‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 231 sur 391 · Mistral, Lou trésor don Felilrige, s. v. maio · texte numérisé non relu

Mistral, Lou trésor don Felilrige, s. v. maio

une petite fille, la rnayo , qu’on habille de blanc et qu’on pare d’une couronne et de guirlandes de roses; on la place ensuite sur une sorte d’estrade ou de trône élevé et chaque passant lui donne quelque menue pièce de monnaie '.

Symbole et parure du printemps — et, dans le Nord, même de l’été — le retour de la rose provoque le poète à chanter dans cette saison des amours et lui rappelle l’amie dont il est séparé :

Quant voi le douz tens venir,

La flor en la prée,

La rose espanir,

Adonc chant, pleur et sospir,

s’écrie Philippe de Nanteuil1 2.

Quant voi la glaie meure La rousée resplendir,

Et le rosier espanir Lors souspir

Et sur la bele verdure Pour celi qui tant désir Et aim, las, outre mesure,

chante également Raoul de Soissons3 4.

Même inspiration chez Thibaud de Blazon*:

Quant je vois esté venir Au point du jor,

Et sa verdor Adonques souspir

Et la rose espanir Et plaing et désir.

1. Cf. Alfred de Nore, Coutumes , mythes et traditions des provinces de France, Paris, 1846, p. 17.

2. Chansonniers de Champagne, Reims, 1850, p. 102, lxxvi, v. 1-4.

3. Eduard Matzner, Altfranzôsische Lieder. Berlin, 1853, in-8, p. 18, n° 10, v. 1-7.

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