‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 213 sur 391 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les traditions si nombreuses dont la rose avait été entourée dans l’antiquité ne périrent pas toutes avec la civilisation hellénique et latine; beaucoup persistèrent chez les Grecs du moyen âge comme chez les nations romanes, et elles ne devaient pas tarder, avec la fleur aimée qui en était l’objet, à pénétrer chez les peuples slaves et germaniques; elles prirent place dans le folk-lore de ces peuples à côté des légendes indigènes qui s’étaient déjà formées ou allaient se former autour de la rose sauvage, seule espèce qui ait un nom indigène chez elles1, la seule qu’ils connurent jusqu’au jour où la rose à cent feuilles fut importée dans leur pays.

Les Germains, en particulier, lui attribuaient un caractère sacré; ils l’avaient consacrée à Frigga; aujourd’hui encore elle porte dans certaines contrées de l’Allemagne, entre autres dans la vallée inférieure

1. AU. hagedorn ou hagebutte, angl. briar ou bramble, norv.-dan. klongtorn ou nypetorn, suéd. tôrnbuske ou nynponbuske, slav. tchipaka. La rose sauvage a seule aussi un nom indigène chez les nations romanes; fr. églantier, esp. agavanzo, pg. escaramujo.

Page 1