I.A IlOSK DANS l/ANTIQUlTÉ
forme première qu’en mangeant des fleurs de rose. Longtemps le remède promis semble s’éloigner de lui, mais enfin le temps de ses épreuves est terminé ; la mère des Dieux et des hommes, la Nature ellemême, vient lui annoncer sa prochaine délivrance. Le lendemain, au milieu de la foule réunie pour célébrer la fête de la déesse, il aperçoit le grand-prêtre qui tenait à la main une couronne de roses1 ; il s’approche, et, à peine a-t-il avidement saisi avec les dents et dévoré encore plus avidement cette couronne, qu’aussitôt il se voit débarrassé de son enveloppe difforme et reprend sa figure humaine : le charme qui l’avait métamorphosé est rompu par la vertu merveilleuse de la fleur divine.
Cette vertu attribuée ainsi h la rose, et à laquelle M. de Gubernatis 2 voudrait reconnaître un caractère mythique, a sans doute du moins une origine ancienne; dès l’époque la plus reculée on reconnut d’ailleurs à la fleur du rosier, de même qu’au rosier lui-même, cultivé ou sauvage, de nombreuses propriétés médicinales. « Elle vient en aide aux malades, dit le pseudo-Anacréon3, et protège même les morts. » Hippocrate la prescrit dans un grand nombre de cas, et, cinq siècles après lui, Celse n’en recommandait pas moins expressément l'emploi. Suivant Pline, elle
1. Metamovph. lib. XI, cap. 13. Coronam, quae rosis amœnis intcxta fulgurabat, avido ore susceptam, cupidus cupidissime devoravi. .. Protinus mihi delabitur deformis et lcrina faciès.