‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 127 sur 391 · Paradisiacas spargit odore rosas · texte numérisé non relu

Paradisiacas spargit odore rosas

Carm. lib. VI, 6. De liorto Ultrogotlionis reginae , v. 2.

2. Arthur Mangin, Histoire des jardins. Tours, 1888, in-8, p. 70. Malheureusement M. Mangin, qui ajoute Ingelheim, ne dit pas où il a puisé ce renseignement. Ermoldus JXigclIus, qui vante le palais d’Ingelheim, ne parle pas de ses jardins et il se borne même à dire de la résidence impériale d’Aix-la-ChapcIlo qu’elle était entourée d arbres et d’un frais gazon.

Consitus arboribus, quo viret herba recens.

Carmen in honorent Hludovici , lib. III, v. 586. Ed. Ern. Duemmler.

LA ItOSP. AU MOYEN AGE.

les métairies impériales en possédèrent. Dans un de scs capitulaires1, le grand empereur n’a pas dédaigné d’énumérer les espèces végétales qu’on y devait cultiver ; h côté des plantes potagères et médicinales, ainsi que des arbres fruitiers dont la place y était marquée d’avance, il eut le soin de recommander d’y mettre des lis et des roses2 3. Il s'agit évidemment

ici, quoi qu’en ait dit Schleiden1, de la rose à cent feuilles ; tous les historiens de la botanique, depuis Sprengel jusqu’à Ernst Meyer, sont unanimes sur ce point : comment supposer que Charlemagne aurait pu, ainsi que le prétend l’auteur de La Rose, recommander de planter dans les jardins de ses villas l’églantier, qui croît au bord de tous les chemins, et dans toutes les haies de l’Allemagne et de la France? Non, c’est bien la rose cultivée, — la cent feuilles — , qu’il avait en vue dans ses prescriptions, la même qu’à cette époque également, Alcuin célébrait comme l’ornement, avec le lis, de l’humble

1. « Capitulare de villis imperialibus », cap. 70. (Migne, Patrol., vol. XCVII, p. 358 )

2. « Volumus quod in horto omnes herbas habeant. id est lilium, rosas, etc. »

3. Die Pose, p. 196. D'après lui il serait question dans ce capitulaire, non de la P. centi folia, mais de la P. canma, parce que « Charlemagne n’y recommande pas la culture d une seule plante qu’on ne doive considérer que comme plante d'ornement. » Je ne vois pas dans quel autre but cependant on aurait planté le lis, dont la culture est recommandée par le monarque franc, comme celle de la rose.

CULTURE DE LA ROSE EN OCCIDENT

jardin de sa cellule1, mais qui était loin, ainsi que le montre l’inventaire dressé, en 812, par l’ordre du monarque franc 2, de se trouver dans tous ceux des résidences impériales.

C’est encore évidemment la rose cultivée ou à cent feuilles que Walafrid Strabus a chantée, au ix° siècle, dans son Hortulus 3 comme la « fleur des fleurs ». Cette qualification ne peut guère convenir qu’à cette espèce, et le sens mystique qu’il lui attribue empêche de voir dans ses vers, comme on l’a prétendu4, un simple pastiche ou une amplification des louanges données à la rose par les poètes de l’antiquité.

On ne peut douter non plus que ce ne soit bien la rose double que l’auteur anonyme d’une traduction

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