Bill, nat., man. fr. 22928, fol. 78, a 2. Le man
fol. 38, b 2, donne :
Com ce fust rose espanie.
Dans la rédaction allemande il est aussi seulement question d'une
trouvée, trente jours après sa mort impénitente, clans la bouche de ce clerc de Chartres
Orgueilleux et despers Et du sieele moult curieus,
mais dévot h la Vierge, dont Gautier de Coinci a également raconté l’histoire, et que la mère de Dieu, en récompense de sa fidélité, honore ainsi aux yeux de la foule émerveillée.
Il faut rapprocher des légendes qui précèdent celle de la pieuse Ada, rapportée par Thomas de Cantimpré1. Pendant une absence cjue fit son mari, un lépreux las et épuisé vint lui demander l’hospitalité ; non seulement elle s’empressa de le recevoir, mais elle ne crut pouvoir mieux faire que de lui donner, pour se reposer, le propre lit de son mari. Il y était à peine, que celui-ci revint de son voyage et se dirigea vers ses appartements. A cette vue Ada s’effraya; son mari surpris et inquiet força la porte ; mais quel fut son étonnement, en pénétrant dans sa chambre, de trouver, bien qu’on fût en hiver, sa couche toute couverte de roses parfumées.
fleur qu’on trouve sur le palais du clerc A'olage dont la langue est restée fraîche et rose comme s’il était encore en vie :
Man vant dû einen blumen Vrisch uf sîme gumen Ligen in sînem munde.
Franz Pfeiffer, Marie nie genden. Wien, 1863, in-8, n° XI, v. 99-
1. Liber apura aut de apibus myslicis... in-fol. s. 1. n. d., lib. II, cap. 17, fol. 39. J. W. Wolf (Niederlandische Sagen. Leipzig, 1843, in-8, p. 281) lui donne le nom d’Ada de Belomeir.
LA IiOS K AU MOYEN AGE.
On trouve dans la vie de saint Jean l’Ange une légende encore plus merveilleuse1 2. Pendant son séjour au couvent de Cavacurta, au diocèse de Lodi, on l’accusa de ne se rendre si souvent au jardin, voisin d’une des rues de la ville, que dans un but profane; le prieur le fit surveiller; mais les religieux qu’il avait envoyés pour l’observer le trouvèrent, à leur grand étonnement, en prières au milieu de rosiers en fleurs, encore qu’on fût en hiver et que la terre fût toute couverte de neige.
Ici l’apparition merveilleuse des roses rend éclatante la vertu soupçonnée de saint Jean l’Ange. Le rôle de ces fleurs miraculeuses apparaît d’une manière non moins frappante dans l’histoire suivante racontée par le prétendu voyageur John Mandeville*. Une jeune fille de Bethléem, accusée d’avoir enfreint les lois de la chasteté, avait été condamnée au feu. Déjà le bûcher était dressé quand elle invoqua le Seigneur, le priant, si elle était sans faute, de lui venir en aide et de manifester son innocence aux yeux de tous. Puis elle entra dans le feu ; mais aussitôt les flammes s’éteignirent et les bvandons qui brûlaient déjà se changèrent en rosiers couverts de fleurs vermeilles, ceux qui n’étaient pas encore allumés devinrent autant de rosiers à fleurs blan-