Cap. xxxii, 216. Dans ce chapitre Albert mentionne une
« rose fétide », qu'il ne parait connaître que par ouï-dire et dont
la racine serait brûlante comme le pyrèlbrc. « Quaedam est quac
CULTURE DE LA ROSE EN OCCIDENT
Ce sont elles aussi qui avaient presque exclusivement fixé l’attention de l’auteur De la nature des choses ', Thomas de Cantimpré. Dans ce traité, qui dut être écrit, comme l’a montré M. Léopold Delisle2, avant 1244 et qu’il avait mis, dit-il, quatorze ans à composer, ce « compilateur » 'J, — c’est le nom qu’il se donne lui-même — , n’a rien dit de la culture de la rose ; il ne l’a pas décrite davantage : tout ce qu’on y trouve c’est que le « rosier est plutôt un arbuste qu’un arbre4». On ne pouvait donner moins au point de vue botanique et l’on s’étonnerait de cette indigence de renseignements sur une fleur si bien étudiée par Albert le Grand, dont Thomas de Cantimpré avait été un instant le disciple, si le livre De la nature des choses, de l’élève, n’avait
nominatur rosa foetida et radix eius est sicut pirctrum adustiva. » C'est évidemment 1 Ouarcl mont in do Razès et d’Ibn el-Bcithar, probablement Y Ariison (anis), c'est-à-dire tout autre chose qu’une rose. Traité des simples , n° 2276.
1. De uatura rerum, tel est le titre que la plupart des manuscrits donnent à cet ouvrage ; une note du manuscrit 14720 de la Bibliothèque nationale h appelle De naturis rerum ; c’est ainsi également que le manuscrit de Gotha, étudié par Ernst Meyer, (Geschichte der Botauik, vol. IV, p. 92), désigne ce traité.
2. Léopold Delisle, Histoire littéraire, vol. XXX, p. 377. Dès lors le De natura rerum dut être écrit avant le De vegetabilibus d'Albert le Grand, composé seulement après 1249.
3. « Revolvi autem librum ilium de natura rerum, quem ipse multo labore per annos XIIII de diversis auctoribus utilissime compilavi. -•> Liber a puni aut de apibus mysticis, s. 1. n. d., in- fol. (Incunable de la Méjancs, 18131).
4. « Rosa est potius frutex quam arbor. » Man. 14720, fol. 134.
LA 11 0, SL AU MOYEN AGE
probablement été composé avant le Traité des plantes , du maître1 2.
Les livres du Miroir de la nature'1, de Vincent de Beauvais, qui traitent du règne végétal, sont-ils aussi antérieurs à l’ouvrage d’Albert le Grand sur le même sujet? Cela est vraisemblable; du moins Vincent n’y cite point son illustre contemporain auquel il a tant fait d’emprunts dans son histoire des animaux. Composé d’extraits des auteurs qui avaient dans l’antiquité ou durant les siècles précédents écrit sur la rose, les chapitres consacrés par Vincent à cette fleur ne renferment aucun renseignement nouveau3 4. Vincent n’a point essayé de la décrire, et il en est encore à Pline, pour ce qui regarde sa culture ; il n’y a à apprendre chez lui qu'au sujet des usages longuement énumérés de la rose dans la médecine et des préparations pharmaceutiques qu’on en retire. Heureusement il en est tout autrement, au point de vue botanique, de ce qu’en a dit Barthélemy l’Anglais.
Dans le chapitre 136 du dix-septième livre de son traité Des propriétés des choses l, livre consacré aux
1. Cf. au sujet de la chronologie des œuvres cl Albert, Ernst Meyer, Op. laud., vol. IV, p. 33.