‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 134 sur 391 · Spéculum naturelle. Duaci, 1624, in-fol. Lib. X-XV · texte numérisé non relu

Spéculum naturelle. Duaci, 1624, in-fol. Lib. X-XV

3. Lib. X. cap. 131, De Rosa ; cap. 132, De rosarum cultura ; cap. 133, De operatione rosae in mcdicina ; cap. 134, Iterum de eodem ; cap. 135, De his quae procédant vel conftciuntur ex rosa. P. 761-63.

4. Bartiiolomaei ànglici de genuis rerum caelestium , terrestrium et infernarum proprietatibus libri XVIII, opus

CULTURE DE LA ROS^7 EN OCCIDENT

plantes, Barthélemy, comme Albert le Grand, s’est d’abord attaché à distinguer la rose des jardins ou « domestique » de la rose sauvage ou champêtre.

« La rose des jardins, dit-il1, diffère de la rose sauvage par son parfum, sa couleur, les vertus et le nombre de ses fleurs. » « Les pétales des roses sauvages, ajoutet-il 2, sont planes, larges, d’une teinte blanchâtre mêlée d’un peu de rouge ; ils sont aussi moins odorants et moins efficaces en médecine. Les pétales de la rose des jardins, au contraire, sont nombreux, serrés et appliqués les uns contre les autres, entièrement rouges ou entièrement blancs, d'un parfum exquis, d’une saveur stiptique et quelque peu mordante et d'une grande efficacité en médecine. »

On a ici une description de la reine des fleurs, dont les principaux traits appartiennent bien à Barthélemy, et l’auteur anonyme du Poërne moralisé sur les propriétés clés choses, dont M. Gaston Raynaud a publié des extraits, dans le tome XIV de

incomparabile, ac theologis, jurisconsultes , mecLicis , omniumque disciplinarum et artium alumnis utilissimum. Francofurti, 1619, in-8.

1. « Est autem rosa duplex, quia quaedam est domestica sive hortensis et quaedam est sylveslris. Differt autem rosa hortensis a sylvestri in llorum multitudine, in odore, in colore et in virtute. » Op. laud., p. 913.

2. « Folia sylvestrium sunt plana, lata, subalbida, pauco rubore admixta, minus odorifera et minus operanlia in medicina. Folia autem hortensis rosae sunt multa mutuo cohaerentia et connexa, omnino rubra vel omnino albissima, mire redolentia, in sapore stiptica et quodam modo mordicantia et magnae efficaciac in medicina. »

LA ItOSP. AL' MOYEN AGE.

la Romania ’, n’a pas hésité à les lui emprunter, sans en conserver la précision et l’exactitude.

En ce que Barthélemy nous apprend de l’inflorescence et du développement de la rose de jardin, ainsi que de sa culture, il y a encore plus d’un trait ou d’un renseignement que le savant du moyen âge peut revendiquer comme sien. S’il dit, par exemple, que la rose se reproduit par semis, par bouture ou par greffe1 2, ce qu’on trouve déjà dans Pline, il remarque, ce qui n’est pas dans l’auteur latin et paraît dès lors être de lui, que « la rose sauvage peut donner par la culture et de fréquentes transplantations des « roses véritables » 3, c’est-ii-dire évidemment des roses doubles : preuve, il semble bien, qu’on était, dès cette époque, parvenu à anoblir et à doubler les roses sauvages. »

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