‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 153 sur 391 · I.A II O S II AU MOYKN AGP · texte numérisé non relu

I.A II O S II AU MOYKN AGP

Certes, belles sont les roses! s’écrie-t-il* ; il n’est rien de plus beau. 11 est beau aussi que la coupe soit près de ta main ! Allons ! bois le vin au milieu de ces bocages fleuris 1 Et (souviens-toi) que fugitive est la durée de la rose !

Parfois aussi toutefois la vue de la rose, loin d’être pour Ilafîz un encouragement au plaisir, lui inspire des pensées graves et sérieuses ; tel est le ghazel suivant, où rien ne rappelle le chantre du vin 1 2 3 :

Les lis et les roses font de ce monde une vie éternelle ; mais qu'en retirons-nous, nous qui ne pouvons vivre éternellement sur terre? Que la rose, comme Salomon, chevauche sur les ailes du zéphir et que, le matin, le rossignol, comme jadis David, chante des psaumes!

Un des caractères distinctifs de la poésie de Hafiz, c’est le parallèle constant qu’il établit entre la rose et son amie ; toutefois au lieu d’emprunter des traits à la reine des fleurs pour peindre sa bien-aimée, c’est à cette dernière qu’il en demande pour dépeindre ou plutôt pour rabaisser la rose :

Quand au milieu des bosquets de roses, soupire-t-il \ tu te balances, semblable au cyprès, les roses de jalousie en dévorent leurs épines.

Ailleurs, il dit4 que « les boutons de roses sc referment couverts de bonté à la vue de son amie »,

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