‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 155 sur 391 · I.A II OS i: AL' MOYEN AL · texte numérisé non relu

I.A II OS i: AL' MOYEN AL

Azz-Eddin-cl Mocadessi, dans un recueil d’allégories morales, où « les oiseaux et les Heurs1 » — de là le titre de son livre — donnent des conseils à l’homme, fait ainsi parler la rose :

En exhalant son parfum, la rose m'annonça sa douce venue et s'exprima ainsi dans son langage muet: Je suis l'hôte cjui vient entre l’hiver et l’été et ma visite est aussi courte que l'appariLion du fantôme nocturne: hâtez-vous de jouir du court espace de ma floraison et souvenezvous que le temps est un glaive tranchant... J'embaume celui qui respire mon haleine ; je cause à l’innocente beauté qui me reçoit de la main de son ami une émotion inconnue. Le temps de ma durée est comme une courte visite que je fais aux hommes et celui qui espère me posséder longtemps est dans l'erreur.

Figurant dans les légendes des Arabes et des Osmanlis, la rose devait prendre place dans leur poésie, comme dans celle des Persans, leurs modèles. On la trouve déjà mentionnée par le poète arabe Omar Ibn Ebi Rebia el-Machsami, mort en 711 ou 719. « De chaque jardin, lit-on dans une de ses pièces de vers2, s’élève vers moi un parfum de rose ou de jasmin. » Asmai, qui florissait un siècle

1. Les oiseaux et les fleurs, allégories morales d Azz-Eddin el mocadessi, trad. par Garcin de Tassy. Paris, 1876, in-8, p- > -

2. Joseph von Ilammer, Geschichte der arabischen Literatur. Wien, 1851, in-4, vol. II, p. 399.

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plus tard, dit de sa couche qu’elle lui est. un « paradis de roses1 2 ». Un poète anonyme et peut-être postérieur a célébré la rose capucine, « parée d’une double beauté, coupe de rubis à l’extérieur, remplie à l’intérieur d’un or pîde8 ».

Un conte des Mille et une nuits renferme comme le résumé de ce que les poètes arabes ont, à l’imitation de leurs modèles de l’Iran, pensé et chanté de la rose. Dans 1’ « Histoire de Noureddin et de l’esclave Miriam3 * », le narrateur nous montre une compagnie d’amis se promenant dans un jardin rempli des fruits les plus savoureux et des fleurs les plus belles. « On y voyait, dit-il, des jasmins, des jacinthes, des myrtes et des roses de mille espèces. » Ces dernières surtout excitent leur admiration ; ils en demandent au maître du jardin ; mais celui-ci leur répond que la coutume était de ne donner des roses qu’a ceux qui les méritaient par quelques saillies piquantes ou quelques pensées heureuses. Alors chacun des amis, pour en obtenir, chante tour à tour les louanges de ces fleurs charmantes :

J'aime et j’admire la rose, dit le premier, comme la plus belle des fleurs. Elle en est la reine. Sa présence annonce le triomphe de la belle saison.

Elle répand le parfum du musc, répondit le second.

1. « Mein Lagcr wird zum Rosenparadies ». Jolowicz, De: poetische Orient, p. 388.

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