Hist. plant., lib. YI, cap
2. Twv Se po'Stuv r.oXXa t Sia-popal -XrjOsi te (pûXXcuv xal oXtf<k7)Ti xal ■cpayÛTTjTt -/.ai XeioxTjxt xal eùypoia xal eùoapèa . Tà pèv yàp rXEïaxa TOvtot-puXXa xà oe StuSexâpuXXa xaî etxo'îèpuXXa xà 8’ ext îxoXXtû TxXeïov ’J7Xêpa:povxa xoûxwv- ëvta yàp eivx; oaatv axai xaXouatv èxaxovxâpuXXa. Gap. 6, 4.
Jouet. La Rose.
LA HOSE DANS l’aNTIQUITK.
Et il ajoute que la plupart de ces dernières croissaient auprès de Philippes. Puis, après avoir dit qu’elles ne se faisaient remarquer ni par leur parfum, ni par la grandeur de leurs fleurs1 2 3, le disciple d’Aristote termine ainsi sa description*.
Les plus suaves d’odeur sont celles dont la partie inférieure (du calice) est hérissée. La couleur et le parfum des roses, d'ailleurs, dépend de la nature du sol où elles croissent, car on en trouve dans la même région de parfumées et d'autres qui n'ont pas d'odeur. Les plus parfumées sont celles de la Cyrénaïque.
Il n’y a dans ce passage rien qui puisse nous apprendre si Théophraste a eu en vue différentes espèces de roses, ou bien s’il ne parle que de variétés d’un même type obtenues par la culture; mais une difficulté toute particulière se présente au sujet des roses de Philippes. Le naturaliste grec dit ; que les habitants allaient les chercher sur le mont Pangée, où elles croissaient en quantité, et qu'ils les plantaient dans leurs jardins. Si le renseignement est exact, il est presque impossible que les roses de Philippes aient été de vraies eent-feuilles,
1. nXcîdïa oà xx xoixuxx Ègxi ~zo\ (InXûuro’j;, . . . où/, sjoGiia 81 oùoÈ p.syxXx xoî; u.sy£0£GLv. Cap. 6, 4.
2. E'jw3t] uxXXov tov xpayli xà xxxco. Tô 31 oàov... x.x! 7j Ej/poix xx! r\ E'joapix ~xpà xoù; xonou; Ètrn’v È~e! -/.a; xx Èv yt; xÿ xùxÿ ytvo';a.Evx tzoicX x:yx TExpxXXxyrjv eùoap. :x; xx! xoaizia;. Ejoguloxxxx 3È xx lv Kupr[v7). Cap. 6, 5.
3. OOxo’. yxp Xxjj.6avov.XE; Èv xoü Ilayyxiou suxeuo'j g:v ÈxeÎ yàp yÈVEXx'. xoXXx. Cap. 6, 4.
ESPÈCES DH ROSES CONNUES DES ANCIENS
qui no sont point indigènes en Grèce. Sprengel, après les avoir, dans la première édition de son Histoire de la Botanique \ identifiées avec cette espèce, a voulu y voir plus tard 1 2 une forme anoblie de la rose toujours verte [R. sempervirens L.) ; mais cette espèce fréquente sur le littoral de la G rècene paraît pas croître dans la partie montagneuse. Fraas regardait les roses de Philippes comme appartenant à l’espèce pallica, qu’il paraît confondre avec la centifo/ia, et que les Anciens, dit-il 3 4, n’en distinguaient pas. Mais en même temps il voudrait voir dans les roses dont le calice est hérissé, suivant Théophraste, une forme de la rose à feuilles de pimprenelle ( B . pimpinelli folia L., v. myriacantha *, Lindl.), hypothèse que rien ne justifie et qui paraît reposer sur une interprétation erronée du texte de l’écrivain grec5.
1. Historia rei herbariae, 1807, vol. I, p. 93. « Rosa centi folia ad Philippos sponte crescere dicitur ».
2. Geschichte der Botanik, 1827, vol. I, p. 75. « Dies wird Rosa sempervirens sein, welche Sibthorp in Griechenland hâufig wild fand ». On conviendra que la raison n’est guère suffisante.
3. « Die Alten unterschieden wohl R. centifolia et gallica als Arten nicht ». Op. laud., p. 76.
4. Ich ziehe diese Pflanze hieher, weil sic auf den nôrdlichstcn Gebirgen die hiiufigste ist ». Op. Laud., p. 75.
5. Fraas a supposé que ces roses à calice hérissé étaient celles mêmes de Philippe, ce qui est inexact ; Athénée, 1. XV, 682, en les appelant TïsvcdpXXa montre très bien qu’il ne peut être question ici des roses doubles de Philippes ; mais quelles étaient ces roses odorantes à cinq pétales ? Serait-ce la Rosa sempervirens , dont le parfum est faible, mais très suave ?
LA HOSK DANS l’aNTIQL'ITÉ.
Lenz ne s’est pas arrêté à la difficulté que j’ai signalée et il n’a pas hésité à regarder les roses de Philippes comme des cent-feuilles, il en a été cle même de Iiehn et aussi de Koch. Leur manière de voir est-elle conforme à la réalité des faits ? Le texte de Théophraste est peut-être trop peu authentique ou exact, pour qu'on puisse se prononcer. Tout ce que nous apprend de certain Y Histoire des Plantes, c’est qu’au ive siècle avant notre ère les roses de jardin variaient beaucoup par le nombre de leurs pétales, et qu’on en cultivait même de simples, c’est-à-dire à cinq pétales. Ces dernières étaient-elles de la même espèce que les roses à fleurs doubles ou n’étaient-elles que des roses sauvages non encore anoblies? Nous l’ignorons et le naturaliste grec n’a rien dit qui puisse nous l’apprendre.
Dans le livre VI de son Histoire des Plantes, à la fin de l’article sur les roses, Théophraste s’est borné à remarquer que les roses sauvages1, — ayp<a* (boGomai, — dénomination sous laquelle il les comprend toutes, avaient les feuilles et les tiges plus rudes, les fleurs moins colorées et plus petites que les roses cultivées. Ailleurs2 il paraît les désigner, toutes également, sous le nom de y.uvcaôarcv — ronce de chien — , arbuste qui a, dit-il, un fruit rouge et semblable à une grenade, ce qui convient a peu
1. Ai 3’ ayp'.ai (poStoviat) xpayûxspcc. /.a; xaî; pxôôo’.ç xai xoî; cpûXXoi;, Ëxt 03 avOoç âyp oûaxspov îyouai ‘/.a'. SAaxxov . („ap. 6.6.
2. Hist. plant., lib. III, cap. 18, 4. Au livre IX, cap. 8, 5, il esl fait également mention du fruit du cynosbaton.
ESPÈCES DE ROSES CONNUES DES ANCIENS
près au fruit de l’églantier, — et dont « les feuilles, ajoute-t-il, ressemblent à celles du gattilier », ce qui s’applique bien a la ronce, mais non plus à l’églantier, encore que Théophraste 1 ait sans doute voulu parler de cet arbrisseau. Mais quelle espèce de rose sauvage a-t-il appelée du nom de y.uvôcrêaxcv ?
Théophraste n’est pas le seul écrivain qui se soit servi du mot ; Dioscoride l’a également employé2, et la description qu’il a donnée du végétal auquel il l’attribue, si elle manque de précision, — il ne faut pas en demander aux naturalistes anciens, — convient néanmoins assez bien à un églantier, et en ce qui concerne le fruit et les graines ne saurait convenir qu’à lui.
Le cynosbaton, dit-il3, qu'on appelle parfois aussi oxyacantha, est beaucoup plus grand que la ronce ; il devient en effet arborescent et a des feuilles beaucoup plus larges que celles du myrte. Ses rameaux sont garnis de robustes aiguillons, sa fleur est blanche4, son fruit
1 To oi x uvo'aoatov xov xapicov urcepuOpov Ë/st xai 7Tapa7rXr[ atov tù> pria;- ... tô oà çûXXov àyvwos; Lib. III, cap. 18, 4.
2. Galien (De alim. façult. II, 4), a également employé ce nom pour désigner la rose sauvage, mais sans donner d’autre indication sur cet arbuste, sinon que le fruit en est astringent.
3. KuvoiSaToy, oi 51 6Çu<xy.av9av y.aXoCGt. ("txp.voç 8’ sari (Joctou
“OÀXtji fjuf^ojv, o-vSpcûor,;- puXXa oapci îioXXop rXarjtapa pLupaivrjç, à/.avOa; o: tocîç pâôoo;; ’.ayjpà;, àvOo; Xsuy.dv, y.apjrôv è~.u.r[y.r],
“'jpfjv. cXaitx; EO'.y.fLa, i y Toi rz-r.x: jzïQx’. xuppôv, 5i evto; ËpioiSr). De medica materia, lib I, cip. 123. Lipsiae, 1829, in-8, p. 117.
4. Cette couleur de la fleur a fait supposer à Sprengel que Dioscoride a eu ici en vue, ce qui est peu probable, la variété
LA ItOSIi DANS l'aNTIQU ITK.
oblong resseml)le à une olive et devient rouge à la maturité ; au milieu se trouvent des poils d’apparence laineuse.
Comme Théophraste, Dioscoride ne distingue pas plusieurs espèces d’églantier, et, comme pour son devancier, on ne sait pas laquelle des roses sauvages il avait en vue dans la description qu’il a donnée. Ce qu’il dit du fruit convient presque indifféremment à la rose de chien et à la rose toujours verte; il est plus que probable que l’auteur de la Matière médicale avait vu, comme Théophraste, ces deux espèces, qui se trouvent également en Grèce : mais il est probable aussi qu’il les a confondues entre elles, ainsi peut-être qu’avec la rose rouillée !R. rubiginosa L. qu’on rencontre, comme elles, dans la Péninsule hellénique, ainsi que dans les îles de l’Archipel et l’Asie Mineure1.
Dioscoride n’a pas plus essayé de distinguer les roses cultivées que les roses sauvages ; il les comprend toutes sous le nom de rhoda, et comme il leur attribue à toutes les mêmes propriétés médicinales, qu’il n’en a donné aucune description, on voit qu’on ne peut pas trouver chez lui le moindre renseignement sur ce qu’elles étaient2. Tout ce que nous
collina Jacq. de la R. canina. « Flores xuvosSoctou albi probant . Rosac caninae varietatem albilloram seu collinam Jacq.. leucantham Lois, intclligi ». (Dioscoridis materia medica, vol. II. p. 399). Il aurait fallu commencer par montrer qu’il s'agit bien de la R. canina et non d’une autre espèce.