‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 185 sur 391 · Stirps Jesse virgam producit virgaque florem · texte numérisé non relu

Stirps Jesse virgam producit virgaque florem

Et super hune ilorcm requieseil spiritus alrnus,

Virgo, Dei genitrix, virga est, ilos, filius ejus.

De bcata Virgine, v. 4-6 (Hymni et Carmina ecclesiaslica, éd. Migne, XI, p. 356). Cette comparaison se rencontre à chaque instant

la ROSE dans les légendes chrétiennes. 2 47

Bernard ; avec lui la Vierge est devenue une rose et telle elle apparaîtra désormais. Après avoir opposé à Ève, « l’épine qui a apporté la mort dans le monde, » Marie, « la rose source de salut pour tous les hommes, » le célèbre mystique poursuit ainsi cette comparaison de la mère du Sauveur avec la reine des fleurs 1 :

Marie a été une rose, blanche par sa virginité, vermeille par sa charité ; blanche par la chair, vermeille par l'esprit ; blanche par la pratique de la vertu, vermeille par l'écrasement du vice; blanche en purifiant les passions, vermeille par l'esprit en mortifiant les appétits charnels; blanche par l'amour de Dieu, vermeille par sa compassion pour le prochain.

Si les poètes religieux n’ont point imité toutes ces antithèses scholastiques, ils ont varié à l’infini

chez les écrivains mystiques, poètes ou prosateurs, du moyen âge. Voici comment l’a mise en œuvre un trouvère du xme siècle.

en une profesie de Jesse espanie de très grant biaulteit.

est la virgo Marie, de ceu ne doutes mie.

und Leiche,

Se nos dist Isaïe c'une verge d’Egipte islroit par signorie celle verge d’Egipte la llor nos senefie

Wilh. Wackernagel, Altfranzoesische, Lieder Basel, 1846, in-8, p. 66, n° XLII, str. 2 et 3.

1. Maria rosa fuit candida per virginitatem, rubicunda per charitalem ; candida, carne; rubicunda, mente ; candida, virtutem sectando ; rubicunda, vitia calcando ; candida, aflectum purificando ; rubicunda, actum carnalem mortificando ; candida, Deum diligendo ; rubicunda, proximo compatiendo. Senno de beata Marin, vol. III, p. 1020, éd. Mignc.

LA UOSIi AU MOri'N AO U .

les comparaisons de la Vierge1 avec la rose. La double couleur de cette fleur, le vermeil éclat de sa corolle, son parfum, les épines au milieu desquelles elle croît, offraient autant d’images allégoriques qu’ils ont a l’envi appliquées à la mère du Sauveur. Adam de Saint-Victor la salue comme « un myrte de tempépérance, une rose de patience, le nard odorant »; pour saint Bonaventure c’est « une rose sans épines, remède des pécheurs3 » ; elle lui apparaît comme « douée d’une beauté suprême », et, comparaison souvent répétée4, « plus vermeille que la rose, plus blanche que le lis'' ».

Marie, dit Albert de RegensbourgB, est une rose fleurie sortie de la souche cuopable d’Eve, notre mère commune... » « Elle est, dit-il encore, pourpre comme la violette, brillante de rosée comme la rose, blanche à l’égal des lis7.

1. Léon Gautier, Prières à la Vierge. Paris, 1874, in-32, p.339.

2. Salve, decus Yirginum, myrtus teinperantiae, rosa patienliae, nardus odorifera.

Philipp Wackernagel, Das deutsche Kirclienlied, n° 194, B , v. 1-4.

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