Par exemple le Karl Meynet , p. 184, v
An eynen bungart fier Dar standen lilien und rosiere Zederboum und Olyvere Und ander gode borne yele.
On peut rapprocher de cette description la définition qu Hugues de Saint-Victor fait du jardin : « Orlus circumfoditur. . . arborum distinctione ornatus, fioribus jucundus, gramme viridante suavis... umbrarum amoenitatem praestans, murmure fontis delectabdis, fructibus variis refectus, volucrum cantu laudabilis. ». De besliis et aliis rebus. lib. IV, cap. 13. (Migne, Pair., vol. CLXXMI. p. 154.)
3. Lib. VI, tract. I, cap. xxxn, par. 212-216. Ed. E. Meyer- Jessen, p. 445-47.
4. « Flos ejus vocatur rosa, et est ilos primum habcns siliquam viridem quinque foliorum, quae cum aperitur, cgreditur ro>a
CULTURE DE LA ROSE EN OCCIDENT
« On donne le nom de rose à sa fleur ; cette fleur est renfermée dans un calice à cinq sépales verdâtres ; quand il s'ouvre, apparaît une corolle composée d’un grand nombre de pétales, si c’est une rose des jardins, en particulier la rose blanche, qui a souvent jusqu'à cinquante ou soixante pétales, tandis que la rose sauvage n'en compte que cinq. »
Quelle est cette rose sauvage ou « champêtre» que le dominicain allemand oppose d’une manière si expresse à la « rose des jardins » ? A-t-il connu de Tune ou de l’autre plusieurs espèces ou variétés ? Albert a été frappé, et cela était naturel, par le grand nombre de pétales de la rose cultivée à fleurs blanches ; il revient à deux reprises sur ce caractère. Il a été également frappé par les dimensions qu’acquiert le rosier qui la porte: « C’est un arbre, dit-il *, dont le tronc atteint parfois la grosseur du bras ; il est très rameuxet les branches en sont touffues, mais longues et minces. » Quant à la rose h fleurs purpurines, Albert n’en parle qu’indirectement, en paraissant dire qu’elle a moins de pétales que la rose blanche et il se borne à remarquer, comme en passant, que
multorum foliorum, quando est hortcnsis, et maxime rosa alba, quae fréquenter excedit numerum quinquaginta foliorum vel sexaginta. Scd tamen in campestri rosa non inveniuntur nisi quinque folia. » Op. laud lib. VI, cap. xxxii, 213.
1. « Ilia quae fort rosas albas multorum valde foliorum, pro certo arbor est. cujus stipes officitur sicut brachium hominis .. Et est arbor valde ramosa ; et sunt rami eius spissi, sed parvi et ongi sicut surculi rubi. » Cap. xxxii, 212.
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LA ItOSK AU MO Y UN AUIÎ.
sa fleur d’abord verte devient rouge à la fin1. Il n’v a là rien, on le voit, qui permette d’en déterminer l’espèce. Il peut se faire qu’il s’agisse de la H. g al - /ica, comme de la centifolia. Pour la rose à fleurs blanches on serait tenté de l'identifier avec la R. all/a de Linné2 ; mais il est impossible de rien affirmer. Ceci n’a d’ailleurs qu’un intérêt secondaire ; ce qui importe, c’est que la rose double, Albert le Grand nous l’apprend, était cultivée en Allemagne au xm° siècle, et qu’elle y produisait les fleurs les plus belles. Le fait sans doute n’était pas nouveau ; Albert ne le donne pas non plus comme récent ; mais il est intéressant de le trouver aussi incontestablement, quoique si tardivement, constaté.
Ce qui n’offre pas moins d’intérêt, c’est que le savant encyclopédiste distingue nettement, ce que n’avaient point fait les anciens et ce qu’avaient fait si mal les écrivains arabes, plusieurs espèces de roses sauvages. Dans la « rose champêtre » opposée par lui, à cause du nombre de ses pétales, à la rose des jardins ou cultivée, Cari Jessen a reconnu, avec toute raison, je le crois, la « rose des champs » — Rosa arvensis de Linné3. — Cette tige unique —
1 . « Flos rosae incipit primo a virore et terminatur in ruborem. » Cap. xxxii, 2^3.
2. C’est ce que fait Jessen, tandis qu'il n'assigne aucun nom particulier à la rose rouge d Albert le Grand.
3. Ernst Meyer, dans son histoire de la botanique, avait cru pouvoir l’identifier avec la Ii. villosa. (Geschichte dcr Boiajiil . Konigsberg, 1857, in-8, vol. IV, p. /3).
CULTURE UE LA ROSE EN OCCIDENT
culmus unus — , qui se dresse au milieu de la fleur1, paraît bien désigner les styles soudés en colonne de cette espèce, que le pollen vient, au moment de la fécondation, recouvrir d’une poussière jaunâtre — respersio crocea. — Le fruit arrondi de cet églantier est bien aussi celui de la Rosa arvensis.
M ais Albert le Grand connaissait encore deux espèces de roses sauvages auxquelles il ne donne pas, il est vrai, le nom de rose, — il les appelle l’une bêdégar , l’autre tribuhis, — et qu’il a, on ne sait trop pourquoi, dans un chapitre à part, décrites comme des épines et séparées de la rose des jardins, à laquelle il a, au contraire, réuni la rose des champs, quoiqu’elle ne lui ressemble pas davantage. Il ne lui est pas échappé néanmoins tout ce qui les rapprochait, au moins la première, de la a rose champêtre» et de la rose des jardins.
« La rose, disait-il 2, en commençant la description de cette dernière, est un arbre ou un arbrisseau, pourvu de nombreuses épines, tout comme le bèclégar, auquel elle ressemble d'ailleurs par la forme de ses feuilles. Mais les épines de la rose sont plus faibles et ses feuilles plus larges que celles du bédégar.
Et en parlant du fruit delà rose champêtre, Albert
1. « In medio cjus (rosae campestris) est respersio crocea, stans in culmo uno simul. » Cap. xxxu, 213.
2. « Rosa est arborant frutex cum spinis muftis sicut et bedegar, cui etiam per omnia habet folia similia. Scd spinac rosae debiliorcs sunt et folia eius latiora, quam folia bedegar. » Cap. xxxn, 212.