‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 181 sur 391 · Epist. ad Corintliios, lih. I, cap. ix, v · texte numérisé non relu

Epist. ad Corintliios, lih. I, cap. ix, v

2. « Floribus ejus (ecclesiae) nec lilia nec rosae desunt. . . Accipiant coronas vel de opéré candidas, y cl de passione purpureas. In caelestibus castris et pax et acies habent flores suos, quibus miles Cliristi ob gloriam coronetur. » Epistola ad martyres et confessores. (Epist., lib . , I, 8, Migne. p. 249-50).

3. « In pace vincentibus coronam candidam pro operibus dabit. in persecutione purpuream pro passione geminabit. » Liber de opéré et elecmosynis, cap. 26 (Éd. Migne, p. 646).

LA liOSlî DANS LUS LEGENDES CHHETIENNES. 239

Saint Jérôme tient le même langage :

Le sacrifice d'un cœur pur, écrit-il à Eustochius1 2 3, est un martyr, aussi bien que 1 ellusion du sang pour confesser sa foi ; par celle-ci on se tresse une couronne de roses et de violettes, par celle-là une couronne de lis.

Dans une autre épitre adressée à Rusticus, il fait encore de la rose l’emblème de la pudeur, ainsi que du lis celui de la pureté". Et ailleurs s on le voit associer les « violettes « des veuves aux « lis des vierges » et aux « roses des martyrs ».

Saint Augustin, à son tour, rappelant combien l'Église honore, et la dignité de la vie, et la gloire du martyr, ainsi que la pureté inviolée de la foi, ajoute que ni les roses ni les lis ne manquent aux récompenses qu elle donne4. Ailleurs encore, il dit que

1 . « Non solum effusio sanguinis in confessione reputatur, sed devotae quoque mentis servitus immaculata quotidianum martyrium est. Ilia corona de rosis et violis plectitur, isla de liliis. » Epist., CYIII, 31. Ad Eustochium , Epitaphium. Paulae matris. Éd. Migne, vol. I, p. 905.

2. « Non mihi laborandum (est) uti ostendam tibi variorum pulchritudinem llorum, quid in se lilia habcant puritatis, quid rosa verecundiae possideal ; quid violae purpura promittat in rcgno. » S. Hieronymi, Epist ., GXXY, 2. Ad Rusticum monachum. Éd. Migne, vol. I, p. 1073.

3. « Suscipe viduas, quas inter Virginurn lilia et Martyrum rosas, quasi quasdam violas, misceas. » Epist., LIV, 14. Ad Euriam , De viduitate servanda. Éd. Migne, vol. I, p. 557. « Est quoque, dit aussi S. Hildefonse, candidum lilium llos Virginurn, rosae purpurantis sanguinis martyrum, violae gratiacontinentium. » Du Gange, s. v. Rosa.

4. « Floribus ejus nec rosae, nec lilia desunt. » Sermo GCIX. In festo omnium Sanctorum. 1. Éd. Migne, vol. V, p. 2135.

LA H OS K AU MOYEN A<îE .

Dieu cjui, dans la persécution, donne des couronnes de Heurs vermeilles, récompense du martyre, donnera aussi à ceux qui vivent dans la paix de blanches couronnes, récompense de leurs mérites de justice

On voit par là comment la rose est devenue le symbole du martyre, comme elle était la récompense de ceux qui le soufTrent ; mais elle devait prendre bien d’autres significations :

Il y a trois roses mystiques, suivant Pierre de Mora 1 2, qui a fait en quelque sorte la théorie du symbolisme de la reine des fleurs ; la première est le chœur des martyrs; la seconde, la Vierge des Vierges; la troisième, le médiateur de Dieu et des hommes3. La première est rouge, ajoute-t-il,... la seconde, blanche... la troisième, rouge et blanche... La première est bonne, la seconde meilleure, la troisième excellente. Et encore : la première rose naît des épines de la persécution et des hérétiques. La seconde est sortie des épines de la perversion des Juifs, d’où le proverbe : comme l'épine produit la rose, ainsi la Judée a engendré Marie. La troisième est née sur la tige sortie de la racine de Jessé, suivant la

1. « Qui coronam in persecutione purpuream pro passione donavit, ipse in pace viventibus pro justitiae mcritis dabit et candidam. » Ibid., vol. V, p. 2137. « Flos rosae, écrit S. Grégoire, qui mira est fragrantia, rutilât et redolet ex cruore martyrum. » Ilomil. VI, lib. I.

2. E rosa alpliabelica seu ex arte sermocinandi , ap. J. B. Pitra, Spicilegium Solesinense compleclens sanclorum patrum scriptorumque ecclesiasticorum anecdola hactenus opéra. Paris, 1855, in-8, vol. III, p. 490.

3. « Qualis est rosa? Prima rosa est chorus martyrum; secunda. Yirgo Virginum ; tertia, mediator Dei et liominum. »

prédiction d'Isaïe : « Une verge sortira de la racine de Jessé et une fleur surgira de cette racine1 ».

On a là comme le résumé de ce que les écrivains mystiques ont dit et chanté de la rose depuis les premiers siècles jusqu a la fin du moyen Rge. I 1 uclence compare les saints Innocents voués a la mort, « au seuil même de la vie, » par le « persécuteur du Christ », à des roses naissantes que l’ouragan détruit et disperse2.

Le jeune martyT qui vint au devant du captif chrétien, conduit par Agapius au banquet céleste, portait autour du cou une couronne de roses merveilles3. Peu de temps avant son martyre, la bienheureuse Digne vit en songe sainte Agathe portant des roses et des lis dans la main4. « Je suis Agathe, lui dit celleci, qui jadis ai souffert pour le Christ les plus affreux tourments; je viens t’apporter une partie de ces présents empourprés, » ajouta-t-elle, en lui offrant des roses vermeilles, présage de son prochain martyre.

Saint Ambroise a été jusqu’à dire que la rose est

1. « Prima rosa nascitur ex spinis persecutionis et haeroticorum. Secunda rosa orta est ex spinis Jodaicae pravilatis, unde

Sicut spina rosam, genuit Judaea Mariam.

Tertia rosa nata est ex virga de radice Jesse. Isaias. Egredietur virga de radice Jesse et flos de radice ejus ascendet. »

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