‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 118 sur 391 · Ibn el-Beithar, op. laud., p · texte numérisé non relu

Ibn el-Beithar, op. laud., p

LA H08E AU MOYEN AGE

Quoique antérieur à Ibn el-Beithar, — il appartient au xnu sièele — , Ibn cl-Awam est bien mieux renseigné :

« Il y a, dit-il, d’après l’andalou Abou-el-Khaïr, une de ses principales autorités1, le rosier de montagne 2, le rosier rouge, le rosier blanc, tous deux à fleurs doubles, et le rosier de Chine3. La fleur du rosier de montagne est formée de cinq pétales. La rose double est la plus estimée de toutes las espèces ; elle se fend sans s'épanouir complètement ; elle est blanche, panachée d'un rouge plus foncé que celui de la rose de montagne ; elle se compose de cinquante pétales ou de quarante au moins. »

Jusqu’ici tout paraît aussi exact que vraisemblable; il n’en est pas de même de ce qui suit :

« Il y a en Orient, c'est toujours Abou el-Khaïr qui parle, la rose jaune et la rose bleue et une autre espèce dont les pétales sont rouges à l'extérieur et bleus à

1. Le livre de l’agriculture (Kitab-al-felah), traduit par J. -J. Clément-Mullet. Paris, 1864, in-8, vol. I, chap. VI, art. 26,

2. C’est, d’après Clément-Mullet, l’églantier, mais quelle espèce d’églantier ?

3. Clément-Mullet ne dit pas quelle était cette espèce de rose. Ibn el-Beilhar, op. laud., nos 2222 et 2282, parait dire que c'est la rose de chien, nisrin ou nasrin ; il est bien plus vraisemblable que la rose de Chine ( Ouard Sîny) est une tout autre plante, probablement une malvacée; Ibn el-Beithar donne lui-même le nom de rose ( Ouard J à la pivoine, la guimauve, l'anémone et à la renoncule.

CULTURE DE LA ROSE EN ORIENT 145

l’intérieur ; enfin une quatrième espèce dont les pétales, rouges à l’extérieur, sont d’un jaune blanc à l’intérieur. Cette espèce est cultivée dans les environs de Tripoli de Syrie. La rose jaune se trouve dans les parages d’Alexandrie. »

De ces deux dernières espèces, la première est incontestablement la rose capucine, la seconde est la rose jaune ordinaire ou soufrée. Mais que faut-il penser des roses bleues ou rouge bleu, dont parle Abou el-Khaïr1? Avant de répondre à cette question, voyons ce que Ibn el-Façel, autre botaniste du xi® siècle, cité aussi par el-Awam, dit de la rose et de sa culture :

« On connaît, suivant cet écrivain 2, quatre espèces de roses: la rose blanche camphrée3 ; elle est généralement connue sous le nom de rose double ; dans une seule fleur on compte plus de cent pétales ; la rose jaune, de la couleur du narcisse ; la rose violette foncée, la rose rouge, la blanche nuancée de rouge 4, dont le parfum est plus agréable et plus pénétrant que celui de la rose jaune et de la rose couleur foncée. »

1. Elles ont beaucoup embarrassé Loiseleur-Deslongchamps, qui ne connaissait que de seconde main et par extraits Ibn el-Awam. Voir son chap. sur la « Culture des roses chez les Maures d’Espagne ». Op. laud., p. 141.

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