‹ La rose chez les différents peuples, anciens et modernes; description, culture et propriété des rosesChapitre 7 sur 79 · MONOGRAPHIE · texte numérisé non relu

MONOGRAPHIE

des Moses.

Le ciel a permis qu’une des plus gracieuses créations du règne végétal, füt à peu près répandue sur tout le globe, et quoique le Rosier semble s'attacher de préférence à l'hémisphère septentrional, il pénètre cependant au-delà de la limite que lui avaient assignée primilivement les botanistes à la 20° pete , puisqu'il croit à San-

edro , au Mexique et dans l’Abyssinie, On le rencontre depuis les cd

tes de Barbarie jusqu’à celles de la baie d'Hudson ; sous le climat brûlant de l'Espagne, comme sous la zone glaciale du Kamtschatka; et lorsque sa fleur s’épanouit sur la neige qui couvre le sol du Groenland, elle parfume en même temps les bosquets de l'Inde, de la Perse et de l'Egypte. En Asie, c’est principalement dans la Chine et au Japon que les espèces et les variélés sont les plusmultipliées; en Europe, la France, les Pyrénées, les Alpes, la Suisse et l'Allemagne, forment les contrées privilégiées de la Rose.

Celle des champs ( Rosa arvensis}, couvre toute l'Europe ; celle des haies ( Rosa canina)se propage également en Europe, dans le nord de l'Amérique et dans celui de l'Asie.

Les Romains, qui vouérentun véritable culte aux Roses n’en connaissaient cependant qu'un petit nombre d'espèces, dont Pline nous a conseryé les noms.

« Les Roses les pius estimées, ditil, sont les Prénestines, puis les Coronéoles (notre rosier musqué à tiges rampantes), parce qu’on lesemploie particulièrement dans la composiion des couronnes. Quelques-uns ajoutent les Milésiennes (notre Rose de Provins), qui sont les plus fortes en couleur et qui n’ont que douze feuilles. La Trachinéenne (notre Rose incarnate), moinsrouge, vientaprés, La Rose dont on fait le moins de cas est l’Alabaude, dont les pétales sont blancs. La Spinéole (notre rosier épineux), qui offre plusieurs feuilles très-petites, n’est pas non plus fort recherchée. Nous possédons également lespèce à cent feuilles (notre Rose de Hollande), la Grecque (notre Rose des haies), que les grecs appellent Lichnis, qui est inodore, à cinq feuilles grandescomme celles du violier, et quine se plaitque dans les lieux humides; la Grécule, dont les pétales toujoursentortillés,

is

ne s'épanouissent jamais, à moins qu’on ne les ouvre avec la main; vient enfin l'espèce appelée Moscheuton , qui a des feuilles comme l'olivier, une tige comme la mauve.»

La Rose du mont Pangée, est notre Rose canelle. Les Roses de Campanie étaient les plus recherchées; les Romains s’en servaient pour la composition de leurs parfums les plus délicats.

Il parait que les anciens ne connurent point notre Rose jaune, ni même notre Rose blanche, à moins que cette derniére puisse être rapportée à leur Alabaude.

La forme du fruit du Rosier permet de répartir les espèces danstrois sections bien distinctes. La première comprendles Rosiers à Fruit globuleux ou rond ; la seconde, les Rosiers à Fruit presque globuleux; et la troisième, les Rosiers à Fruit ovale.

Nous négligerons ici cette classification , trop aride pour le cadre

dans lequel nous nous renfermons, et nous suivrons l’ordre dans lequel les Roses se présentent le plus naturellement à l'observation. Toutefois, afin d’aider les personnes qui voudraient les ranger méthodiquement, nous ferons précéder le nom du Rosier, d’un chiffre indiquant la section dans laquelle il faut placer l'espèce.

D'aprésnotre principe, nouscommencerons par la Rose à Cent feuilles, qu'il serait mieux d'appeler Rose à Cent pétales, et qui occupe le premier rang dans les jardins. C’est en effet à ses fleurs arrondies, brillantes et parfumées que les poëtes ont adressé leurs nombreux éloges; ce sont elles que les peintres ont choisies pour modéle, et que les fleuristes, ou fabricants de fleurs artificielies, imitent avec une si grande perfection, que l'œil peut souvent sy méprendre.

Un jour la Rose artificielle Voulant sur l'autre avoir le pas, Bui disait: — je suis aussi belle, Mais un jour ne me flétrit pas.

La beauté me prend pourparure, Je sers à relever sés dons ;

J'imite si bien la Nature,

Que j'ai trompé dés papillons,

— Ah! dit la Rose naturelle, 1 ma fraicheur passe en un jour, in seul bouton me renouvelle, J: renais encor pour l'Amour.

De ce bouton qui vient d'éclore, Tu n'imiles pasles couleurs; Oa n'a pas vu la tendre Aurore, Sur ton trépas verser des pleurs.

Page 1