‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 204 sur 391 · Acta sanctorum, vol. XLI, p. 642 f · texte numérisé non relu

Acta sanctorum, vol. XLI, p. 642 f

Elle aimait, dit son historien *, à porter elle-même aux pauvres non seulement l’argent, mais encore les vivres et les autres objets qu'elle leur destinait... Un jour qu’elle descendait, accompagnée d’une de ses suivantes favorites, par un petit chemin très rude, portant dans les pans de son manteau du pain, de la viande, des œufs et d’autres mets, pour les distribuer aux pauvres, elle se trouva tout à coup en face de son mari qui revenait de la chasse. Étonné de la voir ainsi ployant sous le poids de son fardeau, il lui dit : « Voyons ce que vous portez, » et en même temps ouvrit malgré elle le manteau qu’elle serrait tout effrayée contre sa poitrine; mais il n'y avait plus que des roses blanches et rouges, les plus belles qu'il eût vues de sa vie ; cela le surprit d'autant plus que ce n’était pas la saison des fleurs.

On raconte une histoire analogue de sainte Élisabeth de Portugal ; mais celle-ci pour s’excuser ne recule pas devant un pieux mensonge. Un jour qu’elle portait dans sa robe une grosse somme d’argent pour la distribuer aux pauvres, elle rencontra son mari, qui lui demanda ce qu’elle cachait. Elle répondit : « Ce sont des roses, » et en effet, dit son biographe1 2, dépliant sa robe, il se trouva que c’en était réellement, quoiqu’on fût dans un temps où il ne pouvait y en avoir.

Si l’on en croit son récent historien3, sainte Rose-

1. Le comte de Montalembert, Vie de sainte Élisabeth de Hongrie. Paris, 1836, in-8, p. 57.

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