Franz M. Bohme, op. laud., n
LA nOSE DANS LES LÉGENDES PKOFANES.
Dans l’ancienne poésie allemande et néerlandaise, l’expression « cueillir des roses » — il en est de même de celle de « boire du vin frais1 » — est synonyme de briguer l’amour de quelqu’un ou de se marier. Dans un lied allemand2, deux amants s’entretiennent de leur séparation prochaine : « Quand reviendras-tu, mon bien-aimé, cueillir des roses vermeilles et boire du vin frais ?» — « Quand il neigera de vermeilles roses, ma bien-aimée, et pleuvra du vin frais. » Restée seule, l’amie se rend un jour dans le jardin de son père; elle s’y couche, s’y endort et rêve qu’il pleut du vin frais. Mais quand elle se réveille, elle voit seulement des roses en fleur audessus de sa tête. Alors elle se fait construire une maison — sa dernière demeure; — quand elle est terminée, elle s’v endort, une couronne de roses à la main et après avoir bu le vin du Seigneur. Cependant son ami revient enfin; il se rend au jardin avec une couronne de roses et une coupe de vin. Mais il heurte du pied une tombe; il chancelle. « Alors, dit le poète, il neigea des roses et il plut du vin. »
Partout la rose apparaît ainsi comme l’emblème de l’amour qu’on éprouve ou qu’on réclame : c’est aujourd’hui encore la coutume, dans le midi de la France, — on la rencontre aussi dans d’autres provinces, — d’attacher, le premier jour de mai, une
1. Par un souvenir, comme le remarque Hoffmann von Fallersleben (Niederlcindische Volkslieder, préface, p. xiv), de l’ancienne coutume d’offrir du vin aux nouveaux mariés le lendemain des noces.