LA ROSE DANS LA POESIE DE L ORIENT
sur le front, la coupe à la main1 », a varié ce thème sur tous les tons :
Echanson, s'écrie-t-il2, buvons gaement, gaement causons dans ce bosquet de roses ; rompons nos vœux, car des roses voici le temps. Videz à l'ombre de ces arbres la coupe insoucieuse ; que la joie ne se fasse pas attendre ; les roses l’ordonnent. Quand le printemps revient, souviens-toi du changement de l'année et demande du vin à notre échanson, sous ce berceau de roses.
Prends exemple sur les roses, chante-t-il encore3, sur le clair visage du soleil, sur la rosée matinale et les caresses des doux zéphyrs, qui ne cessent et ne cesseront jamais. A"ois comme ils sourient, les pétulants, aussi longtemps qu'ils vivent, clairs et brillants, ils ne s'inquiètent, joyeux, ni de Moïse, ni des prophètes.
Homme pieux, dit-il ailleurs4, viens et cueille des roses, suspends ton capuchon aux épines ; troque la vie amère de ton ordre contre de doux et agréables vins. Rejette loin de toi, au son du luth, les usages et les mœurs du cloître; donne des couronnes... et verse du bon vin aux buveurs ».
Si les dévots, dit-il une autre fois5, nous accablent de reproches et entourent d’épines le sentier de notre vie, gaiement nous voulons en échange d’une telle conduite gratifier de roses ces hommes sombres.
Et ailleurs, se rappelant à la fois la beauté et la fragilité de la reine des fleurs :