‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 120 sur 391 · Le livre de l’agriculture , vol. I, p · texte numérisé non relu

Le livre de l’agriculture , vol. I, p

2. Le livre de l’agriculture , vol. I. cliap. "VI, art. 26, p- 2b2.

CULTURE DH LA MOS 15 EN ORIENT

aucun mélange de rouge, — on peut croire qu’il s’agit de la rose toujours verte (/?. sempervirens L.), indigène dans le midi de l’Europe et dans l’Afrique septentrionale, — et l’espèce à fleur rouge, connue sous le nom de «rose des Mages», laquelle, ajoutet-il, est la « rose d’Orient, du pays de Ghaur ou de Syrie » ; j’inclinerais à y voir une des formes non cultivées de la rose de Provins ou de Damas. La fleur de ce rosier, dit encore el-A\vam, est formée de cinq pétales. Ailleurs ’, tant ses renseignements concordent peu, il ne parle que d'une seule espèce de rose sauvage, l’églantier ou rose de chien, le nasrin des médecins arabes. « Son fruit — cl ali k en arabe — est rouge, dit-il, et ressemble à la datte qui commence à mûrir; dans l’intérieur j il y a une espèce de laine; la fleur est celle du rosier, et d’un blanc nuancé de rose1 2 3 *. »

Après cette description de l’églantier, el-Awam donne quelques renseignements sur la culture de cet arbuste et sur les moyens de le propager8 ; il en a donné de bien autrement longs et détaillés, — preuve de l’importance qu’elle avait prise, — sur la culture du rosier proprement dit. Ces deux

1. Le livre de V agriculture, vol. I, chap. YI, art. 54, p. 377.

2. El-Awam, qui cite ici Abou Hanifah et Avicenne, oublie ce qu il avait dit précédemment des roses sauvages rouges et blanches « sans aucun mélange de rouge ».

3. En particulier par semis. Il semble qu'il ait suivi Pline et

Pulladius.

LA ItOSE AL' MOYEN AGE.

cultures offraient d’ailleurs la plus grande ressemblance.

Le rosier, dit-il, d’après Ibn el-Façel1, «se propage de graines, de branches éclatées, entières ou coupées, de rejetons enracinés ; on l’obtient encore de rejetons marcottés pour leur faire prendre racine. »

Puis, après avoir décrit longuement ces divers procédés, en particulier la reproduction par semis, el- Awara donne quelques conseils sur le traitement des pieds vieillis ; il affirme qu’en les brûlant en octobre au moment de la sécheresse, on pouvait leur rendre leur ancienne vigueur; au printemps, ils poussaient, Dieu aidant, des rejetons, qui ne tardaient pas k se couvrir de hombreuses fleurs. Ce qui est plus curieux, c'est le procédé à l’aide duquel on peut, d’après el- Awam, donner au rosier l’aspect arborescent.

« Pour l’ornement des jardins, dit-il2, on plante au mois d’octobre des pieds de rosiers de diverses espèces. Quand la reprise est bien assurée et la végétation bien établie, on les enferme dans des tubes réunis par groupes de six ou huit environ disposés verticalement, de deux coudées de hauteur environ, et qu’on peint de diverses couleurs. Le sommet des rosiers s'élève au-dessus des tubes qu'il dépasse. On a soin de remplir ceux-ci de terre meuble ou de sable entretenu dans un degré convenable d'humidité. On laisse se déployer au sommet de

1. Le livre de l’ agriculture, vol. I, ch. YI, art. 26, p. 283-

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