Le livre de l’agriculture , vol. I, p
CULTURE DE LA ROSE EN ORIENT
ces tuyaux la tête des rosiers et lorsque leurs boutons s'épanouissent, ils ressemblent à des arbres portant des fleurs de diverses couleurs.
Cet exemple suffit pour montrer que les Maures d’Espagne, car ce sont eux qu’el-Awam avait en vue surtout quand il donnait ces conseils, cultivaient les roses, non seulement à cause de leurs propriétés médicinales, mais encore comme plantes d’agrément. Il en était de même dans tous les pays musulmans de l’Asie antérieure. Mais c’est surtout dans la partie occidentale du plateau de l’Iran que la rose a dès longtemps été cultivée avec succès et donné ses produits les plus merveilleux. Celles de Chiras et du Faisistan, dont cette ville était regardée comme le jardin, ainsi qu’elle en est la capitale, sont restées célèbres1.
La terre de Chiraz, chante le poète Ilafiz 2, qui composa ses vers à l’ombre de ses bocages fleuris, ne cessera jamais de porter des roses et jamais le rossignol ne s’en éloignera.
La ville sainte de Koum est comme ensevelie sous des buissons de roses. Rien de comparable, au rap-
1. « Rosam uti Persia ex omnibus mundi partibus maxime copiosam ac suave olentem gignit, ita Sijrasum ejuscpie pagus praelaudatus, prae caeteris Persiae provinciis, fert copiosissimam ac fragrantissimam. » Engelbort Kaempfcr, Amoenitates exoticae politico-physico-medicae. Lemgoviae, 1712, in-4, p. 373.