à Violante de Bavière, belle sœur du grand duc de Toscane, Jean Gaston, dernier prince de la maison de Médicis.

Le pape l’accordait encore aux princes qui passaient à Rome, et l'usage était, 1l y a trente à quarante ans, de donner cinq cents louis à celui qui l'apportait de la part de sa sainteté; mais la Rose, ou pour mieux dire le Rosier, par son poids seul, valait quelquefois le double de cette somme.

Dans les vieilles coutumes d’Auvergne, d'Anjou, de Tours, de Lodunoiïs et du Maine, on voit que

dans les familles nobles, le pére qui avai des enfants mâles, ne donnait Ie plus souvent à sa fille, en la mariant, qu’un chapeau ou chapel de Roses. En Normandie les filles n'avaient aussi, pour toute légitime, qu'un chapel de roses; ainsi mariées elles n'avaient aucun droit à la succession de leurs pêre et mère; mais on pouvait les y rappeler par forme de legs.

Les filles portent encore aujourd'hui une guirlande ou couronne

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de Roses, lorsqu'elles vont à l’église pour y recevoir la bénédiction nuptiale ; mais dans l’ancienne coutume, ces guirlandes ou garlandes étaient d’or ou d'argent.

Tertulien et les autres péres de l'église, parlent de cette coutume de mariage.

À Lucy, près d'Auxerre, les jeu-nes garçons étaient tenus, le jour d’une noce, d'accompagner les époux, au nom de l’abbesse, avec un bâton d’églantier formant une crosse, ornée de rubans, et pour laquelle l'époux devait sept sous six deniers.

Parmi les anciens droits seigneuriaux, on trouve beaucoup de redevances de boïsseaux de Roses, pour la provision d’eau de Roses du seigneur.

Il existait à Gournay, sur Marne, un fief tenu à la charge d’un chapeau de roses à quatre rangées,

our servir tous les ans le jour de a Fête-Dieu,

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Jacques IE, roi d'Écosse , accorda la baronnie de Branksome, à sir Walter Scott, sans autre redevance qu'une rose rouge.

Souvent jadis, au lieu de nappes, on couvrait les tables de feuilles de Roses.

La Rose était le prix de la vertu

Roses À f ol “amnsla Tétede la Rosiere de Salency. —Tout le monde connaît l'institution de cette fêle qui avait pour objet de perpétuer, dansle cœur des jeunes filles, l'amour de la sagesse, de la piété et de tous les devoirsque la vertu impose. L'origine remonte

- jusqu'à Saint-Médard, évêque de Noyon, qui vivait dans le cinquième siècle du temps de Clovis, et qui mourut en 545. Cet évêque, qui était aussi seigneur de Salency , village à une demi-lieue de Noyon, avait imaginé de donner, tous les ans, à celle des filles de sa terre qui jouirait de la plus grande réputation de vertu, une somme de vingt-

cinq livres, et une couronne ou chapeau de Roses. Il perpétua cet établissement, en détachant des domaines’ de sa terre douze arpents, dont il affecta les revenus au payement des vingt-cinq livres, et frais accessoires de la cérémonie de la Rose.

Reine de nos jardins, Rose aux vives couleurs, Sois fière désormais d'être le prix des mœurs, Et de voir éclater tes beautés printanières

Sur le front ingénu des modestes bergères;

Sois plus {lattée encor de sevir en nos jours

De couronne aux vertus que de lit aux amours. La pomme à la plus belle, a dit l'antique usage; Un plus heureux a dit : la Rose à la plus sage.

La tradition assure que Saint Médard donna lui-même ce prix glorieux à l’une de ses sœurs, que la voix publique avait nommée pour être Rosière. On voit encore audessus de la chapelle de Saint Médard, située à l’une des extrémités du village de Salency, un tableau où ce Saint prélat est représenté en habits pontificaux, et . une

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couronne de Roses sur la {êle de sa sœur, qui est coiffée en cheveux et à genoux.

Per le titre de la fondation, il fallait non-seulement que la Rosière eùt une conduite irréprochable, mais que son pére, sa mére, ses fréres, ses sœurs et autres parents, en remontant jusqu’à la quatrième génération, fussent eux-mêmes irrépréhensibles.

Le seigneur de Salency jouissait seul du droit de choisir la Rosiére entre trois filles du village, qu’on lui présentait un mois d'avance, et l'examen se faisait avec limpartialité la plus sévére.

Le huit juin, jour de la fête de Saint Médard , le cortége se rendait en grande pompe à la paroisse, où il entendait vêpres, et delà à la chapelle de Saint Médard, où, après la bénédiction, le célébrant posait un chapeau de Roses, entouré d'un large ruban bleu, sur la tête de la

Rosiére qui était à genoux, et lui remetlait en même temps les vingtcinq livres, en présence du Seigneur el des officiers de justice.

Le ruban bleu ne fut ajouté au cbapeau que sous Louis XIE. Ce prince se trouvant au château de Varennes, prés de Saleney, fut supplié par par M. de Belloy, alors seigneur de ce dernier village, de faire couronner en son nom la Rosière; le roi y consentit, et envoya le marquis de Cordes, son premier capitaine des gardes, qui fit la cérémonie pour sa Majesté, et qui, par ses ordres, ajouta aux Roses une bague d’argent et un cordon bieu : « Allez, dit le roi au marquis, offrir ce cordon à celle qui sera couronnée. Il fut assez long-temps le prix de la faveur, qu'il devienne aujourd'hui la récompense de la vertu. » C'est depuis celte époque que la Rosière receyait celte bague, et qu'elie etses compagnes se décoraient du ruban.

Au sortir de l’église, le seigneur, ou son représentant, conduisait la Rosiére au milieu de la grande rue de Salency, où les vassaux du fief de la Rose étaient obligés de lui présenter une colation qui retraçait la simplicité des mœurs antiques et qui était une espèce de redevance.

La table était garnie d’une nappe, six assiettes, six serviettes deux couteaux, deux verres et une saliére pleine de sel. Les mets consistaient en un lot de vin clairet en deux pots, crû sur la côte du village, un demi lot d’eau fraiche, deux pains blancs d’un sou, cinquante noix et un fromage de trois sous.

Sur la fin, de ce sombre repas, les mêmes vassaux lui présentaient, par forme d’hommages un bouquet de fleurs, deux éteufs ou balles de jeu de paume, une fléche et un sifflet de corne, avec lequel l’un des censitaires sifflait trois fois avant que de l’offrir. Ils étaient obligésde

se HR satisfaire à toutes les servitudes, à peine de 60 sous d'amende.

Le repas étant achevé, toute l’assemblée se rendait dans la cour du château, sous un gros arbre, où le seigneur dansait le premier branle avec la Rosière. Ce bal champêtre finissait au coucher du soleil.

Le lendemain, dans l’après midi, la Rosière invitait chez elle toutes les filles du village, et leur donnait une grande colation, pendant laquelle on chantait des couplets, tels que ceux-ci :

Cette fille, dès sa jeunesse, Nourrit son père infirme et vieux; Elle n’a point d'autre noblesse, Point de parchemins, point d'aïeux :

La noblesse est bien quelque chose ; Mais elle n'est pas le vrai Lien:

La noblesse au vulgaire impose, Mais, sans la vertu, ce n’est rien.

On ne voit point sur son visage Briller la fleur de la beauté ; Mais dans une äme honnête et sage, Règnent la douceur la bonté ; La beauté c’est Lien quelque chose ;

sé: fa

Mais elle n’est pasle vrai bien :

Efle a tout l'éclat de la Rose ; L'éclat, sas la vertu, a’est rien.

Dans son parler est la simplesse, Qu'on ehérissait an bon vieux temps; De l'esprit et de la finesse Elle n'a point les agréments :

L'esprit est portant quelque chose; Mais l'esprit n'est pas le vrai bien :

Quelque forte qu'en soit la dose, L'esprit, sans la vertu, n’est rien.

Jamais clle n'apprit à lire Dass d'autres livres que son cœur; Ce livre a snfh pour l'instruire Du chemin qui mène au bonheur :

La science est bien quelque chose; Mais elle n’e:t pas le vrai bien:

A l'orgueil quand ellle dispose, El vaudrait mieux ne savoir rien.

La fête de la Rosière de Salency occasionna, en 1774, un procés qui fut porté au parlement de Paris.

Le seigneur d'alors se crut en droit de choisir la Rosière sans l'intermédiaire des habitants, de lui poser la couronne sur la tête sans pompe et sans cérémonie, et soutint que la dépense de la fête, quoique médio-

ne — cre, pouvait êlre de beaucoup réduite. Ces prétentions ridicules furent condamnées par le bailliage royal de Chauny qui fixa les régles pourlanomination de la Rosière, et l’ordre et la marche de la cérémonie, par sa sentence du 19 mai 1775; mais le seigneur de Salency ne crut point devoir céder : il appela de cette sentence au parlement de Paris qui, le 29 décembre 1774, rendit un arrêt solennel en faveur des habitants de Salency, homologua tout ce qui concernait la fête de la Rosièére, et condamna le seigneur à tous les dépens, ainsi qu'aux frais de l’impression et afliche de l'arrêt.

Dans un mémoire que M. Delacroix publia dans cette circonstance, il s'exprime en ces termes : La noblesse des Salenciens est celle de la Rose ; ils n'en connaissent point d'autres. La famille qui, depuis St. Médard, a vu le plus souvent ses rejetons couronnés, est la plus illus-

D tre parmi eux. Si les arts n'étaient pas les esclaves de l’opulence, ce serait une vue bien touchante que celle d’une chaumière de Salency, ornée d’une suite de tableaux représentant de jeunes Rosières parées d'un cordon bleu avec tous les attributs de leur couronnement. Ce spectacle vaudrait bien celui d'une galerie qui n'offre à nos regards que les superbes destructeurs du genre humain. il y'a si long-temps que l’on s’énorgueillit de la férocité de ses péres, qu’il serait à souhaiter que l’on commencçât à mettre une partie de sa gloire dans la sagesse de sa mére, »

D’autres fêtes de la Rose furent instituées à Canon, Briquebec, Saint- Sauveur-le-Vicomte, la Falaise, Saint-Nicolas d'Angers, Nanci, Saint-Nicolas de Nantes, Meau, Montricoux, Suresne, Romainville, elc., etc.

Pendant le séjour de Louis XVIII

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