Acta sanctorum, vol. II, p
légende1, étant venue vers Suson, ce « maître de sagesse » au xiv° siècle, craignait de ne pouvoir le trouver au milieu de ses frères, mais la voix qui l'avait envoyée lui dit qu’elle le reconnaîtrait sans peine à la couronne de roses vermeilles et de roses blanches qu’il portait sur la tète, symboles, les premières de sa patience au milieu de ses nombreuses afflictions, les secondes de sa chasteté.
Suson est encore le héros de la légende suivante, qui, elle aussi, met bien en évidence la signification mystique des roses miraculeuses. Un jour une religieuse nommée Anne vint le trouver et lui raconta qu’elle avait vu « en esprit » un immense rosier tout couvert de fleurs magnifiques et vermeilles. Au milieu de l’arbuste se trouvait l’enfant Jésus, le front ceint d’une couronne de roses également vermeilles. Au pied était assis Suson lui-même. Et l’enfant Jésus, cueillant des roses, les jetait sur son serviteur, qui en fut bientôt tout couvert. Anne ayant demandé ce que signifiaient ces roses, l’enfant répondit: « Ces roses nombreuses signifient les croix innombrables que Dieu enverra à son serviteur et qu’il acceptera avec douceur et supportera avec patience » 2.
Mais ce n’est pas seulement sous forme allégorique que la rose figure dans les légendes religieuses du