LA ROSE DANS L ANCIEN ORIENT
Pour l’auteur du livre de la Sagesse, contemporain du fils de Sirach ou même postérieur1, cet usage poétique de la rose ne suffit plus ; comme un véritable anacréontiquc, il veut se couronner de roses :
Enivrons-nous de vin, s'écrie-t-il 2, parfumons-nous d'huile de senteur ; ne laissons pas passer la fleur du printemps ! Couronnons-nous de roses avant qu’elles se fanent.
Ce n’est pas là une simple amplification de rhétorique, c’était la constatation du goût si général alors pour une vie voluptueuse et pour les roses, qui en étaient comme l’accompagnement obligé. Florus raconte3 qu’Àntiochus, roi de Syrie, ayant envahi la Grèce, établit son camp en Eubée, aux bords murmurants de l’Euripe ; là, mollement installé sous des tentes d’or et de soie, entouré de joueurs d’instruments et d’une troupe de jeunes gens et de jeunes filles, afin que tout lui rappelât le luxe de sa patrie, il donna l’ordre de rassembler, quoiqu’on fût en hiver, des roses de tous côtés.
Le Talmud fournit également la preuve que la rose était, au commencement de notre ère, l’objet d’une grande culture en Judée. Le traité de Maaseroth fait mention d’un jardin près de Jérusalem, dans lequel croissaient de magnifiques figuiers, sur lesquels on