‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 208 sur 391 · I.A H O SK AL' MOYEN AOE · texte numérisé non relu

I.A H O SK AL' MOYEN AOE

recommandant de ne point toucher au rosier. Quand

au xiu siècle l'évêque Hézilo fit reconstruire cette

basilique détruite par un incendie, il prit soin qu’on

préservât les racines du rosier et en fit appliquer les

branches contre le mur de l’abside. On v voit encore

aujourd’hui un églantier haut de 25 pieds et qui recouvre tout un pan de la muraille du chœur1.

Les roses miraculeuses ont pris place aussi dans les légendes slaves. Sainte Hélène, raconte l’une d’elles, s’étant mise à la recherche du tombeau du Christ, arriva au sommet d’une montagne couverte d’arbres; du bois de ces arbres elle fit faire deux croix et une église, ainsi que trois cercueils. Dans l’un de ceuxci elle fut déposée elle-même ; mais au-dessus de sa tombe poussa un rosier qui bientôt se couvrit de fleurs. Et la légende ajoute que de l’une de ces fleurs, sortit un oiseau — Jésus-Christ lui-même — qui s’élança vers le ciel2.

Par une opposition d’idées que nous avons déjà rencontrée clans les légendes de l’antiquité, en même temps qu’elles sont un signe de salut et de joie, les roses ont été aussi parfois considérées comme un symbole de deuil et un présage de mort. Quand un des chanoines de Lubeck était près de sa fin, il trouvait, trois jours auparavant, sous le coussin de sa stalle dans la salle du chapitre, une rose blanche3.

1. C’est une Rosa canina. Alex. v. Humboldt, Ansichten der Nalur. Stuttgart, 1860, in-18, vol. II, p. 82.

2. Zienkienicz, Recueil de chansons populaires, p. 31, ap. Potebnia, I, p. 762.

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