LA H OS K AU MOVK.N AGE
maniques donnent parfois aux héros de leurs chansons amoureuses1.
En faisant de la rose l’emblème de la beauté, les poètes du moyen Age se sont montrés les continuateurs et les disciples fidèles des poètes de l’antiquité. Mais, plus que de la beauté, ceux-ci avaient été frappes de la fragilité de la rose; la courte durée de cette fleur, au contraire, a été à peine remarquée par les trouvères et les minnesaenger, et les rares allusions qu’ils y font leur ont été inspirées par leurs précurseurs de la Grèce ou de Rome. Telle est cette comparaison d’un trouvère belge :
Pucele est com flors de rose Qui tost vient et tost trespasse2.
De même quand le ménestrel anglo-saxon Aelfred déplore que la violence de la tempête détruise la beauté de la rose3, il ne fait que traduire Boèce, et ce dernier s’était lui-même inspiré des poètes anciens pour chanter « le bocage qui, au souffle des