LA ROSE DANS LA POESIE DE L ORIENT
la trace. Aussi je ne crois pas devoir m’étendre plus longuement sur le rôle qu elle y a joué et je n’en ai parlé que pour montrer comment elle a pris place successivement dans la littérature de tous les peuples indo-européens.
La rose occupait une trop grande place dans les fictions des Orientaux pour que leurs poètes, comme ceux et encore plus que ceux de la Grèce et de Rome, ne lui aient pas emprunté les images les plus gracieuses et les plus variées. Ils comparent leur amie à ' une rose ou même à une feuille de rose ; c’est pour eux une rose de beauté ; ils parlent des roses de son front et même de ses oreilles, de la rose délicate de ses joues1, de ses lèvres et de son visage, de l’émail rose de ses joues2, même de son éclat glorieux de roses 3. Sa bouche et ses lèvres sont pour eux comme un bouton de rose, ses joues comme les roses de l’Eden ; elles en ont l’éclat rougissant. Ils les comparent à un bouquet de roses entr’ouvertes ; pour eux enfin sa bouche et ses lèvres ressemblent à une rose vermeille qui sourit, son sein à la nesrin
1. « Scs joues se composent de tendres feuilles des roses. » Firdousi, ap. Jolowicz, Op. laud., p. 462.