Nahtegal, guot vogellin
miner frowen soit du singen in ir ère dar, sit si hàt daz herze min und ich âne froide und âne hôhgemüete var. lier Ileinrich v. Stretelingen (K. Bartsch. Deutsche Liederdtchler, n° LXI, v. 1-4).
la 110SF. DANS LES LEGENDES PROFANES. 339
l’envoie porter scs souhaits et ses vœux à sa toute aimée
Tandis que la poésie populaire de l’Europe occidentale ne sait rien des amours de la rose et du rossignol, cette fiction a pénétré dans celle de l’Europe orientale, qui l’a empruntée sans doute aux poètes persans ou turcs, chez lesquels elle occupe, nous l’avons vu, une si grande place. Op la rencontre dans plusieurs chants serbes et grecs. L’un de ces derniers1 2 nous montre le rossignol, silencieux pendant dix longs mois, retrouvant sa voix harmonieuse au retour du printemps; il appelle la fleur, cause de sa souffrance; enfin il aperçoit la rose qui l’attend; il vole aussitôt vers elle; mais à la vue des épines qui l’entourent, comme autant de glaives, il s’arrête l’âme désolée et sa voix n’a plus d’accents que pour la douleur et la plainte.
Mais si l’ancienne poésie des nations romanes et
1. Frau Nachtigall, du kleins waldvôglein... ich wolt’, du soltst meiu bote sein...
und farcn zu der herzallerliebslen mein.
Bohme, Alldeulsches Liederbucli, n° 166, str. 4-5.
Dans un lied néerlandais, c’est une amie qui l’envoie à son amie : O nachtegael, clein voghel,
■\voudt gbijder mijn bode wel sijn en vlieghen tôt den ruiter, den alderliefsten van mijn en segghen dat hi comt alhier?
Niederlândische Volkslieder , gesam. von Hoffmann von Fallersleben, n° 56, str. 5.
2. Chants du peuple en Grèce, par M. de Marcellus, vol. II, p. 271, n‘> xi h : « Le rossignol et la rose. »
LA II OSE AU MOYEN AGE
germaniques — leurs poètes modernes aussi ont emprunté cette fiction ii l’Orient* — ignore les amours de la rose et du rossignol, elle a donné à la reine des (leurs une amie dans une plante, qui, venue comme elle de l’Orient1 2 3 4, a été aussi presque constamment et partout cultivée avec elle, le lis, dont l’union étroite avec la rose est comme l’emblème de leur origine et de leur culture communes, et est devenue, dans la tradition portugaise, un véritable amour *.
O cravo (lis) por simpatia Foram laços lâo estreitos A’ linda rosa se uniu, Que amor perfeita sahiu.
Comme dans l’antiquité, la rose a été au moyen âge, ainsi que de la grâce et de la beauté, le symbole de l’innocence pudique et de la chasteté. « Comme le vainqueur dans la lutte, dit Aldhelm*, reçoit au milieu du cirque des couronnes de lis et de roses à la couleur sanglante, ainsi la chasteté, victorieuse de la chair rebelle, portera, dans le royaume du Christ, des couronnes de ces fleurs brillantes. » Saint Médard, évêque de Noyon au ve siècle, voulut, d’après