CHAPITRE PREMIER
CULTURE DE LA ROSE DANS l’oRIENT ET DANS l’oCCIDENT.
Les deux grands faits, qui ont changé la face du monde au commencement des temps modernes, l’avènement du christianisme et l’invasion des Barbares, font aussi époque dans l’histoire de la rose. Sa culture poussée si loin dans tout l’empire romain dut être, sinon abandonnée complètement, du moins négligée, au milieu des guerres presque continuelles qui le désolèrent. Une autre cause devait lui être fatale ; ce fut le discrédit dans lequel cette fleur charmante, mais profane, tomba auprès des partisans chaque jour plus nombreux du christianisme. Une religion, fondée sur la mortification de la chair, ne pouvait manquer de condamner l’usage que les paiiens faisaient de la rose ; n’était-elle pas d’ail-
LA ItOSE AU MOYEN AGE.
leurs associée aux pratiques d’un culte proscrit, comme aux plaisirs coupables d’une vie condamnée par les nouveaux croyants ?
C’est la ce qui explique le dédain dont la reine des fleurs (ut tout d abord l’objet auprès des chrétiens1. Mais cette opposition disparut bientôt avec l’abus qui l’avait fait naître et provoquée, et elle fera place a un sentiment où le symbolisme se mêlera avec je ne sais quoi de mystique et de respectueux chez les nations chrétiennes de l’Occident. Les destinées les plus brillantes étaient en même temps réservées à la rose chez les peuples musulmans.
Tandis que la culture de la rose avait été arrêtée pour longtemps, sinon détruite, en Europe, par les calamités et les troubles de l’invasion, elle prenait une extension chaque jour plus grande dans l'Asie antérieure. Nous l’avons vue se répandre avant notre ère dans tous les pays des bords de la Méditerranée ; elle s’étend maintenant des plaines de la Mésopotamie jusqu’au delà de l’IIindou-Ivouch et au Sindh.
La conquête arabe, qui détruisit l’ancienne civilisation hellénique dans l’Asie-Mineure et la Syrie, ainsi que la religion de Zoroastre et la civilisation persane dans l’Iran, ne porta pas atteinte, ou