Gebr. Grimm, Deutsche Sagen, Bd. I. p
La Vierge, d’après une croyance populaire suédoise1, apparaît aux enfants malades et leur donne des fraises, s’ils doivent guérir, une rose, s’ils sont près de mourir.
Les légendes religieuses dont la rose est entourée, le caractère sacré qu’elles lui donnent, suffisent pour faire comprendre l’horreur qu’elle est supposée inspirer au démon ; son odeur, dit-on, suffit pour le mettre en fuite. Les possédés ne peuvent davantage supporter le parfum de cette fleur et on ne saurait les contraindre à passer près d’un bosquet de rosiers2. Les sorcières aussi en redoutent le voisinage et elles n’oseraient cueillir de roses blanches, de peur d’ètre aussitôt reconnues. Pour la même raison un loupgarou ne peut conserver son déguisement et reprend la forme humaine, dès qu’il lui arrive seulement de toucher un églantier3.
Il est question ici, comme dans la légende d’ II ildesheim, on le voit, d’un rosier sauvage ; ainsi que le rosier cultivé, il a pris place, en effet, dans les légendes religieuses. L’une d’elles, répandue dans certaines provinces septentrionales de l’Allemagne4, rapporte que quand Lucifer fut précipité sur terre, il fit pousser un églantier, afin de se servir de ses
1. Àfzelius, Sagen und Lieder aus Sc/uveden, iïbersetzt von Ungewitter. Leipzig, 1842, Th. III, p. 240.