Félix Lajard, Recherches sur le culte du cyprès pyra
midal. ( Mémoires de l’Académie des Inscriptions, vol. \4 . 2.
CULTURE DE LA ROSE EN ORIENT
l’époque fabuleuse que lui assigne Moïse de Khoren, n’en remonte pas jnoins à une haute antiquité.
Même spectacle au nord-est de l’Iran, dans le Cachemir ; les roses de ce pays sont célèbres et leur éclat et leur beauté, dit Georges Forster1, sont depuis longtemps passés en proverbe dans l’Orient. Chaque année les habitants célèbrent par de grandes réjouissances l’époque où les boutons de rose commencent à s’épanouir. Ce jour là, raconte-t-on, des jeunes gens et des jeunes filles parcourent les rues des corbeilles de roses à la main, et jettent leurs fleurs aux passants ; celui qu’ils atteignent leur doit un présent et il le donne d’autant plus volontiers, qu’être touché par une rose est réputé porter bonheur. Les roses de la vallée de Péchawer, dans le Caboul, n’étaient pas moins renommées que celles du Cachemir ; en y entrant, Babour, dit-on2 3, fut rempli d’admiration à la vue de celles qu’il y aperçut.
La rose à cent feuilles devait aussi pénétrer dans la presqu’île hindoustanique ; mais le nom qu’elle y porte, gulab \ trahit son origine étrangère et occidentale; c’est de l’Iran qu’elle a été importée au delà de l’Indus et qu’elle y est venue disputer au lotus son empire si longtemps incontesté. Mais elle n’a dû y pénétrer que depuis l’établissement, au
1. Voyages du Bengale à Pétersbourg..., traduit de l’anglais par L. Langlcs. Paris, 1802, in-8, vol. I, p. 29'i.