‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 232 sur 391 · I.A ItOSE AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

I.A ItOSE AU MOYEN AGE

Et Thibaud de Champagne dit à son tour1 2 :

Au renouvel de la douçor d'esté,

Que resclarcit li dois en la fontaine,

Et que sont vers bois et vergiers et prés,

Et le rosier en mai florist et graine,

Lors chanterai que trop m'aura grevé Ire et esmai qui m'est au cueur prochaine.

Mais la vue de la rose et le retour du « temps nouveau » ne suggéraient pas toujours au poète des pensées de tristesse ou de regret, ils étaient aussi pour lui une invitation à s’abandonner à la gaieté et à la joie :

Le tens qui raverdoie Si que tôt en sautele ;

Et la rose nouvele Talent m'est pris de chanter,

Fet mon cueur estre en joie Car bone amor m i semont,

s’écrie un ancien poète5.

« Par deu », dit également l’auteur anonvme d'une

vieille pastourelle3 :

Par deu, belle compaignete, Et espanir la rosete Voi le tens renoveler Ke nos semont de juer,

Pour Colin Muset, la vue de « la rose espanie » est un simple encouragement à boire « vin sus lie. » ainsi qu’à mener « bone vie »4. L’inspiration ne

1. Chansons de Thibaut IV , comte de Champagne et de Brie. Reims, 1851, in-8, p. 7, n° iv, v. 1-6.

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