‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 135 sur 391 · Année 1885, p · texte numérisé non relu

Année 1885, p

Il (le rosier) est d’une double substance.

Si com demonstre l’apparance :

L’un en jardin croist, l’autre as cbans.

De jardin est mieux odourans

La rose, que ne fait icele

Qui est as chans et est plus belle :

L’une est blanche, l’autre vermeille.

Rosier , v. 5-12, p. 455, Art. XXXI.

2. « Nascitur arbor rosae quandoque per scminationem, quandoque per plantationem, quandoque per insertionem.» Ibid., p. 91*. « Le rosier naist aucunes fois par semer et aucunes fois par planter » . se borne à dire Jean Corbicbon dans la traduction qu il a donnée de l’ouvrage de Barthélemy.

3. « Agrestis rosa per frequentem mutationem et culturam eflîcitur vera rosa. »

CULTURE DE LA ROSE TN OCCIDENT

Une autre remarque qui n’est pas davantage dans Pline, et où, circonstance curieuse, Barthélemy se rencontre avec Théophraste, qu’il ne pouvait connaître, c’est que « la rose des jardins restée sans culture et non débarrassée de ses rameaux superflus revient à l’état sauvage1 ». Ne semble-t-il pas aussi qu’on entende l’amateur des jardins et des fleurs, quand Barthélemy dit2 que la rose, — raison pour laquelle elle sert à couronner la partie la plus noble de l’homme, c’est-à-dire la tête, — occupe le premier rang parmi les fleurs, à cause de sa beauté, de son parfum, de sa douceur et de ses vertus. « Car, ajoute-t-il 3, par sa beauté elle réjouit la vue, par son parfum elle affecte agréablement l’odorat, par sa douceur elle plaît au toucher ; enfin, grâce à ses propriétés médicinales, elle prévient ou guérit nombre d’indispositions et de maladies. »

Barthélemy l’Anglais est l’écrivain du moyen âge qui, avec Albert le Grand, fournit les renseignements les plus complets, comme les plus originaux, sur la rose. On aurait pu s’attendre à ce que, en sa qualité d’horticulteur et d’agronome, Pierre de Crescence en aurait donné d’aussi étendus, sinon de

1. « Si remanserit inculta et a superfluis non purgata, dégénérât in sylvestrem. »

2. « Flos rosae inter flores oblinet principatum et ideo solct principalis pars hominis, scilicet caput, rosarum lloribus coronari et hac ratione decoris, odoris, suavitatis et virtutis. »

3. « Nam sua pulchritudine aspectum reficit, suoodore olfactum aflicit, suavitatis mollicie tactum delinit, sua virtute multis languoribus et morbis obviât et succurrit. »

LA ItOSH AI’ MOYEN AGE.

plus importants; il n’en est rien ; le savant italien, peut-être parce qu’il la regardait comme suffisamment connue1, s’est borné, dans son traité d'agriculture2, adonner quelques vagues indications sur cette fleur.

« Rosiers, dit son traducteur français 3 4, sont arbres bien congneuz et en sont les ungs blancs et les autres rouges, et aussi en sont les uns francs (cultivés) et les autres sauvages. Les blancs, soient francs ou sauvages, font très bonnes et fortes haies pour ce qu'ils ont bonnes branches et fortes espines et si se reteurdent et entrelacent en telle manière que l’on ne peult passer parmy pour les espines qui arrestent a force. »

Puis, après quelques mots sur cet arbuste, — j’y reviendrai plus loin — , Pierre de Crescence termine, comme ses devanciers, par l’exposé des propriétés médicinales de la rose et des divers produits pharmaceutiques qu’on en retire.

C’est peu sans doute ; on n’en trouve pas davantage ou encore moins dans le Livre de la nature ‘, de Conrad de Megenberg, « traduit du latin », il

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